En ville

Patrick Braouezec
/ « Je ne serai pas candidat »

Sa décision était attendue. Patrick Braouezec (69 ans), maire de Saint-Denis de 1991 à 2004, député de 1993 à 2012, et président de Plaine Commune depuis 2005 ne briguera pas un nouveau mandat. Explications.
Après avoir été élu 37 ans, le président de Plaine Commune, Patrick Braouezec a décidé de tourner la page
Après avoir été élu 37 ans, le président de Plaine Commune, Patrick Braouezec a décidé de tourner la page

Le JSD : Vous êtes membre du conseil municipal depuis 1983. Confirmez-vous que vous ne serez pas candidat aux élections municipales?

Patrick Braouezec : En effet, je ne serai pas candidat aux élections municipales de mars prochain.

 

Le JSD : Quand avez-vous pris votre décision et qu’est-ce qu’il l’a motivée? 

PB : C’est une décision personnelle. Je n’ai pas obtenu de réponse à la proposition que j’ai faite il y a une dizaine de mois au maire Laurent Russier (PCF). Je me sentais encore capable d’assumer mes fonctions et j’avais encore des ambitions pour ce territoire. Je n’ai pas eu de réponse, j’en ai tiré les conséquences. J’ai donc décidé de reprendre mon destin en main et de ne pas participer à la prochaine élection.

 

Le JSD : Quel bilan tirez-vous de votre action en tant que maire de Saint-Denis, puis à la présidence de Plaine Commune ?

PB : Ce n’est peut-être pas à moi de tirer le bilan mais c’est la satisfaction qui prédomine alors que nous étions un territoire particulièrement meurtri quand j’ai succédé à Marcelin Berthelot en 1991 à la mairie de Saint-Denis. Heureusement que mon prédécesseur avait fait le choix de se tourner résolument vers l’avenir sur la base d’un projet urbain pour la partie sud du territoire. Le Stade de France s’est appuyé sur ce projet. Notre défi était que le territoire ne perde pas sa vocation populaire. Nous avons tenu là-dessus et ce n’était pas évident. Dans leur requalification, d’autres villes ont perdu leur population populaire. Le deuxième degré de satisfaction c’est l’attractivité du territoire aujourd’hui. Mon troisième motif de satisfaction, ce sont les liens très étroits que j’ai pu tisser avec la population.

 

Le JSD : Avez-vous un regret à l’issue de cette longue aventure politique ?

PB : Je n’ai jamais de regrets. J’ai deux principes : l’existentialisme et le stoïcisme. Ce qui est fait est fait. Avoir des regrets, ça ne sert à rien. En revanche on peut se demander si on a fait une bonne chose et on a toujours le choix de corriger d’éventuelles erreurs. Mon regret, s’il y en avait un, c’est que les organisations politiques, comme celle à laquelle j’appartiens [PCF], n’ont pas permis un rassemblement en 2007, suite au « non » au référendum à la constitution européenne [en 2005]. Il y avait une véritable alternative de gauche à construire. On n’a pas été capable de le faire et on le paie aujourd’hui avec l’émiettement de la gauche au niveau national comme local.

 

Le JSD : Vous continuez d’assumer votre appel à voter Emmanuel Macron dès le premier tour de la présidentielle en 2017 ?

PB : Je n’ai pas appelé à voter Macron. J’ai dit que je voterai Macron. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Et j’ai expliqué pourquoi, même si certains ont la mémoire un peu floue. Je disais notamment que si lui échouait, nous n’avions pas le droit de ne pas construire une alternative de gauche. Deux ans et demi plus tard je ne vois toujours pas émergé la moindre dynamique de gauche qui permettrait d’éviter la catastrophe en 2022.

 

"La personne qui me succèdera devra garantir la pérennité de la coopérative de villes"

 

Le JSD : Ça n’est pas une retraite. Vous allez continuer à vous intéresser à la politique. Comment vous positionnez-vous en vue du prochain scrutin ? 

PB : Je fais partie du comité de soutien à Laurent Russier. Je n’ai aucune raison de ne pas continuer. Je ne vois pas pourquoi j’aurais de rancune. En revanche, je regrette la division et je ferai tout pour que cette division ne perdure pas au-delà du premier tour de l’élection. Il faut créer les conditions du rassemblement au second tour. Ma grosse crainte, c’est que cette ville tombe dans les mains de ceux qui la transformeront au détriment des couches moyennes et populaires. J’ai travaillé avec Bally Bagayoko et Laurent Russier. J’ai beaucoup d’estime pour l’un et pour l’autre. Je serai très attentif aux projets et aux gens qui seront sur les listes. 

 

Le JSD : Comment voyez-vous l’avenir pour Plaine Commune alors même que l’architecture administrative du Grand Paris pourrait encore bouger ? Et qui verriez-vous vous succéder à la tête de l’Établissement public territorial ?

PB : J’aurais préféré être dans le coup pour réfléchir collectivement à passer le relais, à considérer que les équilibres politiques restent les mêmes. L’essentiel n’est pas l’homme ou la femme qui prendra la présidence de Plaine Commune mais quel projet veut-on pour ce territoire ? Est-ce que l’épisode olympique va permettre à la population la plus en difficulté de trouver sa place ? C’est tout le travail que nous avons essayé de mener. L’héritage olympique doit bénéficier au plus grand nombre.

 

Le JSD : Votre succession ne sera-t-elle pas d’autant plus difficile que ces dernières années il était de plus en plus difficile de piloter Plaine Commune ?

PB : La tâche est en effet plus compliquée parce qu’on est devenu un établissement public territorial. La Métropole du Grand Paris a fragilisé les communautés d’agglomération préexistantes. La question centrale est la place future de ce territoire dans la Métropole. Je compte être très actif sur ces questions de métropolisation. A l’échelon de la planète les enjeux climatiques, énergétiques, environnementaux ou sociaux se posent de la même façon partout dans les grandes métropoles. Si on n’impose pas une autre vision de la métropolisation, on va droit à la catastrophe. La crise des gilets jaunes en est une manifestation. Par ailleurs, la personne qui me succèdera devra garantir la pérennité de la coopérative de villes. C’est notre force. Nous avons respecté la démocratie locale tout en construisant un projet commun fort qui n’est pas un consensus mou. Sans Plaine Commune le territoire n’aurait pas ce réseau de transport en commun, 24 projets de rénovation urbaine, un tel réseau de médiathèques. Il ne faut pas que ça passe par pertes et profits.

 

Propos recueillis par Yann Lalande

Réactions

Son prédécesseur lui a laissé une ville ouvrière, dynamique, joyeuse. Il en a fait la ville poubelle de référence, un capharnaum digne du quart monde livré aux dealers et à la délinquence. Il faudra dorénavant se rendre à Neuilly ou Levallois pour le croiser.
Attendons 3 jours, il aura comme d'habitude changé d'avis pour céder, indécrottable aveugle et auto satisfait, aux supplications des dionysiens. S'il lance encore des appels du pied à Russier, il rumine toujours "je vais prendre mon destin en main". Qui va t'il rejoindre cette fois ?
Bizarre cette interview. Durant les voeux, Laurent Russier a salué le courage d'un homme qui ne souhaite pas de présenter (ni Didier Paillard d'ailleurs). Et dans l'interview, il dit bien qu'il a voulu y aller quand même... J'ai tendance à croire P.Braouezec. C'est un homme de pouvoir. Il ne va pas lâcher son influence comme cela. Laurent Russier a voulu émanciper et évinçant les vieux de la vieille. L'avenir nous le dira si sa stratégie est bonne ou pas.
Ce type qui s'est soit disant battu pour une retraite à 60ans, il serait vraiment temps qu'il en profite et qu'il nous en fasse profiter aussi en nous laissant reconstruire cette ville, qu'il a détruit, tous les quartiers sont gangrené par le trafic et la violence. Bertholet lui a laissé une ville où il faisait réellement bon vivre, enviée par beaucoup. Il en a fait une ville où l'on a honte de dire qu'on y demeure. une ville où c'est la loi du plus fort qui règne. Il en a fait la ville la plus criminogène de France et ceci depuis plus de 10ans consécutif, depuis l'arrivé en 2008 de son acolyte Paillard et S.Peu.
Comment ce type peut il pavoiser, il a détruit tout ce qui a été construit a SAINT DENIS !
Plus je lis cette interview, plus je sens sont pouvoir de nuisances perdurer. Je cite "En revanche, je regrette la division et je ferai tout pour que cette division ne perdure pas au-delà du premier tour de l’élection. " ou bien "Je serai très attentif aux projets et aux gens qui seront sur les listes." C'est à dire? Qu'il veut enlever le choix aux habitants en manipulant Bally Bagayoko et Laurent Russier par derrière pour les forcer à s'allier??? C'est mal parti car les élus LFI n'était pas aux voeux lors du discours du maire. Il ira même décider qui sera sur les listes?? Décidément Laurent Russier aura été vraiment le pantin de P. Braouezec. Et comme il aime bien se mettre en valeur... On ne parle pas de échec... jamais. Il est toujours dans la nuance qui lui seul comprends. Je cite encore une fois "Je n’ai pas appelé à voter Macron. J’ai dit que je voterai Macron. Ce n’est pas tout à fait la même chose." Est ce que une personne éclairé, ce que je suis pas apparemment, pourrait expliquer? Il a voté Macron mais il a fait surtout campagne contre Eric Coquerel. Je ne vois décidément pas la nuance. Franchement, je finirais par dire ENFIN, qu'il prenne aussi Laurent Russier et Stéphane Peu avec lui et l'ensemble des élus incompétents qui passent le plus clair du conseil municipal à se féliciter alors c'est la plus la sale du 93 et surtout la plus criminogène de France.
@Azzedine. Le sondage qui circule sur les réseaux sociaux annonce un report de voix catastrophique dans les 2 sens ... Bagayoko vers Russier ... Russier vers Bagayoko.
@Mourad. Je n'ai pas saisi le report de voix. Avant le premier tour? A l'entre deux tour?
@Azzedine. Entre les 2 tours. Si Russier arrive devant Bagayoko au 1er tour et si ce dernier se désiste pour le second tour, les reports de voix se feront très mal... idem dans l'autre sens.
@Mourad Les inimitiés sont profondes. P. Braouezec n'y pourra rien. Laurent Russier ne supporte pas la défiance d'un maire adjoint. Et Bally Bagayoko n'a pas supporté d'être devant le fait accompli lors de la mise en place de Laurent Russier comme maire. Ça a été décidé en petit comité. Donc les deux ne vont pas en rester la. C'est bien beau d'appeler au rassemblement mais il se fait toujours dans le même sens. Toujours. Alors que Laurent Russier pour beaucoup d'habitants, ils ne savent pas même que c'est le maire. Ni même le reconnaisse. Pendant des années, les élus sortaient de leurs bureaux pour aller gratter de voix histoire de faire semblant. Mais au final, ils prennent les décisions entre eux. Les élus actuels croyaient être à l'abri du "dégagisme" en 2017. Ça va prendre plus de temps que cela mais il seraient d'avoir une autre politique autre que le clientélisme social que j'ai pu voir aux vœux vendredi soir.
Le travail de gentrification au long cours a bien avancé. En poubellisant le centre-ville de manière consciente, les opérations spéculatives vont bon train. Voila le bilan. Quant au dédoublement organisé de la majorité municipale sur deux listes, il ne vise qu'à poursuivre ce mandat.
Le travail de gentrification au long cours a bien avancé. En poubellisant le centre-ville de manière consciente, les opérations spéculatives vont bon train. Voila le bilan. Quant au dédoublement organisé de la majorité municipale sur deux listes, il ne vise qu'à poursuivre ce mandat.
Un article interessant ou Patrick Braouezec se regarde le nombril... Et bien évidemment fier de son piètre résultat. Il faut être précis, Laurent Russier et son équipe n'en voulait pas car c'est un boulet. http://www.regards.fr/la-midinale/article/patrick-braouezec-en-seine-saint-denis-on-a-redonne-de-la-fierte-aux-habitants#comments

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