Saint-Denis
Mercredi 22 Mai
Matin Après-midi Soir

Couvert

Couvert

Nuageux
7.7°C 13.6°C 13.4°C
Recevoir la newsletter
| Vous êtes ici : accueil >

Télécharger le JSD N°956 en PDF



Bouleversants témoignages aux États généraux du logementLa mairie de Saint-Denis accueillait le 19 mars la deuxième rencontre nationale du logement, qui a été perturbée par des manifestants.


133 000 sans-abris, 2,7 millions de mal-logés, 1,2 million de ménages en attente d’un logement social, dont 400 000 en Île-de-France… Chiffré chaque année par la Fondation Abbé Pierre, l’état du logement connaît une telle aggravation qu’en 2009 une trentaine d’acteurs du secteur ont entrepris de lancer des États généraux.


Organismes HLM, opérateurs privés du bâtiment, syndicats, associations d’insertion, d’élus, de consommateurs et d’habitants, ces partenaires ont ainsi multiplié les consultations à travers la France, notamment avec des politiques. « Aujourd’hui, nous sommes là pour faire remonter vos témoignages et propositions », a lancé le lundi 19 mars François Payelle, de la Fédération des promoteurs immobiliers, aux quelque 300 personnes qui avaient pris place en mairie, dans la salle des mariages.


Ouverte par le maire, cette rencontre publique était l’une des trois au programme, après Romans-sur-Isère et avant Bordeaux. Elle restera sans doute comme la plus chahutée par le public. L’animateur de la soirée tardant par trop à leur tendre le micro. Au premier rang des impatients, une quinzaine de personnes qui s’étaient illustrées début mars par la tentative de réquisition d’un immeuble de Plaine commune développement (Lire ICI).

Une fois obtenu le rendez-vous en mairie qu’elles réclamaient à cor et à cri, les prises de parole allaient enfin commencer.

Au bord des larmes

Bien tardivement. Parmi elles, surtout des témoignages, dont celui de Nabila, le plus bouleversant.Venue avec ses deux fils de 8-10 ans avec qui elle vit en hôtel, au gré des disponibilités du 115, Nabila est dit-elle une « smicarde qui travaille pour la mairie. Je n’ai pas de famille pour me soutenir. Je vis dans un 9 m2 ». Faute de cuisine, « mes enfants, je les gave de Big Mac et de pizzas », avoue-t-elle au bord des larmes.


« Avec 800 euros de pension par mois, se lamente une retraitée, c’est la moitié qui passe dans le loyer. Après, on a à peine de quoi manger. » Issue de cette classe moyenne dont plusieurs contestent la présence dans l’habitat social, une prof déplore qu’avec « deux salaires pour un loyer de 900 euros en HLM, on n’y arrive plus ».


Squatteurs expulsés, migrants en foyer insalubre, familles en résidence sociale, etc. La pénurie est également dénoncée par des étudiants, qui sont « 50 000 à Paris 13 et Paris 8 pour seulement 1500 logements du Crous. Ils seront 16 000 de plus en 2016 avec le campus Condorcet pour seulement 440 nouveaux logements ».


Une habitante du quartier Gare pointe quant à elle les F5 ou F6 occupés de longue date en HLM « par des veufs sans enfant qui sont prêts à quitter leur logement. Le problème, c’est qu’on leur proposera un F2 avec le même niveau de loyer ».


Dans la salle, en partie désertée, des voix l’approuvent. Et c’est un tonnerre d’applaudissements qui accueille les exhortations d’une syndicaliste CGT pour le retour à un financement patronal du logement social à 1% de la masse salariale, et non 0,45%, et pour une véritable application de la loi SRU obligeant les grandes communes à 20% de logements sociaux. « Il faut sortir de la politique à court terme », analysera de son côté le maire adjoint Stéphane Peu en préconisant un retour aux prêts de longue durée pour financer l’habitat social.


Marylène Lenfant


Publié le 21-Mar-2012 19:30 | Actualisé le 21-Mar-2012 20:10 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami | 6 réaction(s) |

Les réactions
22-Mar-2012 08:30SPQR : loyer à 900€ en hlm
« deux salaires pour un loyer de 900 euros en HLM, on n’y arrive plus ». un prof et un smic on doit être à 2500€ net par mois pour deux ? je sais combien elle a d'enfant et la taille de son appart mais un logement social à st denis à 900e ca me parait super chère on est dans les prix du privé pour un 4 piéce !!
22-Mar-2012 15:22Bidule : Surloyers inappliqués
La ville de Saint-Denis ayant fait un POS afin d'éviter les surloyers de la loi Molle, on comprend mal pourquoi la CGT ne dénonce pas ces mesures pro-riches abusant des loyers HLM à bas prix. Ni même pourquoi la commune a décidé de telles mesures ?
22-Mar-2012 21:20nabila :
"jais 3 enfants 8 /9/ es 4 ans
23-Mar-2012 11:30SPQR : @ nabila
ça se comprends mieux il faudrait que le jsd explique mieux les cas , mais je trouve que le loyer est exorbitant mais bon nabila tu fais partie de la classe moyenne don tu raques un max .
23-Mar-2012 22:00habitant_saint_denis : imposer aux organismes HLM de construire des grands ensembles de 499 logements
Aujourd'hui les organismes HLM suivent la mode du privé : ils construisent des petites résidences de 80 logements maximum. Pas étonnant que les loyers soient chers. Il faut imposer aux organismes HLM de construire des grands ensembles de 499 logements si possible en centre ville. Le modèle à suivre c'est la cité Paul Langevin de Saint-Denis imaginée par André Lurçat. Tant qu'on fera des petites résidences, on logera peu de monde et il y aura des gros loyers.
24-Mar-2012 14:52mo :
Il faut intégrer les logements sociaux dans la ville et non pas faire de grand ensembles. C'est ridicule de penser que les idées des années 60 peuvent fonctionner aujourd'hui

Réagir à l'article

Captcha Cliquez ici si le code est illisible.
(*) Champs obligatoires

ATTENTION : Afin d'éviter les abus, les réactions sont modérées 'a priori'. De ce fait, votre réaction n'apparaîtra que lorsqu'un modérateur l'aura validée. Merci de votre compréhension.