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#JCLSD
/ Éduquez vos garçons !

Un sondage réalisé dans l’établissement Paul-Éluard révèle que 85% des filles de moins de 20 ans ont déjà subi du harcèlement de rue. Un fléau qui révèle un besoin urgent d’éducation.
Illustation Nicolas Frobert
Illustation Nicolas Frobert

« Eh Mademoiselle, retourne-toi, t’es jolie ! » Le harcèlement de rue désigne des pratiques d’injonctions à caractère sexuel subies principalement par les femmes dans l’espace public.

Un sondage a été effectué dans les murs du lycée Paul-Éluard pour analyser ce phénomène récurrent sur un échantillon de 30 élèves. 11 garçons et 19 filles, d’une tranche d’âge allant de 15 à 20 ans. Parmi les filles sondées : 85 % ont été victimes de harcèlement de rue. Parmi les 30 sondés : 76 % déclarent en avoir été témoins. 45% ont réagi sur le coup. La majorité des faits sont perpétrés par des hommes inconnus dans des lieux publics. Pour la plupart des sondées, le harcèlement de rue commence dès le plus jeune âge. Il est punissable d’une peine allant jusqu’à 750 euros d’amende en cas de flagrant délit.

Une vision sexiste

Syrine, jeune égyptienne de 16 ans, nous livre un témoignage qui marque les esprits. En chemin pour ses cours de soutien scolaire dans le bus, elle est au téléphone avec sa belle-mère. Soudain, elle est interrompue. «Je sais que tu es égyptienne, parle avec moi, on peut aller boire un café? Réponds-moi, je sais que tu es égyptienne ! » Sans répondre, elle descend à son arrêt, l’homme l’attrape violemment voulant à tout prix une réponse. Apeurée, elle prend la fuite et se presse d’entrer dans son établissement scolaire. Lorsqu’elle s’apprête à rentrer, elle trouve l’homme devant l’enceinte du lycée Il la suivra jusque chez elle. Elle finira par appeler son cousin qui viendra la tirer d’affaire.

Ce témoignage choquant s’ajoute aux nombreux témoignages que nous avons pu recueillir. Sifflements, attouchements, drague lourde… Comment réagir lorsqu’on est témoin d’un harcèlement de rue? Le mieux est d’aller vers la victime de façon discrète et d’entamer une conversation avec elle comme si vous vous connaissiez. En cas d’attouchement, il faut plutôt élever la voix et demander de l’aide autour de soi.

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Conseil pour tous : éviter de se mettre en danger, éviter de se confronter directement et physiquement avec le harceleur. Selon certains sondés, c’est « la manière de s’habiller des femmes qui provoque ces comportements ». Une vision sexiste qui prouve le besoin urgent d’éducation dès le plus jeune âge. Pour limiter ce type de harcèlement, il faut se concentrer sur l’éducation familiale, la prévention et l’enseignement à l’école. Sensibilisez les garçons au respect des femmes pour un monde plus égalitaire.

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Andrew, Cassandra, Karen, Rafwata, Zoulfaida, Aurélia, Morgane, Mathusiga, 2e année de BTS ABM à Paul-Éluard

Réactions

A Saint-Denis le maire restreint la mission des policiers municipaux à la verbalisation des infractions au stationnement gênant. A Saint-Denis les policiers municipaux et les policiers nationaux ne verbalisent jamais le harcèlement de rue (qu'ils ne cherchent pas). Les harceleurs ont parfaitement compris le laxisme ambiant. D'autant plus qu'en ce mois de juin 2020 le Tribunal Judiciaire de Bobigny fonctionne au ralenti (conséquences grève 2019 avocats et confinement 2020) et qu'une grande partie des plaintes sont classées sans suite. En Seine-Saint-Denis la probabilité d'avoir des ennuis judiciaires en harcelant une femme est donc proche de zéro. Les salariées travaillant en horaire décalé et sortant après 21h des stations de métro ligne 7 quatre chemins ligne 13 porte de paris pleyel sont les proies faciles des harceleurs. À Saint-Denis comme dans les huit autres villes de Plaine Commune les harceleurs sont peinards et le harcèlement de rue n'est pas prêt de s'arrêter.

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