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Festival Vi(ll)es / Prolétaires et femme du mondeAprès Vaterland et sa vision de l’Allemagne, le festival se poursuit au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis avec Ô mon pays !et deux travailleurs pour héros, et Jackie avec l’épouse Kennedy pour sujet.


Le festival Vi(ll)es a débuté lundi avec le premier des quatre spectacles que programme la dernière manifestation du TGP avant les grands travaux qui vont transfigurer le CDN de Saint-Denis. Avec Vaterland, le pays du père, qui a débuté le festival lundi 26 mars, Cécile Backès propose une intéressante lecture du récit de Jean-Paul Wenzel en faisant appel à l’image et au son qui deviennent, au-delà de la seule création d’univers sonores ou visuels, de véritables personnages.


Le poste de TSF répond à la guitare électrique, les images de l’Allemagne en ruine après la guerre font écho à celles, brillantes et scintillantes, de la RFA triomphante du début des années 1980. Si les comédiens ont parfois du mal à se hisser à la hauteur de ce cadre vivant (excepté Cécile Gérard, qui campe une Odette naïve à souhait), le résultat est une belle tentative de montrer sur la scène les rapports ambigus entre les peuples, les époques et, au final, les êtres.


Le deuxième spectacle de Vi(ll)es se présente sous la forme d’un diptyque. Rassemblés sous le titre Ô mon pays !, Lise Maussion et Damien Mongin ont créé CDI – Sandrine, la destinée d’un trieuse de verre et CDD – Chacal, l’autoroute doit être interrompue. Lise Maussion n’a pas envie de révéler les histoires de ces deux personnages avant que l’on découvre le spectacle. Tout juste concède-t-elle à dire que « Sandrine vit seule et travaille dans une usine et que Chacal travaille en intérim sur les chantiers. Ce sont deux histoires qui se font écho ».

Liberté en Ardèche

Elle et Damien Mongin sont partis vivre en Ardèche en 2008. « Nous y avons trouvé une manière de travailler plus libre qu’à Paris. Nous nous nourrissons de ce qui nous entoure et de ce qui nous arrive. » C’est là qu’ils ont écrit ces deux textes qui interrogent la fragilisation de deux êtres solitaires par le monde extérieur. « Sandrine vit dans le même logement depuis longtemps, travaille dans son usine depuis des années, mène une vie quotidienne ultra réglée alors que Chacal, tout aussi solitaire, bouge au gré de ses chantiers mobiles, qu’il ne choisit pas, et n’a donc pas d’attache. Nous montrons des moments de leurs vies… »


Le troisième volet de Vi(ll)es porte sur un personnage bien réel, Jackie Kennedy. Anne Théron met en scène Jackie, un texte d’Elfriede Jelinek, prix Nobel de littérature en 2004. « J’ai été à la fois séduite par son écriture, puissante, pleine de drôlerie et de dérision mais qui porte quelque chose d’effrayant », dit-elle. Elfriede Jelinek a écrit une fiction à partir d’une réalité et dresse le portrait d’une femme humiliée en explorant sa névrose.


« Jackie était une femme intelligente qui aurait pu faire autre chose, mais elle était destinée à faire un riche mariage, à faire une bonne épouse. Et c’est aussi la description d’une famille qui est avant tout un gang », poursuit Anne Théron. Du long monologue de l’auteure autrichienne, elle a conçu des mouvements où la danse, la vidéo, l’univers pop art voisinent avec des images d’archives. « On assiste à la fabrication d’une femme qui disparaît derrière les canons qu’elle se donne : maigreur, noirceur. Car c’est là qu’est le pouvoir… »


Benoît Lagarrigue


Vaterland  jusqu’au 1er avril, mercredi, jeudi, vendredi à 19 h 30, samedi à 18 h, dimanche à 16 h. Relâche mardi.


Ô mon pays !  du 29 mars au 9 avril, les 29 mars, 5 et 9 avril à 20h (Sandrine), 30 mars, 2 et 6 avril à 20h (Chacal), 31 mars et 7 avril à 17h30 et 20h et 1er et 8 avril à 15h et 17h30 (intégrale).


Jackie  du 1er au 3 avril, dimanche à 16 h 30, lundi et mardi à 20 h 30.

TGP : 59, boulevard Jules-Guesde. Tarifs : de 22 € à 6 €. Réservations au 01 48 13 70 00. http://www.theatregerardphilipe.com



Publié le 29-Mar-2012 19:20 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami | 0 réaction(s) |

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