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Journées cinématographiques à l’Écran
/ 2020, l’année du changement

Les Journées cinématographiques 2020 concoctées par le cinéma art et essai de la Ville de Saint-Denis sont amputées pour la première fois de leur qualificatif « dionysiennes ». Et pour cause : le festival rayonnera cette année dans d’autres villes du territoire.
Les frères Larrieu seront présents en tant qu’invités d’honneur lors de plusieurs rencontres à l’Écran. © Collection Gaumont
Les frères Larrieu seront présents en tant qu’invités d’honneur lors de plusieurs rencontres à l’Écran. © Collection Gaumont

« Le festival marche très bien, il est implanté, il est pertinent, mais avec cette longévité on avait envie d’évoluer tout en préservant notre ligne éditoriale : explorer un sujet de société à l’aune du cinéma », pose Boris Spire, le directeur de l’Écran. Les Journées cinématographiques 2020 (anciennement dionysiennes) présenteront près de 70 films inspirés du thème « La vie est un songe » du 24 janvier au 8 février dans cinq cinémas différents.

Le festival dionysien perpétue la tradition avec des rendez-vous et des invités de haut vol. Les inclassables Arnaud et Jean-Marie Larrieu seront présents en tant qu’invités d’honneur lors de plusieurs rencontres à l’Écran, le samedi 25 janvier pour Un homme, un vrai et un ciné-concert de L’amour est un crime parfait avec le groupe Caravaggio, puis le dimanche 26 janvier lors de la projection de Les Derniers jours du monde et La Campagne de Cicéron de Jacques Davila, film choisi par les frères Larrieu dans le cadre de leur carte blanche.

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D’aucuns considèrent leur approche cinématographique pertinente, rigoureuse, légère. Cet équilibre confère au binôme une légitimité qui s’incarne souvent dans un casting cinq étoiles : Mathieu Amalric, Sergi Lopez, Catherine Frot, Karin Viard ou encore Daniel Auteuil ont incarné à l’écran leurs personnages tourmentés.

« C’est un cinéma populaire au sens noble du terme, décrit Boris Spire. Il est exigeant, respectueux du public, de qualité et toujours accessible. » 
 

Bulle Ogier, Sergi Lopez et VR

À noter également la venue de Bulle Ogier, « actrice magique » qui présentera mardi 28 janvier deux films tirés de sa filmographie : Notre-Dame de la croisette de Daniel Schmid et Le charme discret de la bourgeoisie de Luis Buñuel.

Une rencontre-lecture autour du livre de ses mémoires J’ai oublié (Éditions Seuil, 2019) organisée à la librairie Folies d’Encre (14, place du Caquet) précédera la projection. L’acteur Sergi Lopez animera aussi des projections – rencontres autour de deux films dans lesquels il tient des rôles sombres, Le labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro mercredi 29 janvier à l’Écran et Harry, un ami qui vous veut du bien de Dominik Moll le vendredi 31 janvier au Studio d’Aubervilliers.

Sera également présent au festival l’écrivain avant-gardiste Alain Damasio le vendredi 7 février pour une carte blanche qui s’articulera autour d’une rencontre à Folies d’Encre, et d’une projection de A Scanner darkly de Richard Linklater suivi d’un concert des Furtifs, un projet qui met en musique des lectures du roman éponyme d’Alain Damasio. Aussi, comment ne pas explorer les songes, la rêverie, sans parler des nouvelles technologies et des horizons nouveaux qu’elles ouvrent.

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Samedi 25 et dimanche 26 janvier, de 13 h à 19 h, l’Office du tourisme (1, rue de la République) accueillera des stands de réalité virtuelle et proposera une immersion dans les œuvres Sens VR, adaptation du roman graphique de Marc-Antoine Mathieu, et 7 Lives de Jan Kounen, un conte interactif qui raconte l’odyssée d’une âme perdue entre le monde des vivants et des morts. Comptez environ 20 minutes pour chaque film. À noter aussi la masterclass samedi 25 janvier de Dominique Vidal, superviseur des effets spéciaux sur des classiques tels que la saga Matrix.

Évolutions et contraintes

Pour sa 20e édition, le festival s’est associé au Studio d’Aubervilliers, L’Étoile de La Courneuve, l’Espace 1789 à Saint-Ouen et l’Espace Paul-Éluard à Stains.

« Cette formule nous ouvre de nouveaux horizons, nous ressource avec de nouvelles énergies et manières de travailler mais ce n’est pas simple, confie Boris Spire. Même si notre équipe voulait travailler autrement depuis quelques années, nous évoluons aussi sous la pression relative de nos partenaires. Le Département ne souhaite plus financer un festival qui ne se déroule que dans un seul lieu de la Seine-Saint-Denis, ce qui peut tout à fait s’entendre. »

Si le festival s’évertue à conserver sa ligne éditoriale, la baisse de subvention du Département l’oblige à adapter sa programmation. À l’origine, cette dotation annuelle, située aux alentours de 70 000 € depuis 2004, devait être amputée de 20 %. Des courriers et des tractations entre la municipalité et la collectivité territoriale ont réussi à limiter la casse. Le festival s’en tire avec 60 000 € d’aide du conseil départemental.

« Cette baisse représente quand même 10 % du budget du festival », pointe le directeur de l’Écran. Et en contrepartie de cet « ajustement », le CD 93 demande au cinéma d’art et essai un « rayonnement » et une « co-construction » étendus à d’autres villes du territoire.

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« Le Département ne nous soutiendra que sur la base de cette condition, explique le directeur. Nous devons donc faire plus avec moins de moyens. D’autant plus que cette nouvelle formule ne s’accompagne pas de monnaie sonnante et trébuchante de la part des autres villes dans lesquelles le festival se déroule. Pour l’heure, nous avons monté un comité de programmation sous la houlette de Vincent Poli, notre nouveau coordinateur. Nous sommes dans une phase expérimentale mais pour les prochaines éditions nous souhaiterions solliciter davantage les villes concernées », annonce Boris Spire, qui rappelle que « l’identité et le cœur du festival c’est Saint-Denis. On reste les maîtres d’œuvre ».

Pour rappel, le cinéma l’Écran est l’une des trois structures culturelles les mieux dotées par la Ville (avec le Festival de Saint-Denis et le TGP) avec une subvention de fonctionnement de 628 931€.

Maxime Longuet

Les Journées cinématographiques 2020 du 24 janvier au 8 février au cinéma l’Écran (14, passage de l’Aqueduc). Programmation complète sur www.lecranstdenis.org Réalité virtuelle samedi 25 et dimanche 26 janvier, de 13h à 19h, à l’Office du tourisme (1, rue de la République), entrée libre, réservation indispensable au 01 55 870 870 ou sur www.tourisme-plainecommune-paris.com

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