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Camp de Roms illégal route de La Courneuve : le maire alerte l’ÉtatDidier Paillard appelle l’État à prendre ses responsabilités pour évacuer de ses occupants illégaux ce terrain, voisin des Cosmonautes, propriété du ministère des Transports. Et générateur de conflits dans le quartier.


Après des incidents opposant les deux campements roms de la route de La Courneuve, le maire hausse le ton contre l’État. Dans un courrier daté du 6 juillet, distribué auprès des habitants du quartier des Cosmonautes, Didier Paillard dénonce « une situation d’abandon total » face aux six bidonvilles abritant aujourd’hui des familles roms sur le territoire de Saint-Denis. En particulier au 6, route de La Courneuve, où le terrain a été occupé une nouvelle fois le 4 juillet avec le consentement de la police, s’insurge-t-on en mairie.


Propriété du ministère des Transports, cette friche mitoyenne de la caserne des gendarmes mobiles avait été évacuée le 31 août 2011, avant d’être à nouveau investie quelques semaines plus tard. Environ 150 personnes allaient y trouver refuge, abritées des regards par une bâche bleue tendue sur un grillage.


Au printemps dernier, leur présence devenait d’autant plus embarrassante pour la mairie qu’elle attisait l’hostilité du voisinage contre l’implantation, de l’autre côté de la route, d’une deuxième communauté rom, mais celle-là dûment cadrée et accompagnée. Ces 60 familles roumaines, de longue date à Saint-Denis, étant logées dans des préfabriqués sur un terrain prêté par l’État et aménagé par la Ville. De quoi sans doute susciter quelques rancœurs dans le campement d’en face.

Une question de sécurité

Le dimanche 1er juillet, en tous cas, une violente dispute éclate en soirée, suite à des jets de pierres entre gosses ou à une agression sexiste. Les versions varient. Un homme est légèrement blessé par un couteau. Et la police procède à quatre interpellations. Le lendemain midi, nouvelle bagarre, et nouvelle intervention des forces de l’ordre qui arrêtent deux autres personnes.


Le mardi 3 juillet enfin, le campement illégal est déserté par ses occupants. « J’ai alors interpelé le ministère pour qu’il gardienne et sécurise son terrain en urgence, écrit le maire, dans sa missive. Il m’a tout simplement répondu qu’aucun crédit n’est disponible pour l’entretien de ces terrains », explique Didier Paillard.


Ainsi la nuit suivante les anciens occupants sont-ils de retour. « La police était sur place », dénonce le maire, qui alertera sitôt le préfet pour une évacuation dans les 48 heures, le délai légal au-delà duquel il faut saisir la justice. Rien n’y fait. « Le préfet a précisé attendre une décision de justice et s’est engagé à agir dans les meilleurs délais», déplore Didier Paillard qui tente un ultime recours. Au nom de ses pouvoirs de maire, il adressera à l’État un arrêté d’urgence « pour mettre un terme à l’atteinte à la sécurité des occupants et du voisinage ».


Marylène Lenfant


Publié le 12-Jul-2012 14:13 | Actualisé le 13-Jul-2012 08:49 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami | 0 réaction(s) |