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/ 0... pesticide dans les jardins privés

Interdits depuis deux ans dans l’espace public, les pesticides ne doivent plus être utilisés par les particuliers depuis le 1er janvier.
Interdits depuis deux ans dans l’espace public, les pesticides ne doivent plus être utilisés par les particuliers depuis le 1er janvier.
Interdits depuis deux ans dans l’espace public, les pesticides ne doivent plus être utilisés par les particuliers depuis le 1er janvier.

Parmi les mesures entrées en vigueur ce 1er janvier, tels le prélèvement des impôts à la source ou la revalorisation de la prime d’activité, celle-là est passée quasiment inaperçue. Décidée en 2015 sous l’impulsion du sénateur EELV Joël Labbé, elle interdit la vente aux particuliers des pesticides de synthèse, tels les insecticides organochlorés, les herbicides de type glyphosate, les fongicides… Tout produit toxique qui empoisonne durablement l’environnement avec d’importants dommages pour la biodiversité et des risques, notamment de cancer, pour la population humaine.

Aujourd’hui, dans les grandes enseignes spécialisées, type Truffaut, tous les intrants, fertilisants ou répulsifs pour insectes sont donc estampillés «utilisables en agriculture biologique ». Mais dans sa boutique A’Brico dans le quartier Mutuelle, Éric Gelet dit n’en avoir eu connaissance que par un article de journal. « Sinon, je n’en ai pas été informé. Ce n’est pas normal.» Dans ses rayons, heureusement, ne figuraient que deux produits proscrits et en peu d’exemplaires sur les 173 listés par le ministère de l’Agriculture.

 

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« J'utilise la fourche ou la grelinette »

Sur sa parcelle des Jardins du Fort de l’Est, Jean-Claude Segonnes, lui, ne changera rien à ses habitudes. Militant associatif du quartier BelAir, et fin connaisseur en jardinage, il applique les vieilles méthodes. Du vinaigre pulvérisé pour désherber.
« Des capucines pour attirer les pucerons », « un peu d’eau savonneuse contre la piéride du chou ». Pour lutter contre la mouche de la carotte, continue-t-il, « je sème entre deux rangs des oignons, des salades, ou des radis, tout ça s’autoprotège ».

Mais surtout, il a pour principe de pratiquer la rotation des cultures. L’azote fixé par les haricots et les pois, par exemple, permettant d’enrichir le sol pour les besoins d’autres légumes. Et ce, sans apport d’engrais. Il n’en dédaigne par pour autant le purin d’ortie.

« Certes, ça sent mauvais. » Et un mélange d’algues et de fumier pour fertiliser une terre en grande partie lessivée par les inondations depuis quelques années. Pour préparer le sol, ajoute encore Jean-Claude Segonnes, « j’utilise la fourche ou la grelinette ». Des outils bien plus respectueux de la biologie du sol, avec son petit peuple de lombrics, que ces motoculteurs qu’il entend régulièrement rugir sur des parcelles voisines, d’ailleurs consacrées pour bon nombre à la monoculture, du chou ou du navet.

« Pendant plusieurs années, on a fait de la pédagogie auprès des jardiniers. Il y en avait même qui désherbaient avec du Roundup », raconte Salah Taïbi, le responsable de l’association Territoires, dont l’entreprise de maraîchage biologique jouxte d’autres jardins familiaux. Soit les 34 parcelles de la Fosse Sablonnière. Comme le souligne M. Taïbi, la Fédération des jardins familiaux et collectifs, à laquelle sont affiliés à Saint-Denis les jardiniers de la Fosse Sablonnière, du Fort de l’Est et du Corbillon (24 parcelles), a adopté en 2007 une Charte jardinage et environnement préconisant notamment le compostage et l’association bénéfique des cultures. Mais sans pouvoir de contrôle. Il en va de même avec le Plan Ecophyto dans laquelle s’inscrit la loi Labbé. Comment empêcher l’utilisation des stocks de pesticides que les jardiniers sont censés rapporter dans les déchetteries ? Et comment en contrôler la vente sur le Net ? 
 

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« Ça donne des graines pour les oiseaux » 

À l’unité territoriale des parcs et jardins, on avait anticipé avec deux ans d’avance l’interdiction en janvier 2017 des pesticides dans l’espace public. Et Bernard Basile, technicien responsable du fleurissement et de la logistique, constate aujourd’hui de la part des habitants « une acceptation de l’herbe sauvage. Ça a fait revenir abeilles et papillons. Et ça donne des graines pour les oiseaux. Ça fait évoluer tout un écosystème. C’est pour nous une autre façon de travailler ». Mais comme il l’observe encore, l’agriculture française n’en est pas moins la deuxième consommatrice de pesticides en Europe, après l’Espagne. Plus de 72 000 tonnes en 2016, avec tous les dommages qu’il en résulte. Notamment pour les riverains des zones d’épandage.

Marylène Lenfant

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