Cultures

Médiation culturelle
/ Trois clés pour ouvrir la culture à tous

Permettre l’accès à la culture au plus grand nombre est un pari que le Théâtre Gérard-Philipe et le cinéma l’Écran s’efforcent de relever. Pour y arriver, trois objectifs : désenclaver, cibler, autonomiser…

Comment permettre au plus grand nombre d’accéder à la culture ? Les grands acteurs culturels de la ville comme le Théâtre Gérard-Philipe, le cinéma art et essai l’Écran, ou même la mairie, ont tous un médiateur chargé de répondre à cette problématique. Même s’il existe autant de formes de médiation culturelle qu’il existe de médiateurs à Saint-Denis, tous ont le devoir de développer des stratégies pour mettre en relation l’ensemble des citoyens et les milieux culturels. Et aussi de s’adapter aux spécificités du territoire sur lequel s’exercent ces stratégies. Au cœur de la problématique : le désenclavement des espaces culturels, tout en ciblant les publics, pour mieux, à terme, les autonomiser. Explications.

Sortir des murs

Qu’il s’agisse d’un théâtre, d’un musée ou encore d’un cinéma, les espaces culturels sont délimités par des murs parfois infranchissables pour un public qui n’est pas familiarisé. La dernière enquête des publics du cinéma l’Écran – réalisée entre octobre 2014 et juin 2015 auprès de 498 personnes – constate que « 50% du corpus Écran fait partie des catégories socio-professionnelles supérieures ». L’enquête poursuit que « les ouvriers sont quasiment absents de ce corpus ». C’est pourquoi « il est nécessaire de désenclaver le cinéma », affirme Aymeric Chouteau, médiateur culturel de la salle art et essai dionysienne. « Notre rôle est de réduire les appréhensions » des potentiels spectateurs poursuit-il.

Pour accomplir cette tâche, les médiateurs culturels doivent « récolter la parole dans les quartiers pour avoir un retour. Les Maisons de quartier ont la confiance des habitants et sont les interlocuteurs privilégiés des médiateurs », argumente Aymeric Chouteau. Dans le jargon, c’est ce qu’on appelle « la médiation en aller-retour » ironise-t-il.

Adapter les actions

Le désenclavement est aussi l’objectif visé par le TGP. Avec son projet de signalétique, le théâtre entend sortir de ses murs. Le projet – débuté à l’automne 2016 et qui devrait être livré en décembre 2018 – vise à indiquer en ville la direction du théâtre pour mieux le valoriser. Et donc attirer de nouveaux publics. Ce projet a été pensé par « des jeunes dionysiens en échec scolaire accompagnés dans leur parcours d’insertion par la mission locale » et sera réalisé par « six nouveaux jeunes de la ville en phase d’insertion professionnelle », précise François Lorin, coordinateur du projet et responsable développement des publics au TGP. Même si l’accent semble bien souvent mis sur les jeunes, ils ne sont pas la cible unique des médiateurs à Saint-Denis. « Tous les publics nous intéressent ! », s’exclame Aymeric Chouteau.

En effet, Amel Dahmani, médiatrice pour le compte de la Ville, met en place des activités pour des publics extrêmement variés. Notamment « des parcours culturels avec des familles dont les enfants rencontrent des difficultés scolaires ou sociales, des partenariats culturels avec les Restos du Cœur ou encore la présentation d’œuvres aux élèves et aux habitants dans l’espace public ou dans des structures spécialisées… », énumère Amel Dahmani. « C’est ultra polyvalent. On ne s’ennuie jamais. Cela demande de s’adapter aux circonstances, aux projets et aux publics », poursuit la médiatrice. Insister sur la diversité des publics est donc le cœur du métier.

Donner envie

Ce travail vise à terme une chose : l’autonomisation des publics dans leur quête de culture. Il s’agit même de la « finalité » de la médiation culturelle explique Aymeric Chouteau. La pièce de théâtre mise en scène par Thierry Thieû Niang et Jean Bellorini et coordonnée par François Lorin a permis à 23 jeunes dionysiens âgés de 9 à 19 ans d’assumer pleinement leur soif de culture. Les 2 et 3 mai derniers, ces jeunes comédiens amateurs se sont remarquablement testés à l’interprétation des Sonnets de William Shakespeare devant une salle comble. Mais aussi comblée de voir ces jeunes s’épanouir sur scène.

C’est en ce sens que la médiation culturelle « est un travail sur le long terme qui n’est jamais terminé », raconte Aymeric Chouteau. Une opinion confirmée par Amel Dahmani pour qui « il n’existe pas de recette miracle. Il y a juste un travail sur la durée, sur notre territoire, qui permet aux habitants d’identifier que nous faisons partie des ressources culturelles sur lesquelles ils peuvent compter ».

Nicolas Keraudren

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