Le Cygne n’en finit pas de remonter le tempsOn en sait plus sur la qualité de vie des Dionysiens entre le XIVe et XVIe siècle. Mais le Croult du XIIe n’a pas encore délivré tous ses secrets. Premier bilan archéologique à mi parcours de la campagne 2011.
À mi-parcours, la campagne de fouille programmée 2011 de l’îlot du Cygne, la troisième, a délivré son lot de renseignements sur l’histoire de ce secteur. Et, en conséquence, elle a également fait naître bon nombre d’interrogations. À l’issue des deux premières saisons, des aménagements remontant au XIVe siècle avaient été révélés. À l’est du chantier, la cuve de tanneur de près de deux mètres mise à jour l’an dernier a fait l’objet cette année de toute l’attention des archéologues. « Nous y avons trouvé des fragments de poteries, d’os, de tuiles, de petits objets en fer et aussi de verreries de belle facture, ce qui tendrait à indiquer que les habitants de ce secteur avaient, entre le XIVe et le XVIe siècle, une certaine qualité de vie », indique Jean-François Goret, qui dirige les fouilles. Non loin de cette cuve, une rangée de grosses pierres apparaît, assez énigmatique car celles-ci semblent parfaitement alignées sur leur côté gauche, sans mortier cependant. « Nous sommes là aux XIIe et XIIIe siècles et nous allons parler au conditionnel. Cet alignement pourrait indiquer une berge aménagée le long du Croult, qui suivait alors un lit différent de celui d’aujourd’hui. Et cela pourrait expliquer la présence de la cuve à proximité. Mais bien sûr, c’est à étudier et à vérifier… » Un peu plus loin, un profond puits retient l’attention. Au fond, apparaît nettement la trace, sombre et régulière, d’un cuvelage d’un mètre de diamètre. « Selon les objets que nous y avons trouvés, il date sans doute du XIVe. Nous n’avons pas fouillé plus profondément car il faut d’abord sécuriser le lieu, mais on peut espérer trouver d’autres vestiges, peut-être en bois ou en cuir… On verra ça en 2012 ! » Là encore se pose la question du tracé de la rivière. « Si ce puits date du XIVe siècle, et si la rivière coulait le long de cet alignement de pierres au XIIe, c’est qu’elle a été déplacée. » Là encore, l’enjeu est important : tenter de comprendre l’évolution du Croult pour voir comment s’est structuré l’espace alentour. Au fur et à mesure que les archéologues creusent, l’analyse se complique : car si le mille-feuilles des couches du sous-sol révèle des occupations de plus en plus antérieures, celles-ci ne sont bien sûr pas planes. Au contraire, elle se coupent, se détruisent, s’emmêlent au fil du temps. C’est particulièrement évident pour les traces de bâtiments révélés cette année à l’ouest du chantier, sans doute des remises, mais dont les restes sont perturbés par des constructions plus récentes. « Ici, on voit un angle de petit bâtiment, là un sol aménagé. Mais tous ces éléments sont encore épars, lacunaires. » Il montre une cave qui recèle de nombreux matériaux de démolition montrant qu’elle fut abandonnée au XVIIe siècle. Mais avant ? « On remonte le temps », sourit Jean-François Goret. Partout des éléments sont dégagés, qui en dégagent eux-mêmes d’autres. Depuis le début juillet, malgré un été incertain, les choses ont bien avancé et plus de 800 visiteurs sont venus voir l’avancée du chantier. En attendant la grande foule des Journées du patrimoine… (1) Benoît Lagarrigue (1) Le week-end des 17 et 18 septembre.Quel lit pour la rivière ?
Publié le 02-Sep-2011 16:14 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami | 0 réaction(s) |
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