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Samedi 4 novembre
/ Une marche pour stopper la violence

Samedi 4 novembre, quelque 75 personnes ont défilé pour alerter sur les affrontements qui opposent les jeunes des différents quartiers de Saint-Denis. Et réclamer des solutions pour arrêter ces violences.
Samedi 4 novembre 2017, marche contre les violences entre les quartiers Floréal et Allende
Samedi 4 novembre 2017, marche contre les violences entre les quartiers Floréal et Allende

« L’autre jour », témoigne Nassima, mon fils et un copain sont partis à vélo chercher du charbon. C’est la génération chicha », sourit-elle. « Trente jeunes leur sont tombés dessus. Mon fils a reçu des coups au visage. Avec son copain ils se sont retranchés dans le 8 à Huit, il a fallu aller les chercher en voiture. » Le sourire s’est effacé. « En tant que parents, on ne peut pas laisser faire. Il faut dire stop. » Stop aux violences entre les quartiers Allende et Saussaie-Floréal-Courtille. « On a alerté beaucoup de monde cet été, la police, l’académie, la mairie… » Sans amélioration, Nassima et d’autres mamans ont décidé d’organiser une marche.

Samedi 4 novembre, 75 personnes sont rassemblées devant la Maison de quartier. Des habitants (surtout de habitantes) de Floréal-Saussaie-Courtille, les gens de la Régie de quartier, quelques personnes venues en soutien du centre-ville ou de Franc-Moisin, et des élus de la Ville (1), dont Patrick Vassallo, l’adjoint en charge du quartier : « On a un accord de principe avec le commissariat pour mettre en place de la présence policière dans l’espace public – de la police de proximité, qui ne prend pas la population pour des ennemis et réciproquement. » Le député Stéphane Peu a écrit à Gérard Collomb pour demander que Saint-Denis fasse partie des villes où sera expérimentée à partir de janvier 2018 la « police de sécurité du quotidien ».

La médiation est une autre piste envisagée. « On demande aussi plus de présence d’adultes dans les établissements scolaires », ajoute le député. Confirmation d’une enseignante du lycée Bartholdi, touché comme les collèges Barbusse ou Courtille par les rivalités entre quartiers : « Une intrusion a eu lieu il y a quelques jours. On commence à voir des parents qui ont peur d’envoyer leurs enfants. Les lycées sont pleins à craquer et on n’a pas de moyen de vie scolaire en plus. C’est la pire rentrée depuis l’année qui avait suivi les suppressions de poste de Sarkozy… » Dans le cortège, les discussions racontent l’histoire de la relégation des quartiers, les associations étranglées, les services publics défaillants, les politiques de la ville qui colmatent en vain les brèches où s’engouffrent la frustration, le désespoir, la colère, l’ennui.

Devant la Maison de quartier, quatre ou cinq garçons s’arrêtent. France 3 veut une interview, ils s’y prêtent volontiers. Fanfarons, mais sans raillerie : «On s’envoie des piques entre quartiers sur les réseaux, dans les musiques. Quand on se croise, on se tape, c’est comme ça… » À les écouter, c’est presque bon enfant. (Plus loin, à Allende, un autre jeune dira : « On demande qui a gagné cette fois, qui a battu qui. C’est comme un match de foot. ») Et pourquoi cette violence ? « Y a pas de pourquoi. C’est pas une histoire de filles, de vols… On représente la cité en se tapant. » Une maman tire l’un d’eux par la manche, lui glisse, à l’écart : « Et nos préoccupations à nous, vous en faites quoi ? » Il a un sourire embarrassé. Il aimerait lui offrir une réponse satisfaisante, qui ne vient pas. Un autre répond pour lui, à la caméra : « Ils peuvent envoyer l’armée, le président de la République, ça s’arrêtera pas. » N’est-ce pas dommage ? « Si, mais… Comme on dit ici, “c’est la rue”. »

Un peu plus loin, cité Neruda. Le temps d’en faire le tour, des jeunes sont sortis, mine de rien. Une maman lance sa souffrance à un groupe d’adolescents : « J’habite Floréal, ma sœur habite ici. Mes enfants ne peuvent pas venir voir leurs cousins ! » Les visages restent fermés, ceux de gamins pris en faute, qui cogitent, mutiques, derrière leur masque. Dernière étape, cité Allende. Un jeune homme, désabusé : « Même moi, j’ai 25 ans, je travaille, j’ai un enfant – la police me contrôle. Mais quand ils voient des petits qui se bagarrent, ils ne les séparent même pas. Pour tout le monde, c’est que des Noirs et des Arabes qui se battent entre eux… » Il pleut maintenant sur Allende. La marche prend fin. « On en fera d’autres, dit Nassima. On continuera jusqu’à ce que ça s’arrête. »

(1) Étaient aussi présents Bally Bagayoko, Elisabeth Belin, Madjid Messaoudene, David Proult, Martine Rogeret et Raphaële Serreau.

 


Réactions

quelle belle initiative, les élus et les représentants de la ville aidez nous à mieux vivre, profitez de cet élan d'initiative des citoyens pour en faire un mouvement , que nos enfants ne soient plus dans cette logique de territoire inutile et fratricide, on vous attends Monsieur Le Maire , merci
@algerlablanche Vous allez l'attendre longtemps le maire, il est dans une démarche tout à fait à l'opposé.. Maintenir la paupérisation voir l'accentuer pour que jamais la classe moyenne n'ait l’idée de s'installer à St-Denis et faire basculer la ville lors des prochaines élections
je pense aussi que demain le Maire ne sera pas présent pour soutenir ces femmes mères courageuses, enfin j'espère me tromper, ou peut être le député ? Le JSD sera là moi j'en serai
Abdel toujours aussi positif !!! toujours des affirmations péremptoires ,mensongères et toujours, enfin presque toujours contredites par la réalité. En l'espèce dans ce cas toutes les études démographiques démontre le contraire. Pas de complot ou je ne sais quelle stratégie obscure dans l'ombre du beffroi de la mairie pour dissuader l'arrivée des classes moyennes. Concrètement et simplement il suffit de regarder les programmes immobiliers en accession sur la ville. Abdel quand songerez vous à argumenter sérieusement ?
@Decromatie Je regarde la ville depuis 20ans et il n'y a eut que dégradation et paupérisation.. Si vous soutenez le contraire, alors je vous conseillerai un bon opticien. Même si ces élus avait voulu le faire exprès, il n'aurait pas fait pire, donc c'est soit un complot soit une incompétence comme on ne l'a jamais vu . Dans les 2 cas, dehors, dégagez, laissez nous vivre...
Messaoudene et Bagayoko ont voté contre et rarement abstenu, au conseil municipal toutes les proposition de vidéo-surveillance. Ils participent à toutes les manifestation anti-police, avec des slogans 'la police assassine et jamais les dealeurs assassine. On voit bien le double jeu de cette municipalité qui fait tout pour freiner une sécurisation de la ville avec par exemple le travail en commun police national/police municipal qui se fait quasiment partout avec de très bon résultat et en façade nous explique le contraire. C'est très drôle de voir ces 2 conseiller municipaux manifesté..
Bonjour. @Démocratie. Les quartiers Saussaie Floréal Courtille représentent 10 000 habitants et c'est l'un des quartiers les plus excentrés du centre ville. C'est un lent abandon des élus depuis des années. Les jeunes se sont replié sur eux mêmes. Malgré les rénovations, les nouveaux lampadaires, la situation s’aggravait. Le collège la Courtille était, encore il y a peu, un des pires de la ville et il sortait des gamins sans diplômes livrés à eux mêmes. Ces mêmes gamins volaient à l'extérieur, cassaient au feu rouge, dealaient pour vivre et faire vivre les familles. Tant que cela restaient dans le quartier, cela allait. La ça déborde un peu partout, dans les collèges, lycée, hôpital.... On commence à s'intéressé. La première des choses seraient de désenclaver le quartier avec plus de services publiques: Ca commence vraiment doucement. Après 30 ans, on a un eu désenclavement des quartiers avec une nouvelle ligne de bus. 30 ans... !!!! Et peut être une mairie annexe... Et il serait correcte de ne pas ajouter tous les jours une famille de cas sociaux aux problèmes important du quartier. Quand à la volonté de la municipalité de ne pas vouloir de mixité sociale... C'est juste la réalité. Les élus s'en vantent tous les jours. Les élus souhaitent une ville populaire. En l'espèce pauvre. C'est pas un complot. C'est juste la réalité de la ville. Les statistiques, l'état de l'habitat. Par contre c'est une ville riche...mais pas leurs habitants. Loin de la. PS: Je ne sais pas ce que S. PEU foutait à la manif. Le quartier est l'un des pire de la ville pendant 15 ou 20 ans... et il vient protester contre la violence.
Il fallait vraiment en arriver là? Ces mères débordées,a bout de souffle n'ont trouvé que cette mobilisation pour se faire entendre. Se sont-elles interrogées sur le processus qui a engendré de tels comportements et pour lesquels l'éducation qu'elles auraient du dispenser au sein des familles à manqué cruellement à ces enfants.Mais pas que.....Tous nos quartiers sont à la dérive avec une constante dans les symptômes présentés.Les sonnettes d'alarme n'ont pas fait sortir de leur torpeur idéologique nos élus , bien trop occupés par ailleurs à maintenir leur place et leur rente... Aujourd'hui il y a le feu partout :une jeunesse abandonnée, des parents incapables de colmater les digues, des services publics à bout de souffle et une ville quart-mondisée où le bien vivre ensemble que nous connaissions et aimions a déserté...Reste une ville insécure, sale, très sale,sans attractivité commerciale.Voilà mon triste bilan après 50 ans de vie passée à Saint-Denis.Auguste, Marcellin , qu'ont-ils fait de Saint-Denis ? Réveillez-vous, ils sont devenus fous !
Ces manifestant normalement manifeste contre cette municipalité, qui est au manette depuis des décennies et qui freine toute demande de sécurité de la ville. Sans honte, les élus et conseiller responsable de cette situation manifeste avec les riverains.
@Democratie2 Justement parlons-en des "programmes immobiliers". Pensez-vous qu'en mixant trafiquants de drogue et classe moyenne dans les mêmes quartiers, parfois dans les mêmes immeubles, pensez-vous que la classe moyenne (autrefois appelée classe laborieuse par le PCF mais ça c'était avant) va rester pour que ses enfants soient entraînés dans le trafic de drogue, la violence, ... ?

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