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Présidentielle, premier tour
>1981-2007 : deux gauches, deux courbes électorales<
À Saint-Denis lors de la présidentielle, depuis 1988 et la réélection de François Mitterrand, la gauche social-démocrate est devant la gauche radicale. L’un des enjeux du scrutin au plan local est de savoir si le Front de gauche va inverser la tendance, ou du moins rééquilibrer le rapport des forces.


Sauf s’il pousse des dents dans le bec des poules dans la nuit du 21 au 22 avril, on ne voit pas ce qui pourrait empêcher un candidat de gauche de figurer en tête du premier tour de la présidentielle dans une ville comme Saint-Denis. Mais dans quel ordre : Hollande ou Mélenchon ? Mélenchon ou Hollande ? À défaut de le savoir, voici quelques éléments pour réfléchir.


Si l’on suit le vent dominant des trente dernières années, l’issue locale du scrutin semble ne pas faire un pli en faveur du candidat PS. Sauf si l’électorat se rapproche des choix plus radicaux qu’il a déjà fait localement pour une élection présidentielle comme ce fut le cas en 1981.


L’année de la victoire historique de la gauche sur la droite, après un règne sans partage depuis de Gaulle, Georges Marchais obtient 36,58% des voix contre 22,52% à François Mitterrand. Pourtant déjà en déclin, le PCF résiste à Saint-Denis. Cet épisode reste une exception. Les scrutins présidentiels qui suivent penchent tous du même côté.


En 1988, François Mitterrand pour son second mandat recueille 34,78% contre 18,20% pour le communiste André Lajoinie. Le champion PS totalise presque le score du candidat du PCF sept ans plus tôt, tandis que celui-ci perd 18% par rapport à Marchais, en un septennat. De ce point de vue, 1988 est le premier pallier spectaculaire de la descente en torche des résultats du PCF à la présidentielle.


1995 marque à l’inverse une stabilisation du déclin puisque Robert Hue obtient grosso modo le même résultat que Lajoinie (17,93% en moyenne dans les 34 bureaux de vote d’alors) tandis que Lionel Jospin doit se contenter de 26,33%, loin derrière la précédente performance mitterrandienne.

La charnière 2002-2007

2002 est l’année où pour la première fois le candidat communiste n’atteint pas les deux chiffres à Saint-Denis (9,03% pour Robert Hue) pendant que Lionel Jospin perd aussi en influence avec seulement 20,02%. Nationalement, la gauche fait une sortie de route avant le second tour laissant Chirac et Le Pen père se retrouver en un duel inédit et peu glorieux.


2007 sonne le triomphe de Ségolène Royal. Avec 41,57% au compteur, la candidate PS réalise ici l’un de ses meilleurs résultats de tout le pays. Marie-George Buffet n’obtient que 4,28%, devant José Bové soutenu par une partie des communistes (2,02%) et derrière Olivier Besancenot du NPA (5,13%). Divisée, la gauche de gauche est lapidée, réduite à une bataille de nains contre le géant social démocrate.


2012 sera forcément différente. La gauche des choix plus radicaux que ceux du PS n’est plus satellisée en chapelles stériles. Elle est rassemblée, à l’exception du NPA qui le paie dans les intentions de vote autant qu’en désaveux internes. En désignant Jean-Luc Mélenchon, le PCF, le Parti de gauche et la Gauche unitaire (le trio fondateur de l’alchimie) ont d’ores et déjà réussi à mettre en musique le Front de gauche, à fédérer une alliance antilibérale solide.


Ce que n’étaient pas parvenues à réaliser les différentes strates de la contestation communiste depuis le milieu des années quatre-vingts, pas plus que le non de gauche au référendum sur la constitution européenne de 2005. Lors de cette consultation, le non a recueilli 68,5% à Saint-Denis. Un score dont il convient d’évidence de soustraire le vote des électeurs Front national, mais qui représente un socle épais sur lequel la gauche de gauche peut s’appuyer.


Dimanche 22 avril, les Dionysiens arbitreront le leadership entre les deux gauches. François Hollande devrait être en deçà des sommets de Ségolène Royal de 2007 et Jean-Luc Mélenchon très au-delà du cumul des bides enregistrés par M.-G. Buffet et J. Bové. Et si l’écart de pourcentage entre les deux n’excède pas les doigts d’une main, nous n’en serons pas surpris. Quant à savoir dans quel sens…


Dominique Sanchez


Le scrutin pratique


Les bureaux de vote

Les bureaux de vote sont ouverts dimanche 22 avril, de 8h à 20h, pour le premier tour. Le second tour est fixé au dimanche 6 mai, avec une ouverture identique des bureaux de vote.

L'adresse de chaque bureau est indiquée sur chaque carte électorale. Cette dernière n'est pas indispensable pour voter. Une pièce d'identité est en revanche obligatoire.


Les 10 candidats

Dix candidats se présentent au suffrage des électeurs. Il s’agit de : Eva Joly, Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, Jacques Cheminade, François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan et François Hollande.


18,07%

C’est le taux d’abstention à Saint Denis au premier tour de la précédente élection présidentielle, le 22 avril 2007.


SUR NOTRE SITE INTERNET DÈS DIMANCHE SOIR, LES CHIFFRES DU PREMIER TOUR ET LES PREMIERS COMMENTAIRES


Publié le 19-Apr-2012 22:44 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami | 1 réaction(s) |

Les réactions
16-Apr-2012 19:16De visu : Hollande zappé ?
Les murs de la ville ont été squattés par les affiches du front de gauche, de Braouezec... et par cette campagne hallucinante Hanotin/Hollande, et jamais (ou presque) d'affiches officielles du candidat Hollande seul. On voit bien qu'il a été très difficile aux soutiens de Hollande d'exister. Alors que si Hanotin avait respecter le timing (ce que dictait l'intelligence) à savoir d'abord la présidentielle, ensuite la législative, on aurait eu une campagne PS cohérente. Ou alors, une campagne le montrant lui et son suppléant (au fait, il en pense quoi Mr Fourcade ?) Mais non, non content de truquer pour être investi, mr Hanotin porte un préjudice à la campagne de Hollande en faisant une campagne parallèle à son profit. Si Hollande ne fait pas un bon score, il aura une responsabilité. Je ne dis pas que les affiches font tout, mais cela compte pour que les citoyens aient une idée claire des forces en présence.

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