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/ Un autre monde est possible, selon Oscar Wilde

Le comédien Geoffroy Rondeau porte en scène L'Âme humaine sous le socialisme, adapté d’un texte de l’auteur irlandais Oscar Wilde. L’idée qu’un monde meilleur est à notre portée, mais qu’on ne sait pas l’appréhender…

C'est peu dire que le comédien Geoffroy Rondeau voue une admiration sans borne à Oscar Wilde. Au point d'être à l'origine du prochain spectacle du TGP, L'Âme humaine sous le socialisme, adapté de l'essai politoco-philosophique éponyme de l'auteur irlandais (1854-1900). Extraordinaire comédien d'apparence à la fois délicate et passionnée, à la présence et à la force d'évocation d'une puissance inouïe, Geoffroy Rondeau est bien connu des fidèles du TGP : il a joué dans plusieurs spectacles de Jean Bellorini, dont Tempête sous un crâne, d'après Les Misérables de Victor Hugo, Paroles gelées, d'après Rabelais (que l'on reverra à Saint-Denis en mai), La Bonne âme du Se-Tchouan, de Brecht, ou encore Karamazov, d'après Dostoïevski, où il campe un sublime et torturé Ivan avec un talent rare. On l'a également vu ici dans deux spectacles de Macha Makeïeff, Trissotin ou les Femmes savantes, de Molière, et, récemment, La Fuite ! de Boulgakov. C'est dire si l'homme sait ce que théâtre veut dire. Et c'est pourtant un texte non théâtral qu'il présente ici. « Oscar Wilde est une vraie plume, au langage imagé, rythmé, poétique et musical, ce qui est rare pour un essai, souligne Geoffroy Rondeau. Il crée des images, des sensations, des désirs. Il rend le monde beau », ajoute-t-il.

D'Oscar Wilde, on sait finalement peu même si c'est l'un des auteurs dont on reprend le plus des citations tirées de ses discours, articles, ouvrages. Né à Dublin, élevé par ses parents comme une fille jusqu'à 9 ans, il étudie à Oxford où il se distingue par sa forte et extravagante personnalité. Il s'installe ensuite à Londres où, excentrique, dandy élégant, il devient célèbre dans les milieux artistiques. Marié et père de deux enfants, il affiche son homosexualité dès 1891. Il voyage à Paris où il rencontre André Gide, Stéphane Mallarmé, Pierre Louis, qui deviennent ses amis. Poursuivi, incarcéré dans son pays pour ses écrits et au nom des bonnes mœurs, il meurt à Paris dans la misère et la solitude après avoir écrit de nombreux textes (pièces, essais, livres...). L'Âme humaine sous le socialisme date de 1891, en pleine tourmente occasionnée par l'immoralité supposée des personnages de sa précédente pièce, Portrait de Dorian Gray et par sa double vie. Dans cet essai, Oscar Wilde condamne le capitalisme, rêve d'une société néo-hellénique d'artistes et prône un monde utopique rendu possible grâce à l'utilisation des machines. « L'État fera ce qui est utile. L'individu ce qui est beau », écrit-il.

Porter ce texte à la scène est bien sûr un pari. « Nous voulons susciter l'imaginaire avec les moyens du théâtre, de l'image, de la rencontre, proposer aux spectateurs une expérience à vivre ensemble, annonce Geoffroy Rondeau. Wilde nous questionne sur le monde et sur nous-mêmes, il nous fait bouger. Sa pensée est généreuse, il a la politesse d'être provocateur sans nous faire la leçon. » Ce texte, écrit à la fin du XIXe siècle est à ses yeux terriblement actuel : « Wilde nous fait penser à un monde meilleur et nous donne envie de changer les choses. Qu'est-ce qui nous en empêche ? On a tout en main. L'utopie est réellement à notre portée, et on n'y va pas. C'est pour moi un ratage absurde et nous en sommes responsables. Pourquoi ? », interroge le comédien.

Benoît Lagarrigue

L'Âme humaine sous le socialisme, du 29 janvier au 17 février au TGP (59, boulevard Jules-Guesde, salle Mehmet-Ulusoy), du lundi au samedi à 20 h 30 (sauf samedi 3 février à 18 h), le dimanche à 16 h, relâche le mardi. Durée estimée : 1 h 20. Tarifs : 6 € à 23 €. Réservations : 01 48 13 70 00. www.theatregerardphilipe.com

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