En ville

Crise du logement
/ 12m2 de détresse

Hébergée par le 115 dans un hôtel social proche du Stade de France depuis 2017, Kenza Badra, mère de deux enfants, dont l’un a eu la tuberculose, lance un appel à l’aide afin de trouver un logement décent pour sa famille.
(Kenza Badra et ses deux enfants. (c) Yslande Bossé
(Kenza Badra et ses deux enfants. (c) Yslande Bossé

« Je n’aurais jamais pensé me retrouver dans cette situation. » Dans un square situé à quelques mètres de la résidence hôtelière Les Séjours du Grand Stade, rue Jesse-Owens, où elle est hébergée depuis deux ans par le 115, Kenza Badra, 29 ans, témoigne. Cette mère de famille de deux enfants – Adem a 10 ans et Aws en a 8 – décrit « les nuits courtes », « la fatigue psychologique », les « problèmes de cafards et de souris » dans sa chambre de 12m2 où pendant le confinement elle évitait de rester.

« On allait très souvent sur mon lieu de travail près de la gare. C’est propre, grand, on était mieux là-bas mes enfants et moi », explique Kenza Badra, qui vit à Saint-Denis depuis neuf ans. Victime de violences conjugales, la Dionysienne qui se décrit comme « une femme meurtrie » a habité quelque temps dans un studio de 21 m2 « insalubre » rue des Ursulines avant de devoir quitter l’appartement. « Le plafond s’est effondré. Il y avait beaucoup d’humidité, le bâtiment n’était pas protégé, il n’y avait pas d’isolation et donc, quand il pleuvait, on avait de l’eau chez nous, relate-t-elle. Le propriétaire de l’immeuble est un marchand de sommeil, il venait tous les 5 du mois récupérer les loyers en espèces. Moi, je lui disais que je préférais payer par virement et que je voulais des quittances de loyers. »

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En 2018, la mère de famille évoquait déjà dans un court texte sa difficile situation sur le blog Copros Libres Saint-Denis. Des photos qui accompagnent le témoignage dévoilent des murs fissurés, humides, et la présence de nuisibles. Dans son appel à l’aide, la jeune femme explique qu’elle n’a pas trouvé d’autre solution que de dormir dans sa voiture. « Si je n’avais pas fait des pieds et des mains pour qu’on puisse être logée par le 115, je serais restée longtemps dans ma voiture », exprime Kenza Badra, la mine fatiguée.

Vivre décemment

Aujourd’hui, cette maman souhaite s’en sortir pour ses deux enfants dont l’un souffre d’asthme et l’autre a eu la tuberculose. « Leur rêve, c’est d’avoir leur chambre, un bureau. Mais moi, je ne suis pas capable de le leur offrir même avec mon travail. Ça fait deux ans que je suis ici et ça ne bouge pas. Je suis livrée à moi-même », constate la Dionysienne. Si elle affirme s’être déplacée plusieurs fois à la mairie pour savoir si sa demande de logement social avançait, son dossier reste en attente. La perte de l’ancienneté de sa demande de logement social n’a pas aidé. « J’ai tout fait pour la récupérer mais c’était impossible. » L’accumulation des déconvenues la conduit aujourd’hui à « se battre pour vivre décemment ». Avec 1 200 € nets par mois et 138 € de prestations versées par la CAF, Kenza Badra réussit tant bien que mal à joindre les deux bouts.

« Je trouve des systèmes D, je fais aussi du troc de vêtements sur Internet. » Celle qui « a tellement donné à Saint-Denis » – participation à des maraudes le soir avec ses enfants, préparation de repas pour les personnes sans-abri ou encore distribution de couches et de lait pour les mamans à la rue près de l’hôpital Delafontaine – se pose des questions sur sa « place » dans la société. « Avec tout ce qu’il se passe actuellement, je vois que mes enfants n’évoluent pas dans de bonnes conditions. Si je veux alerter sur ma situation, c’est d’abord pour eux mais aussi pour les femmes qui sont comme moi et qui n’osent pas ou ne peuvent pas dire ce qu’elles vivent. »

Yslande Bossé

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Réactions

Bonjour Saint Denis a une politique un peu bizarre. Elle aide surtout les grands miséreux mais n'aide pas ceux qui travaille et qui sont justes au dessus des minimas sociaux. Je comprends mieux pourquoi les gens en errance atterrissent dans la ville. Ils seront surement plus aidé que ceux qui travaillent et qui sont modestes. C'est ce qui m'interroge sur la politique sociale de la ville... La municipalité prétends aider les précaires mais elle a préféré logé des roms qui ont attérit la par hazard (il y a avait un terrain vague. Est ce que Laurent Russier comprends pourquoi il y a tant de colère vers lui?? Et ces situations sont nombreuses à Saint Denis. Ps: Les hôtels sociaux sont une mine d'or pour les investisseurs... C'est toute la folie du système.
http://copros-libres-saint-denis.over-blog.com/2018/10/logement-insalubre-1-rue-des-ursulines-a-saint-denis.html
Bonjour JSD vous vous renseigné bien avant de coucher vos articles. Cette femme est co-gérante du monaigram, femme battu et ba voyons elle fait la police rue auguste Delaune. Faire semblant d’être pauvre pour pouvoir demander vive la France vive Saint Denis. je connait des personnes bien plus dans la précarité qu'elle et n'attende pas a donner a leurs enfants des meilleurs conditions de vie. Qu'elle arrête de pensé qu'a elle et de mentir a tout va.
En France le budget 2020 des aides au logement atteint 15,3 milliards d'euros (projet de loi de finances). Grâce à la participation des employeurs à l'effort de logement, fixée à 0,45% de la masse salariale de chaque entreprise, la groupe ACTION LOGEMENT préleve chaque année 1,5 milliards d'euros. ACTION LOGEMENT dispose donc d'une trésorerie de 7,7 milliards d'euros. A quoi servent ces 7,7 milliards d'euros ? visiblement pas à aider Kenza à obtenir un logement décent. Il serait bon qu'ACTION LOGEMENT aide les travailleuses et les travailleurs à se loger plutôt que de se constituer une gigantesque trésorerie.Il serait démocratique que des citoyennes(ens) tirées(és) au sort sur les listes électorales participent aux réunions des commissions d'attribution des logements de Plaine Commune.
Yslande Bossé vous êtes vous renseigné sur le nombre d'impayé de loyer de cette personne. Savez vous qu'elle a été expulsé non pas parce que son logement était insalubre mais parce qu'elle ne payait pas son loyer et que c'était une multirécidiviste des impayés. De plus elle est salariée elle peut donc obtenir un logement dans un parc social. Vous devriez Monsieur mener votre enquête et faire un contre article la concernant car nous sommes beaucoup à Saint-Denis à la connaître et elle profite au maximum de tout ce qu'elle peut gratter. A bon entendeur

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