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Domiciliation
/ Une boîte aux lettres pour les sans adresse stable

Le Centre communal d’action sociale de Saint-Denis a modernisé son service de domiciliation. Fini les longues files d’attente en mairie. Les 1 600 bénéficiaires sont désormais prévenus par SMS ou par mail s’ils ont reçu du courrier.
Au service de domiciliation du Centre communal d’action sociale de Saint-Denis
Au service de domiciliation du Centre communal d’action sociale de Saint-Denis

« Du courrier est à votre disposition au Centre communal d’action sociale de Saint-Denis. Merci de venir le récupérer. » Désormais Barry n’a plus à se déplacer au service domiciliation tant qu’il n’a pas reçu ce message sur son téléphone. « Avant, comme on ne savait pas s’ils avaient reçu des lettres pour nous, on était obligé de venir vérifier régulièrement. On perdait du temps. Il y avait beaucoup de monde et il fallait faire la queue longtemps. Et comme il n’y avait pas toujours du courrier à notre attention, on attendait souvent pour rien. » Depuis que le service a été informatisé, Barry a pu économiser beaucoup de déplacements au centre administratif, avec l’assurance aussi de ne plus repartir bredouille.

« C’est vraiment très pratique. Au niveau organisation, ça facilite énormément », explique ce père de deux grands garçons. Avec sa femme et ses enfants, il a dû se faire domicilier au CCAS, le centre d’action sociale de la mairie de Saint-Denis, après l’expulsion de leur logement il y a trois ans. Depuis, il dort « dans la voiture après le boulot », parfois à l’hôtel. « Quand on est hébergé à droite à gauche, c’est compliqué de se faire envoyer du courrier. Au moins, la domiciliation nous permet de garder une adresse stable. C’est un service indispensable », estime-t-il.

 

4 621 personnes domiciliées depuis 2010

 

Comme lui, 1 600 personnes en bénéficient actuellement à Saint-Denis. Ce chiffre lui confère le statut de premier service domiciliataire du département. Il traduit aussi le volontarisme de la Ville dans l’exercice de cette mission, quand d’autres communes la refusent, en dépit de leurs obligations réglementaires. Selon les textes en vigueur – suivis à la lettre à Saint-Denis – pour y prétendre, il faut pouvoir justifier d’un lien avec la Ville (y avoir habité, y avoir de la famille, un travail, des enfants scolarisés, ou un suivi médical par exemple).

Ainsi, depuis l’ouverture en 2010 d’un service dédié, 4 621 personnes sans domicile personnel y ont eu recours à Saint-Denis, nécessitant le traitement et l’archivage d’autant de dossiers. D’aucuns se souviennent de cette époque du « tout papier » où compte tenu de ces flux croissants, le dispositif était saturé. Tout comme l’espace de réception du courrier ouvert au public trois demi-journées par semaine, souvent plein à craquer, avec une file d’attente qui pouvait déborder jusque dans la cage d’escalier. La Ville a donc décidé en 2014 de jouer la carte de l’innovation en informatisant la domiciliation et en devenant, après Paris, le premier CCAS de la région Île-de-France à se doter d’un tel outil.

 

De gros enjeux derrière chaque lettre

 

Après deux années de travail, la mise en place de ce logiciel baptisé « DomVil » – financé par l’État à hauteur de 100 000 euros et pleinement opérationnel depuis cet été – a permis d’améliorer sensiblement le service rendu aux usagers. Ils sont donc informés par mail ou par texto de l’arrivée d’une nouvelle lettre sans avoir à se déplacer. Chacun bénéficie en outre d’une carte individuelle munie d’un code-barres qui permet également un suivi du courrier à la borne de lecture située à l’entrée.

Premier effet visible et non des moindres, la fluidité du service, avec des personnes qui se présentent au guichet au compte-gouttes et qui sont prises en charge sans délai. « Voyez vous-mêmes ! C’en est fini des files d’attente interminables, avec des gens qui sont forcément stressés parce que leur vie est parfois suspendue à la réception d’un courrier super important de la CAF, de la Sécu ou de Pôle Emploi. Pour ces personnes, derrière chaque lettre il y a souvent un très gros enjeu », précise Abdel Mechdal, qui  exerce comme agent d’accueil.

« La domiciliation est le fondement de l’accès aux droits pour les personnes sans domicile stable », a ainsi rappelé le maire Laurent Russier, dans le discours qu’il a prononcé le 28 septembre lors de l’inauguration du logiciel, en présence notamment de la sous-préfète Nicole Isnard, partenaire de la Ville sur ce projet. « La domiciliation leur permet d’avoir accès à des prestations sociales et réglementaires et d’exercer leurs droits civils », a-t-il insisté, en faisant part du souhait de la Ville de « diffuser au maximum l’opportunité constituée par cette innovation », qui doit permettre « à tous les centres communaux d’action sociale du département de satisfaire à leurs obligations légales ».


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