Portrait

Thérèse Tailly
/ Cueillir le fruit de sa patience

« Thé au jardin ». Cette jeune femme de 38 ans porte en elle un projet qu’elle souhaite concrétiser à la rentrée prochaine : l’ouverture d’un salon de thé chez elle.

Elle se destinait à être prof d’allemand, pourquoi pas, jusqu’au jour décisif, où devant passer ses examens de licence, elle refuse de s’y rendre. Que s’est-il passé le jour J de cette année 2004 pour que Thérèse Tailly se cabre devant l’obstacle ? « C’était une forme d’auto-sabordage », confie-t-elle en guise de réponse. Entrevoyait-elle déjà ce qui la ferait vibrer quelques années plus tard ?… Toujours est-il qu’elle ne lâche pas son boulot dans la restauration qui accompagnait ses études pour faire bouillir la marmite, et décide de suivre les cours gratuits de l’école d’horticulture de la Ville de Paris. Révélation. Tous les samedis matin, elle se rend à l’école du Breuil et ne perd pas une miette de ce qui est dit et montré. Aujourd’hui, après bien des aventures horticoles, Thérèse est une jardinière accomplie. Les Dionysiens ont pu la rencontrer, cette année, lors de la Foire des savoir-faire ou à la Fête des tulipes où elle a initié les visiteurs à l’art des « bombes à graines », pour une guérilla urbaine toute pacifique.

Thé et botanique

Au fil des années et des épreuves, il a fallu débroussailler, avancer à coups de serpe, ne pas baisser les bras face au premier écueil, tracer son sillon coûte que coûte afin d’envisager une belle récolte dont elle espère les fruits à la rentrée prochaine. À force de patience, elle a enfin trouvé la maison qu’elle occupe avec ses deux enfants pour en faire son salon de thé, au 19 rue Lanne. « C’est ici, dit-elle, au rez-de-chaussée, qu’on pourra venir siroter des boissons fraîches ou se réchauffer avec un bon thé, un café ou un chocolat. On dégustera des petits gâteaux et en plus, c’est ma différence, on pourra y acheter des plantes, des graines, du petit matériel de jardin, des livres sur la botanique. J’organiserai également des ateliers pour enfants afin de confectionner des bombes à graines, sans oublier le macramé que j’adore. »

Quand elle parle de son projet, Thérèse Tailly, intarissable, a les yeux qui brillent de mille feux. Déjà les tables chinées un peu partout, les sièges, le canapé, les luminaires sont en place aux côtés d’une foultitude de plantes grasses qui s’épanouissent autour d’un puits de lumière surmonté d’une verrière. « Une véritable serre », dit-elle en souriant. Elle a déjà ses bancs qui seront installés dehors, sur le trottoir ensoleillé tous les après-midi. Le bonheur.

Ah ! Si j’avais eu un sécateur

Pendant des années, elle ne pensait ressentir aucun intérêt pour les plantes, avant que deux épisodes ne la convainquent du contraire. Deux déclics qui encore aujourd’hui, après bien des années, lui tirent des larmes d’émotion. Flash-back. Lors d’une inauguration d’un restaurant, elle se voit offrir une multitude de bouquets de fleurs par l’hôtesse qui avait horreur de celles-ci. « Je me suis fait plein de petits bouquets que j’ai disposés dans mon studio, dans des verres et des bouteilles car je n’avais pas de vases. Le lendemain matin, au réveil, c’était l’émerveillement absolu dans la maison. J’en étais bouleversée… » Révélation.

Le deuxième déclic se produira au Sénégal où elle part se recueillir sur la tombe de son père, décédé douze ans auparavant. « Au cimetière, raconte Thérèse la gorge nouée et les yeux embués, je ne retrouve pas la tombe de mon père… parce qu’elle était envahie de végétation. Et là, une phrase tourne en boucle dans ma tête : “Ah ! Si j’avais eu un sécateur, j’aurais retrouvé la tombe de mon père”… » Un proverbe persan affirme que « la patience est un arbre dont la racine est amère, et dont les fruits sont très doux ». Faisons-en l’augure et donnons-nous rendez-vous à la rentrée prochaine pour l’ouverture de « Thé au jardin ».

Claude Bardavid

theresetailly@hotmail.com

 

 

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