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Le chiffre de la semaine
/  2264 logements étudiants à Saint-Denis

Avec les chantiers en cours et deux programmes en vue, aux Tartres et sur le site olympique Universeine, 610 nouveaux logements devraient s’ajouter à ce chiffre. Pour Plaine Commune, il importe à présent de ralentir ces constructions pour des jeunes qui ne s’impliquent guère dans le territoire.

Le terrain était occupé par un garage Renault à l’abandon. Et pour excentré qu’il soit, entre les logements sociaux de la cité Allende et une zone pavillonnaire, il avait l’avantage de voisiner avec le métro Saint-Denis Université et Paris 8. Ajoutées à ces atouts, les mutations promises à Saint-Denis, future ville olympique et nouvelle centralité du Grand Paris, ont convaincu les dirigeants de la Foncière immobilière Héraclès : c’était là « l’emplacement idéal » pour investir dans la construction d’une résidence universitaire. 164 studios, 400m2 de locaux communs (salle de sport, salle multimédia, café, etc.) et en rez-de-chaussée une surface commerciale de 200m2 qui aurait déjà trouvé preneur, une boulangerie. Alors que le chantier est bien avancé, le promoteur et maître d’ouvrage organisait la pose de première pierre vendredi 19 octobre. Et promettait de livrer en août 2019 cet immeuble, qui sera la 18e résidence étudiante à Saint-Denis. Où quelques autres sont encore en vue.

Un chantier vient d’être ainsi lancé sur une friche de l’avenue du Docteur-Lamaze, aux abords de la route de La Courneuve. 148 logements devraient y être livrés à la rentrée 2020, au côté d’une autre résidence qui en comptera 41, mais destinés ceux-là à des salariés de l’hôpital Delafontaine. Ce programme mixte est réalisé par Espacil, un maître d’ouvrage et bailleur social déjà bien implanté dans la ville. Filiale d’Action Logement, organisme collecteur de la Participation des employeurs à l’effort de construction, Espacil ne compte pas moins de sept résidences étudiantes à Saint-Denis, dont deux accueillent également des jeunes salariés. Et cette société rennaise a été mandatée par Plaine Commune Habitat pour gérer la résidence George-Sand ouverte en 2017 à la Plaine. 

 


 

7 bailleurs pour résidences étudiantes 

Sociaux ou privés, ils sont aujourd’hui sept bailleurs dont le parc atteint les 2264 logements, mais avec d’importants écarts de loyers. Héritées des années 1960 et 1970 où les étudiants trouvaient facilement à se loger auprès du CROUS, les chambres de 9m2 de la résidence de l’Hermitage place du 8-Mai-1945 sont proposées au tarif imbattable de 220 €/mois. Pour le reste, et avec les normes appliquées à présent dans le logement social conventionné, rares sont les studios de moins de 18 m2, et à moins de 400 €. Meublés, dûment équipés avec cuisine intégrée, ils peuvent être loués dans les résidences privées à plus de 800 €. Mais quel qu’en soit le coût, tous affichent complets.

À Plaine Commune, la décision a été pourtant prise d’observer une pause dans la construction de ces résidences. « On est parti du constat en 2010 qu’avec 2 500 logements sur le territoire, le plan local d’urbanisme devait se fixer l’objectif de doubler l’offre. Aujourd’hui, on l’a atteint, et même dépassé », explique David Proult, adjoint au maire, et vice-président de Plaine Commune à l’habitat et au foncier. En janvier, il présentait ainsi un rapport d’orientation pour un schéma directeur du logement étudiant. 
 

« Renforcer la centralité existante »

En dépit des 43 000 étudiants inscrits dans ses établissements d’enseignement supérieur, et les 15 000 attendus en plus d’ici 2025, « il faut mieux canaliser le développement de l’offre avec des localisations qui renforcent la centralité existante », expose David Proult. Privilégier les résidences sociales aux privées, les implanter dans les secteurs de développement prioritaire, tels les gares, Pleyel, ou dans le centre ancien, mutualiser les espaces d’activités culturelles et sportives, etc. Les mesures préconisées par le rapport visent à mieux impliquer sur ce territoire une population étudiante, venue d’ailleurs et qui globalement persiste à l’ignorer. Y suffiront-elles ? À la résidence Espacil de la Porte de Paris, où elle vit depuis deux ans, Manal, étudiante en prépa dans le 17e, en est convaincue : « Il n’y a rien à faire ici! Et on m’a toujours dit que Saint-Denis était une ville dangereuse. »

Cette réputation, confortée par les réseaux sociaux, l’ensemble des résidents rencontrés s’y dit sensible. Et parmi les responsables de résidences, les agressions, comme les intrusions, sont rapportées comme autant de préoccupations pour gérer le quotidien. Il en est pourtant de rares comme Belaïd, étudiant algérien en informatique à la résidence Espacil du Bel-Air, pour le déclarer avec enthousiasme: « Saint-Denis, je kiffe! »
 

Marylène Lenfant

Pour en savoir plus: 

Réactions

Bonjour. @Marylène Lenfant Il faut juste indiquer à David Proult à parler le français. Je pense être une personne instruite, je ne comprends pas ce qu'il dit: "il faut mieux canaliser le développement de l’offre avec des localisations qui renforcent la centralité existante" C'est une preuve de plus d'un élu hors sol qui a plus l'habitude de communiquer avec des sociologues, élus, que des citoyens. Franchement, et puis il faut arrêter avec les réputations. On est plus la. Saint Denis EST une ville dangereuse. Il faut quoi de plus pour le décréter que les élus ouvrent les yeux???
bonjour dite moi ou sont les vendeurs sauvette et caddy fumant sur la photo belle retouche
@mdr contrairement à ce que vous laissez entendre la rédaction du JSD ne fait pas ce genre de retouche photo. Cordialement Yann Lalande
Ca veut dire quoi : "... il importe à présent de ralentir ces constructions pour des jeunes qui ne s’impliquent guère dans le territoire ..." ? Est-ce à dire que seuls ceux qui sont des encartés au PCF à Saint-Denis ont le droit de venir y vivre ? Maintenant, je comprends mieux pourquoi les nouveaux habitants de Saint-Denis ne font qu'y passer avant d'aller vers d'autres villes plus accueillantes où l'on ne leur demandera de soutenir la politique de la municipalité de la ville !
Je suis pour un gel total de toutes ces constructions. On bétonne, on bétonne, et on étouffe à Saint Denis. Pas d'espace verts, les services publics qui ne suivent pas, la ligne 13 qui est un enfer... Quel est l'intérêt de construire autant ? La seule chose qui est sûre, c'est que ça ne rapporte rien aux habitants
Dans ma copropriété une dizaine d'appartements de type 4 pieces ont été vendu à des SCIs qui ont transformés chaque 4 pieces en 4 studios pour étudiants. Chaque studio est loué 400 euros par mois et franchement ces jeunes sont les bienvenus car ils remontent le niveau socio-culturel du quartier et ils apportent une sociabilité spécifique dans le vivre ensemble qui contre balance l'ambiance mortifère des quartiers HLMs ghettos de proximité On est vraiment en déficit de gens instruits dans cette ville, un déficit voulu par une municipalité en quête d'un clientélisme de gens à grande précarité socio-culturelle, des gens très influençable par la pensée unique de type il y a des gentils d'un coté et des méchants de l'autre, votez pour les gentils.
Assez regrettable de lire que ce sont les étudiants qu'on voudrait limiter à St Denis... leur problème c'est quoi ? Trop instruits ? Trop libres dans leurs réflexions ? Pas assez dépendants de la mairie ? Trop de mixité sociale ? Mauvais exemples de réussite par rapport aux jeunes exemplaires qui tiennent les murs toute la journée ?

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