En ville

« On agite le 93 comme un chiffon rouge pour attiser les peurs »

Le documentariste Hugues Demeude a pris le contre-pied de l’image du département habituellement véhiculée par les médias. Il s’est attaché à montrer les femmes et les hommes du territoire qui agissent.

Mercredi 26 novembre à 20?h?40, la chaîne de la TNT France Ô va diffuser un documentaire de 52 minutes, 93 L’effervescence, réalisé par Hugues Demeude et produit par Xavier Frequant. Trois mois après le film de Yamina Benguigui, 9/3, Mémoire d’un territoire, vu sur Canal + fin août, ce nouveau regard sur la Seine-Saint-Denis diffère du précédent. Tous deux s’ouvrent sur les images des émeutes de novembre 2005. Mais là où Yamina Benguigui cherchait dans l’histoire des explications à cette situation explosive, Hugues Demeude s’attache à faire connaître le potentiel et la richesse du département et de ses habitants, et à ne pas s’arrêter à ces images spectaculaires. « J’en avais assez d’entendre dans les médias que la Seine-Saint-Denis est le symbole de tout ce qui ne fonctionne pas chez nous. On agite le 93 comme un chiffon rouge pour attiser les peurs des Français?!, tonne-t-il. Ici, il y des gens qui agissent, justement en opposition à ce qui est présenté dans les médias. C’est à ceux-ci, acteurs économiques, artistes, associations, habitants que j’ai eu envie de donner la parole. »
Hugues Demeude n’alourdit pas son film d’un de ces commentaires parfois lénifiants dont les interviews servent le plus souvent à illustrer le propos. Non, dans 93 L’effervescence, ce sont les hommes et les femmes qui prennent la parole, jeunes et moins jeunes, exerçant des responsabilités et/ou citoyens lambda. C’est un film sur ceux qui agissent, qui va vers les gens, qui témoigne d’une vitalité d’autant plus forte qu’elle naît dans la difficulté. Parmi ceux-ci, on s’en doute, plusieurs Dionysiens. Francis Dubrac évoque le rôle déclencheur du Stade de France pour le développement économique du territoire et vante la jeunesse, donc le dynamisme de la population?; Patrick Braouezec, chantre de Plaine commune, remarque que, en France, hip-hop, rap et slam ont démarré ici et lance que « c’est parce que la société va mal que la banlieue va mal et pas le contraire »?; le directeur des pianos Pleyel explique pourquoi ceux-ci sont revenus à Saint-Denis…
« On aurait pu faire beaucoup plus long »
Se succèdent également Cristina Lopes au Café culturel, Marko 93, Bilou et Sarah Guem lors d’une répétition de la Fabrique de macadam dans l’atelier de Nicolas Cesbron. On voit et on entend aussi Yannick Noah, Sanseverino, l’historien Emmanuel Bellanger, des associations de Bobigny et de Clichy-sous-Bois, Zahia Ziaouani, chef d’orchestre à Stains, André Valverde, directeur de la compagnie théâtrale La fontaine aux images, bien d’autres encore, dont beaucoup de jeunes qui disent et montrent qu’il est possible d’agir et de réussir. « On aurait pu faire beaucoup plus long », sourit Hugues Demeude, qui a accumulé après deux ans et demi de travail et de rencontres près de trente-cinq heures de rushes. Ce film fait du bien car, sans angélisme aucun, sans nier les difficultés et les handicaps accumulés, il montre que, grâce à cette effervescence, l’espoir peut se conjuguer au présent.
Benoît Lagarrigue
93 L’effervescence de Hugues Demeude, mercredi 26 novembre
à 20?h?40 sur France Ô.

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