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Errance des migrants
/ « Où vont-ils aller ? » : l’éternelle question

Centres d’hébergement, gymnases, hôtels, haltes humanitaires, foyers… La question d’un lieu à trouver pour accueillir les personnes migrantes (quel que soit leur statut administratif) apparaît comme un problème épineux.
Abris de fortune sous l'autouroute A1, avant le démantèlement des campements porte de la Chapelle, le 7 novembre. © Yann Mambert
Abris de fortune sous l'autouroute A1, avant le démantèlement des campements porte de la Chapelle, le 7 novembre. © Yann Mambert

En 2016, la Ville de Paris avait ouvert porte de La Chapelle son premier centre d’accueil pour réfugiés qui a notamment eu pour conséquence indirecte l’installation des premiers campements avenue Wilson. Le JSD fait le point sur les différents espaces mobilisés depuis par la municipalité et ses partenaires.

Après l’évacuation de grande ampleur effectuée par la Préfecture de police de Paris le 7 novembre au niveau de la porte de la Chapelle et sur l’avenue Wilson (La Plaine), la commune a proposé aux services de l’État l’ouverture à Saint-Denis « d’un lieu d’hébergement durant la période hivernale », à disposition des personnes migrantes. Qu’en est-il aujourd’hui presque un mois après ce que la Préfecture a qualifié de « mise à l’abri », des personnes réfugiées ?

Jaklin Pavilla, première adjointe en charge des solidarités et du développement social argue que pour le moment « deux pistes sont à l’étude. On a écrit au préfet de région en lui faisant une proposition très concrète (NDRL : Michel Cadot), on attend toujours sa réponse ». Pour le préfet du département, « la réponse est non ». L’élue a précisé que ce projet d’ouverture d’un lieu d’accueil pour les personnes évacuées de l’avenue Wilson et de la Chapelle a été proposé dans la perspective où « des personnes migrantes reviendraient ». 

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Le 28 novembre, 23 associations et collectifs (dont Solidarité Migrants Wilson) ont dénoncé dans un communiqué de presse les « opérations de mise à l’abri sous-dimensionnée ». Elles ont notamment avancé que 48 heures après les évacuations de l’avenue Wilson et de la porte de la Chapelle, « plusieurs dizaines de personnes, sont retournées à la rue, ces dernières « ne correspondant pas aux critères administratifs requis. Leurs tentes et duvets ayant été détruits lors de l’évacuation, pour ces personnes, une nouvelle errance commence dans le dénuement le plus total. »
 

31 mars 2020 : la halte fermera

Ouvert en mai dernier, le centre humanitaire de jour destiné aux personnes migrantes à la rue, et financé par les Villes de Paris et Saint-Denis, devrait fermer ses portes le 31 mars prochain selon une source proche du dossier. Le mois dernier, le conseil de Paris a voté la « prolongation de la halte humanitaire » jusqu’à cette date. Le site, propriété de la Compagnie de Phalsbourg permet aux réfugiés du nord-parisien de prendre une douche, de se reposer, de rencontrer des associations, de se soigner, d’avoir accès à une buanderie et des prises téléphoniques. La municipalité a participé à son financement à hauteur de 10 000 € pour un coût total de 170 000 €.

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Le centre a subi plusieurs phases de travaux, en septembre puis en novembre notamment « pour préparer la venue de l’hiver », a expliqué la Fondation Armée du Salut, gestionnaire du lieu. « Des cloisons ont été mises au premier étage, l’accès aux douches a été protégé, des prises électriques ajoutées, un nouveau chauffage installé », a détaillé l’association.

Le 8 novembre, au lendemain de la grosse opération d’évacuation porte de la Chapelle et avenue Wilson, « entre 70 à 80 personnes sont venues prendre une douche à la halte humanitaire », a précisé la Fondation. Preuve que, malgré les récentes « mises à l’abri », le dispositif reste pour le moment nécessaire.
 

Yslande Bossé

(1) Gymnase Carson-Besson (Quartier Stade-deFrance), Complexe sportif Nelson Mandela (Quartier de la Plaine), Centre de vacances de Fondettes (Indre-et-Loire), Centre de vacances municipal de Mériel (Val D’Oise)

Réactions

Au minimum, ils vivront dans le tourisme social à la charge de la collectivité à défaut de trouver un travail stable en CDI

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