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Violences Parvis de la gare
/ « On ne doit pas s’habituer »

Vendredi 6 juillet, suite à l’appel d’un collectif d’habitants du quartier Confluence, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées sur le parvis ouest de la gare pour demander « le droit à la sécurité » à Saint-Denis.
Un rassemblement citoyen a été organisé vendredi 6 juillet Place des confluences pour dénoncer les actes de violence dans le quartier de la gare. © Yslande Bossé
Un rassemblement citoyen a été organisé vendredi 6 juillet Place des confluences pour dénoncer les actes de violence dans le quartier de la gare. © Yslande Bossé

« Pas de violences à Confluence », « A Saint-Denis comme à Neuilly, la sécurité est un droit » … Vendredi 6 juillet, à 19h, les pancartes brandies par des habitants présents lors du rassemblement citoyen contre « les incivilités, les violences quotidiennes, les morts » sur le parvis ouest de la gare ont su donner le ton.

Une cinquantaine de Dionysiens – parmi eux quelques politiques dont le conseiller départemental de Seine-Saint-Denis et candidat aux municipales de 2020, Mathieu Hanotin (PS) et le candidat UDI aux municipales 2020, Houari Guermat – se sont joints à Antoine Mokrane, Karima et Stéphanie, habitants du quartier Confluence et organisateurs de ce rassemblement citoyen pour dire « Ça suffit ! », aux violences dans la ville. 

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La mort d’un jeune homme d’une vingtaine d’années, poignardé dimanche 23 juin au croisement des rues Charles-Michels et du Port a été le déclencheur de cette initiative. « On veut le droit à la sécurité, c’est un droit fondamental et il n’est pas assuré à Saint-Denis. Il n’y a pas assez de policiers municipaux. On demande à l’État de prendre ses responsabilités et il faut aussi que la mairie nous écoute un peu plus. On a de gros problèmes sur place », a expliqué Antoine Mokrane avant d’énumérer les actes de violences et problèmes du quartier : concerts improvisés Place des confluences, absence de policiers municipaux le samedi, agression de jeunes étudiants qui traversent la Place pour se rendre dans leur lieu de résidence…

« Être une jeune femme et traverser cette Place le soir, c’est un enfer », a témoigné Sarah, étudiante en Sciences politiques à l’université Paris 8. Celle qui habite à Saint-Denis depuis deux ans, à la résidence étudiante Camille Sée « évite la gare » pour rentrer chez elle car elle a « très peur ». La jeune femme âgée de 20 ans a confié s’être déjà fait « malmenée physiquement dans le secteur de la gare ». Sarah a aussi témoigné des vols de téléphones portables, des intrusions au sein de la résidence et du récent cambriolage dont ont été victimes certains de ses amis étudiants. 

4 à 5 agressions au couteau

Jeudi 4 juillet, aux alentours de 22h, il y aurait eu une nouvelle attaque au couteau au niveau de la gare. La route du tramway T1 en direction de Asnières Gennevilliers-les Courtilles était coupée à la circulation d’après des passants présents sur place. Selon une source policière, depuis un mois, 4 à 5 agressions au couteau ont été recensées dans le quartier de la gare. Ces actes de violences sont-ils dus à une histoire de place liée à la vente à la sauvette sur le parvis comme cela a été avancé par quelques témoins du drame du dimanche 23 juin ? A des règlements de compte ? Pour le moment, « on ne sait pas », a confié la source policière.

« Suite aux deux événements, je vais vivre avec une appréhension que jusque maintenant je n’avais pas », a précisé Stéphanie, Dionysienne depuis deux ans et demi et membre de l’association Saint-Denis Confluence. Pour cette mère de famille qui dit « avoir une expérience positive de ce quartier », ce qui apparaît « problématique » concernant les violences à Saint-Denis, c’est « le désengagement de la mairie et des pouvoirs publics ». « On est ici (NDRL quartier Confluence) dans un quartier tout neuf et on se croirait dans une zone de non-droit », a-t-elle déploré.

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« Il n’y a pas un quartier qui est préservé »

Lors du rassemblement citoyen, plusieurs Dionysiens ont insisté sur la violence qui règne dans l’ensemble de la ville, et pas seulement dans le quartier Confluence. « Il n’y a pas un quartier qui est préservé », a regretté cette habitante de la Cité Péri. « Les nuisances sont récurrentes. Les gens consomment de l’alcool, de la drogue, montent dans les bâtiments et la police municipale ne fait rien. On a des gardiens de l’espace public mais il n’y a aucun résultats », a-t-elle commenté.

« Il ne faut pas se focaliser sur les gens qui boivent de l’alcool. Pour moi, le pire c’est dans le tram », a fait remarquer un autre Dionysien qui a énuméré les soucis rencontrés par sa fille et sa femme, victimes de vols à la gare et dans le tramway T1. Pour Khadija, qui habite dans le centre-ville « depuis deux, trois ans, on assiste à une accélération des faits des violences dans Saint-Denis ». Selon cette Dionysienne de longue date – 18 ans – la raison de cette escalade serait le fruit d’un « déséquilibre social ». « On n’accompagne pas les populations. On veut faire du social à mort mais derrière il n’y a pas d’aide », soutient Khadija.

Une pétition reprenant l’ensemble des revendications exposées durant la réunion a été signée par les habitants présents au rassemblement citoyen. Elle sera transmise à la mairie et à la Préfecture.

Yslande Bossé 

Réactions

Il manque une information essentielle monsieur Mokrane est militant PS et travaille avec Monsieur Hanotin Ça sent la récupération à plein nez !
Récupération ou pas, la gare doit être la vitrine de la ville et la situation ne cesse de se degrader. Le quartier na pas été bien penser depuis le début et les nuisances sont quotidiennes. Les gens qui ne sont pas tous de st Denis viennent se garer en double file et passent la soirée à boire, jouer aux cartes... Très simple de verbaliser ces gens si on a une volonté politique.
Bonjour. @Zoubir. Il me semble qu'il ne s'en cache pas. Après, c'est la réalité de la gare. En 2015, quand j'interpelle Bally Bagayoko sur la situation de la gare, il me répond, ça sent bon les grillades. En attendant, un homme est mort... sans compter les bagarres, la crasse, la pollution, l'insécurité. Vous avez des choses à proposer.
@zoubir : j'y étais ainsi que des militants en marche. La sécurité n'est ni de droite ni de gauche.. Vous auriez plutôt du écrire " bizarre, il n y avait aucun militant communiste ou insoumis "
le secteur de la gare, une vraie catastrophe, entre les brochettes et les vendeurs à la sauvette, quelle triste image de la ville ça donne...
Mais il y a des militants de la République en marche ? Monsieur Guermat cela annonce une alliance avec l'UDI ? Vous aussi vous allez devenir le chef de file ? Profitez de vos nouvelles relations pour inciter les services régaliens de l'état à rétablir l'égalité républicaine à Saint-Denis mais aussi sur tout le 93. Toutes les personnes un peu sensées savent que pour compenser les détresses sociales qui perdurent depuis des décennies il faut renforcer les moyens pour l'éducation, une police nationale de proximité formée et en nombre suffisant, des moyens éducatifs pour la justice pour juger rapidement et sereinement en privilégiant la réponse éducative au tout répressif. Laisser à penser que la seule police municipale peut constituer la réponse aux graves problèmes qui pourrissent la vie des dionysiennes et dionysiens est une arnaque électorale à Saint-Denis comme ailleurs .
Bonjour. @Houari Guermat Normal qu'il n'a pas de communistes à la gare... Ils ont voulu cette situation. Ils ont réussi à décourager toute démarche citoyenne. @ Diony4, on trouve de l'argent pour le 6B juste à coté pour des parisiens viennent y faire la fête. Mais pour que les habitants puissent y circuler librement... Ah les élus, ils trouvent toujours des solutions pour se faire mousser. Enfin Diony4, vous confondez toujours politique nationale et politique municipale. Comme les communistes ne seront jamais à la tête de l'état, ils se permettent de critiquer quelques soit le gouvernement pour ne pas regarder la leur. Concernant la détresse sociale, personne n'a obligé les élus à l'accumuler dans un territoire aussi petit. Concernant l'arnaque électorale... Je vous rappelle aux mots de notre cher Didier Paillard. "mon bilan fait sens" ou encore "il fait bon vivre"... élu avec 70% d'abstention (8000 voix pour une ville de 100 000 habitants). Il n'y vraiment pas de quoi être fière
Monsieur Azzedine comme toujours vous éludez la discussion pour vous vautrer dans vos sempiternelles redites sur les élus.. Car bien sur vous ne croyez pas un seul instant au pouvoir d'une ville et de sa police municipale pour solutionner les problèmes d'insécurité liés pour beaucoup aux trafics en. tous genres. Toutes les analyses et comparaisons avec les autres pays européens sont sans appel ,le budget de la justice par habitant place notre pays dans les trois derniers de la CE. Si on ajoute la discrimination qui frappe le 93 on situe mieux ou sont les solutions. Il faut que l'état régalien assume totalement ses responsabilités. Je ne suis pas certain que l'abandon prôné de la politique culturelle au profit du renforcement d'une police municipale puisse constituer une solution, bien au contraire culture et éducation restent indispensables à l'évolution positive des sociétés Enfin Mr Azzedine il nous serait agréable de vous voir élever le niveau de vos contributions sur ce site

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