Cultures

Journée des droits des femmes
/ Working girls, pétroleuses ou reines de France

Durant une quinzaine de jours, une programmation éclectique rendra hommage aux femmes du quotidien en leur donnant la parole (lire aussi en une et page 3) tout en honorant le travail et le combat d’artistes engagées dans les salles obscures, les couloirs d’un musée et sur les planches.
Nadine Servan interprète Maria la simple, oeuvre de l'écrivaine chilienne Isabel Allende, qui compose la pièce Working Girls
Nadine Servan interprète Maria la simple, oeuvre de l'écrivaine chilienne Isabel Allende, qui compose la pièce Working Girls

La pièce Working Girls co-écrite par la poète mancunienne Kay Adshead, l’écrivaine chilienne Isabel Allende et l’artiste franco-chilienne Daniela Labbe Cabrera, reviendra à la Ligne 13 mercredi 8 mars. L’œuvre créée à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes en 2012 avait déjà été jouée dans la salle dionysienne en 2013. « Cette fois-ci, les textes sont plus étoffés. Ceux qui l’ont déjà vue peuvent tout à fait venir la revoir », affirme son metteur en scène, Michael Batz. L’Écossais est connu sur la scène internationale pour sa production de Comedia sin titulo de Gabriel Garcia Lorca (primée au Festival d’Edimbourg) et auprès du public dionysien pour les pièces La femme fantôme de Adshead, jouée au TGP (2003) et Red Devils de Debbie Horsfield (2006), dans laquelle était mise en scène la vie de quatre filles fans de football. Et en 2007, Michael Batz avait créé avec des lycéens de Saint-Denis la pièce Lady Cool, Lady tune, Lady Love et Lady Vine. Il signe donc cette année son retour et, plus que jamais, porte au pinacle toutes ces femmes avec qui il a collaborées et dont le travail le passionne. « Je travaille énormément avec les femmes, 80 % des textes viennent d’auteurs féminins. En France, comparé à l’Angleterre, le monde du théâtre est encore très masculin car il n’y a pas la même culture de l’écriture, explique le Britannique. Pour moi, c’est un parti pris de promouvoir l’écriture des femmes, elles écrivent différemment puisqu’elles accordent plus de place aux personnages féminins. »

À l’origine, Working Girls est un triptyque que la compagnie Yorick – fondée par Batz – a choisi d’adapter en proposant ici deux textes seulement. Seule sur scène, la comédienne Aïssatou Thiam incarnera un personnage tiré du fait divers sinistre qui a inspiré l’écriture de ce premier monologue intitulé La dernière petite fille : le démantèlement à Manchester d’un réseau de prostitution et de ventes de mineures. Kay Adshead a transformé cette tragédie en lui injectant un humour noir profondément britannique. Dans un second temps, Maria la simple d’Isabel Allende sera jouée par la comédienne Nadine Servan connue pour avoir tourné dans le film Le magot de Josefa aux côtés de Pierre Brasseur et Bourvil.

Après le théâtre, place aux voûtes résonantes du musée d’art et d’histoire qui proposera le même jour, mercredi 8 mars, Les femmes pétroleuses, un mythe incendiaire ?. La visite illustre sans fard le statut des femmes au XIXe siècle, ces « citoyennes sans citoyenneté ». Louise Michel, figure féministe incontournable de la Commune de Paris, incarnait à elle seule ce paradoxe. Mais qui sont donc les pétroleuses ? Leur existence ne relève-t-elle que d’un simple mythe ? Et pourquoi les historiens minimisent-ils le rôle qu’on leur prête ? Les œuvres issues des collections sur la Commune de Paris du musée dionysien tenteront d’éclairer nos lanternes à ce sujet.

Enfin, la basilique accueillera samedi 11 mars Les reines : la face gâchée des rois ?, un spectacle animé par la compagnie la Petite Main. Le duo Margaux Gorce et Caroline Le Lausque mettra en relief au travers d’interviews (fictives évidemment !) le parcours des reines, de Frédégonde à Marie-Antoinette, et du poids de leur empreinte dans l’Histoire de France. Projections, ateliers et rencontres vont ponctuer cette quinzaine résolument féministe, pour le bien de tous. « Trop suffit quelques fois à la femme », écrivaient les frères Goncourt. Et si, en vérité, il n’y a jamais eu assez pour s’en contenter ?

Maxime Longuet

 

Working Girls, Ligne 13 (12, place de la Résistance), mercredi 8 mars, 20h, entrée gratuite.

Les femmes pétroleuses, musée d’art et d’histoire (22 bis, rue Gabriel-Péri), mercredi 8 mars, début 12h15, entrée libre.

Les reines : la face gâchée des rois, basilique (1, rue de la Légion-d’honneur), samedi 11 mars, de 14h à 16h. Tarifs : 11,50 € (adulte), 6 € (enfant). Inscription obligatoire au 01 49 21 14 87 ou à reservations.basilique@monuments-nationaux.fr. Accès à la nécropole des rois de France.

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