Le JSD : La défaite de Patrick Braouezec aux législatives, c’est l’annonce d’une victoire PS aux municipales ?
Didier Paillard : Je ne crois pas aux équivalences électorales. Chaque scrutin a sa logique et son contexte. Le chapitre qui vient de se conclure se résume ainsi : les Dionysiens ont voté plus massivement que jamais à gauche à la présidentielle. Avec l’élection de François Hollande, les Français et plus encore les Dionysiens ont considéré qu’ils avaient fait l’essentiel. Les législatives n’ont pas rencontré le même intérêt. L’abstention a dépassé les 50%. Ce scrutin a fonctionné comme la ratification d’un traité en faveur du président. En 2014, nous ne serons plus dans la même situation. Le débat portera sur une question centrale : quelle ville populaire et solidaire construire pour garantir la place et les droits de chacun sans exclusion au cœur du Grand Paris ?
Le JSD : Quel est le bilan et quels sont les projets qui vous permettent d’être optimiste ?
Didier Paillard : Notre dynamisme de développement et d’aménagement avec Plaine commune est reconnu par tous. Ce dynamisme est au service des droits des habitants en matière de logement et de transports par exemple. Nous sommes la ville qui construit le plus de logements en Île-de-France ; nous serons bientôt celle où les tramways circulent en plus grand nombre ; nous consacrons plus de la moitié de notre budget à la priorité du devenir des jeunes… Nous n’avons pas la place ici pour un catalogue exhaustif, mais notre bilan est réel. Et il va s’étoffer dès la rentrée avec notamment l’extension de la garde du matin des enfants avant l’école ou de nouvelles avancées dans la résorption de l’habitat insalubre privé.
Le JSD : Qu’attendez-vous du nouveau gouvernement ?
Didier Paillard : Les Dionysiens en attendent beaucoup, à hauteur de leurs votes à gauche ! Ils ont des exigences en termes de pouvoir d’achat, de services publics capables de réduire les inégalités insupportables notamment en matière scolaire. Comme les Dionysiens, nous serons attentifs à ce que le changement se traduise dans la vie des gens, condition impérative de la réussite de la gauche. Nous veillerons aussi, en tant que pionniers de ce combat, à ce que le droit de vote des citoyens étrangers devienne réalité.
Le JSD : Mathieu Hanotin revendique une politique de la main tendue. Êtes-vous désireux de la saisir ?
Didier Paillard : Bien sûr. Un député à l’écoute qui relaie les exigences de justice est un maillon essentiel pour faire avancer notre ville. Je redoute simplement que Mathieu Hanotin, perdu au sein d’une majorité absolue du PS, n’ait ni la liberté de parole ni l’impact de Patrick Braouezec pour défendre les intérêts de tous les Dionysiens sans exclusion.
Le JSD : Georges Sali, qui a soutenu Patrick Braouezec au second tour, annonce qu’il ne rejoint pas pour autant la majorité municipale. Avez-vous envie de lui faire changer d’avis ?
Didier Paillard :La construction de la ville se fait sur un projet. C’est sur cette base que se fonde la volonté de travailler ensemble. Avec le groupe PS & Partenaires, Georges Sali opère des évolutions et joue un rôle critique stimulant. C’est dans ce cheminement que nous pouvons construire des convergences. Avec lui, je partage une conviction essentielle : la lutte contre la spéculation foncière et immobilière pour que les catégories populaires ne soient pas chassées. À cette exigence sociale, j’ajoute la détermination écologique pour la réduction des trajets domicile/travail et contre l’étalement urbain. La ville populaire, c’est l’avenir durable. Et il passe par le rassemblement de la gauche dionysienne et écologique. C’est le sens de notre équipe municipale représentative des diversités dionysiennes autour de « Saint-Denis pour tous » depuis 2008. Ce sera aussi celui de 2014.
Recueilli par Dominique Sanchez