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Michel Aksentievitch, l’art en grandDepuis dix ans, ce sculpteur s’est lancé dans des projets monumentaux. Depuis trente ans, il enseigne à Gustave-Courbet avec la volonté d’ouvrir un accès à l’art à un public qui pourrait s’en sentir écarté.


Plus connu sous son nom d’artiste, Aksent, Michel Aksentievitch est d’origine serbe par son grand-père. « Mais je suis né en Afrique du Nord », s’écrie-t-il, amusé de l’effet. Quand il ajoute que son autre grand-père est maltais et qu’il a une grand-mère sicilienne, on aura compris que pour lui les frontières sont faites pour être franchies. D’autant qu’il revient de Chine… Mais n’anticipons pas.


Né en 1952, il débarque en France à l’âge de 7 ans, d’abord à Marseille, puis à Clichy, enfin à Grenoble. C’est là qu’il a grandi. Très tôt, il manifeste un certain goût pour les arts plastiques, d’abord en bricolant des maquettes d’avion, puis en dessinant, encouragé dans cette voie par l’un de ses professeurs alors qu’il végète dans un CET de mécanique générale.


Autodidacte, il réussit le concours d’entrée à l’école des Beaux Arts de Marseille avant d’intégrer celle de Paris. C’est dans les années 1975 qu’il se tourne vers la sculpture, en côtoyant le célèbre César. « J’étais avide de sculpture, je voulais vraiment en faire mon métier », se souvient-il.


Il se dirige alors vers l’enseignement, trouvant là un moyen de vivre de sa passion. « Même si la précarité de la vie d’artiste me révolte », lance-t-il. C’est dans ce cadre qu’il débarque en 1981 à Saint-Denis, quand la Ville lui propose de mettre en place un atelier de sculpture à l’école d’arts plastiques, avec pour objectif de « sensibiliser et d’offrir la possibilité aux gens du peuple de pratiquer les disciplines artistiques. C’est cela qui m’a séduit, même si les moyens étaient très modestes. Il y avait une réelle volonté d’ouvrir un accès à l’art pour ceux qui s’en croient écartés ».

Le tournant de 2001

Cela fait donc trente ans que Michel Aksent développe une pratique amateur de la sculpture auprès de ses élèves, dont certains se sont depuis engagés dans une voie artistique. Donner du temps au temps, ne jamais juger a priori, transmettre toujours, voilà quelques principes qu’il suit avec ténacité.


À partir de 2001, grand tournant dans sa vie d’artiste, il s’oriente vers la sculpture monumentale. « Je suis peu sensible au monde et au fonctionnement du système des galeries. Et j’étais séduit par l’idée de travailler en grand, en prenant en compte l’environnement, un peu à la manière d’un architecte. »


C’est à Saint-Denis que, pour la première fois, il réalise cité Fabien une grande sculpture en bois avec quelques-uns de ses élèves, en 1994. Depuis, il a remporté plusieurs concours, en France mais aussi en Allemagne, en Turquie et, plus récemment donc, en Chine. « À Changchun, dans le nord-est du pays, il y a un concours international très relevé et l’un de mes projets a été retenu », se réjouit-il.


Une sculpture de 5 m de haut, en bronze, va ainsi être prochainement érigé dans un grand parc de 500 ha. Fier ? Pas plus que ça. Plutôt heureux de voir que sa persévérance est récompensée. Dans son atelier parisien, où il travaille essentiellement sur ordinateur, Michel Aksent met la dernière main à un nouveau projet qu’il va présenter en novembre à… Pékin.


« Il faut travailler, s’engager. Ce n’est jamais facile d’être artiste. Mais on y croit et c’est une belle croyance… », dit-il encore, heureux de continuer son atelier à Saint-Denis. « C’est comme des vacances ! »


Benoît Lagarrigue



Publié le 20-Oct-2011 17:03 | Actualisé le 21-Oct-2011 09:41 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami | 0 réaction(s) |