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60 Adada
/ Un tas d’âmes

Anne Céline Penot
Anne Céline Penot

Qu’est-ce que l’âme ? Peut-on la sonder ? Sont-ce nos émotions qui la façonnent ou est-ce au contraire notre âme qui les téléguide toutes ? Et, après tout, que mettons-nous derrière le mot « âme » ? C’est à ces questions existentielles que tentent de répondre dix artistes du 60 Adada à travers l’exposition intimiste États d’âme État d’âmes qui se tiendra jusqu’au 3 décembre à la galerie d’art dionysienne. De la photographie à la gravure, en passant par la peinture et la sculpture, tous ces médiums chercheront à percer le mystère qui entoure cette insaisissable.

« Anima, c’est le souffle de la vie, introduit Anne-Céline Penot qui a chapeauté l’exposition. La société nous accule à ne former qu’un, en supprimant nos particularismes. Elle nous a appris à domestiquer nos états d’âme. La pratique de l’art permet de révéler ce que l’on ignorait sur nous-mêmes. » Alors que les émotions sont circonstancielles, éphémères, les états d’âme comme le défend la peintre, font partie de notre identité propre et perdure dans le temps. « Je suis intimement convaincue que nous sommes liés à là-haut, comme si nous faisions partie d’un tout, d’un état d’âmes. Une nation d’âmes en quelque sorte », renchérit Anne-Céline qui refuse l’idée de « hasard ». Elle expose d’ailleurs une gigantesque toile sur papier craft (notre photo) qu’elle avait réalisée il y a deux ans sans savoir que la femme peinte sur celle-ci, les pieds enracinés et la tête dans le ciel, allait entrer en résonance avec ces croyances qu’elle a récemment développées. « Le but de l’Homme, c’est d’être ancré à la Terre pour pouvoir mieux s’élever spirituellement », lâche-t-elle à voix basse.

Dans sa démarche de questionnement métaphysique elle n’est pas seule. Henri Bokilo et ses photographies d’ombres de lui-même, ses « multiples autres », lui emboîtent le pas. Tout comme les totems d’Olivier Rosenthal, les portraits en pied de Florent Bauche, les encres de Claire Kito, les collages de Claire Audiffret, les installations allégoriques de Liliane Charlemaine et Sarawasti Gramich ainsi que les peintures de Dijana Melvan qui fixe sur la toile la « musique intérieure » émanant de son âme. Tristan Félix, elle, a choisi de décliner neuf rehauts (technique de contraste en gravure) autour de ce thème et a peint de mystérieuses figures fantomatiques qui semblent vouloir entrer en communication. L’art nourrit l’âme, certes, mais de quelle façon ? La réponse se trouve à l’Adada. 


États d’âmeÉtat d’âmes au 60 Adada (60, rue Gabriel-Péri), du mercredi au samedi de 15h à 19h et le dimanche de 11h à 15h. Tél : 01 42 43 72 64. www.60adada.org

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