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Centre d’information et de recrutement des forces armées : 210 jeunes engagés en 2009Saint-Denis est le cinquième centre de France en matière d’engagement sous les drapeaux. « L’ascension est claire et plus rapide qu’ailleurs », explique un jeune que nous avons rencontré.

Devenir militaire. L’idée, à première vue, peut paraître saugrenue, elle est de plus en plus tendance chez les jeunes du 93. « Avec 210 engagements en 2009, Saint-Denis est le 5e centre de France en matière de recrutement », explique le capitaine Patrick Beduneau, chef du Centre d'information et de recrutement des forces armées (CIRFA) de Saint-Denis. « Nous sommes le premier de région parisienne », lance fièrement l’adjudant Christophe Rocheblave.

La nouvelle campagne pour 2010-2012 a débuté le 3 février. Au CIRFA, 2 bis, rue des Boucheries, qui sera transféré en mars au 87, rue Gabriel-Péri, elle promet déjà beaucoup. « On accueille entre 5 et 25 personnes par jour », ajoute l’adjudant Rocheblave. Au total pas moins de 1500 jeunes gens ont franchi la porte du centre en 2009.

Surtout, l’armée est de plus en plus offensive en matière de communication. Elle multiplie les forums emplois, joue la carte du web et n’hésite pas à aller dans les collèges et lycées.

« J’avais 12 ans quand ils sont venus au collège et depuis je sais que je veux devenir militaire »



« J’avais 12 ans quand ils sont venus au collège et depuis je sais que je veux devenir militaire », raconte Sarah, 19 ans, bien décidée à devenir marin pompier. Les arguments avancés pour enfiler l’uniforme ? Le goût de l’aventure, de nombreux corps de métier, la sécurité de l’emploi…

« Je voulais quitter mon quartier », explique Tarik, 22 ans. Il avoue « qu’avant que certains amis choisissent eux-mêmes l’armée, ça ne m’était jamais venu à l’idée ». Le bouche à oreille, premier vecteur de communication et clé du succès. Une première solde autour de 1300 euros net (pour le soldat de base), ajouté au fait d’être nourri et logé, finit de convaincre les plus hésitants.

« L’armée c’est aussi une multitude de métiers qui va de la secrétaire au mécanicien en passant par le pilote d’hélicoptère », explique le capitaine Beduneau. Tarik sera « motocycliste ». Ibrahim, 18 ans, pompier. Une vocation qui l’a conduit, il y a un an, à pousser la porte du centre : « Je suis venu avec un copain, lui s’est engagé dans l’armée de terre. »

Une jeune fille entre dans le centre : « Je veux me renseigner pour m’engager, pas pour tirer avec un fusil, mais pour être secrétaire ! » À 26 ans et avec un BEP secrétariat en poche, elle a décidé de sauter le pas. Elle remplie une fiche et repart avec un rendez-vous.

« On étudie le profil, les aptitudes physiques, le casier judiciaire »



« On étudie le profil, les aptitudes physiques, le casier judiciaire », explique le capitaine Beduneau. Mohamed a passé tous les tests. À 22 ans, bac +5, il est en passe d’intégrer Saint-Cyr, la prestigieuse école d’officiers.

« L’armée est sans doute un des endroits où la discrimination est la moins importante », explique-t-il. Sa famille a été surprise de son choix « par rapport aux clichés sur le militaire raciste ». Il s’est engagé pour vingt ans minimum.

« L’ascension professionnelle est claire et plus rapide qu’ailleurs et ceci quelque soit son origine sociale », dit encore Mohamed. Alors l’armée entreprise idéale, solution par défaut ? « En tout les cas, nous sommes sans doute le principal recruteur de la ville», conclut le capitaine Beduneau.

Étienne Labrunie

08-Feb-2010 12:36 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami | 0 réaction(s)

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