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Festival HAHAHA
/ Tranches de rire à l’Écran

Le cinéma art et essai de Saint-Denis propose pour son édition 2017 des Journées cinématographiques dionysiennes une programmation joyeuse, prompte à solliciter les zygomatiques.
Le Miraculé de Jean-Pierre Mocky sera projeté dans le cadre de l'édition 2017 des  Journées cinématographiques
Le Miraculé de Jean-Pierre Mocky sera projeté dans le cadre de l'édition 2017 des Journées cinématographiques

Interroger la société française à travers le prisme du cinéma, voilà la ligne éditoriale à laquelle s’attachent les Journées cinématographiques dionysienne (JCD) depuis dix-sept ans. Le festival, qui se tiendra au cinéma l’Écran du 22 au 28 février, sollicitera vos zygomatiques grâce à une programmation étoffée, dense et de haute volée. Cette édition 2017 des JCD baptisée HAHAHA, explorera le thème du « rire de résistance ». Après avoir abordé la censure l’an passé, il était temps de restaurer la pellicule pour laisser le rire s’y épancher sans contraintes. « Nous trouvions que le climat actuel et les échéances dans l’agenda politique n’étaient pas des perspectives très joyeuses. La comédie pouvait être le moyen de prendre le contre-pied, raconte Boris Spire, le directeur de l’Écran. C’est un genre très prisé tout en étant ancré dans le réel. » Son acolyte Olivier Pierre, programmateur du festival, abonde dans son sens et pour lui il n’est pas question de parler de sélection « pointue » : « Nous proposons des films expérimentaux tout comme de grands classiques. Cela reflète aussi le travail que fait l’Écran tout au long de l’année. Il y a de vrais choix de programmation, mais on ne fait pas un festival de cinéphiles, on essaie de toucher tous les publics », affirme-t-il. La volonté d’être à la fois exigeant et fédérateur constitue l’ossature et la force des JCD.

Éric Judor et Michel Hazanavicius

La qualité se trouve aussi du côté des personnalités qui prendront part à l’événement. Le réalisateur Jean-Pierre Mocky (lire ci-contre) endossera le costume d’invité d’honneur, Noël Godin – l’Entarteur belge – aura carte blanche, le duo Nicolas & Bruno, auteurs des Messages à caractère informatif, initieront les Dionysiens à l’humour potache qui tache… Et en prime, deux master class organisées avec le comédien Éric Judor et le réalisateur Michel Hazanavicius (interview à retrouver la semaine prochaine) enrichiront cette programmation. Quant au cinéaste et critique Serge Bozon, celui-ci se chargera d’éclairer nos lanternes à travers de multiples projections et la table ronde consacrée à l’humour à la française le 25 février.

Des comédies du monde entier

Un tour du monde du rire sera proposé aux spectateurs, afin de saisir un panorama (non-exhaustif) de la production comique internationale et dans l’esprit du festival. Des États-Unis, avec l’élégant Whit Stillman (22/02), à la Russie d’Otar Iosseliani (24/02), en passant par Israël, avec Roee Rosen (28/02) mais aussi l’Iran, on se gausse de la même manière : avec des sensibilités différentes certes, mais des influences communes qui s’entrelacent. Les JCD proposeront classiques étrangers et films confidentiels, voire totalement inédits en France, avec notamment le long-métrage nippon Ryuzo and the Seven Henchmen. La grande comédie italienne, source inépuisable de crampes abdominales, sera bien entendu à l’honneur ! Sa façon de moquer les paradigmes de l’ordre établi fait la particularité de ce genre qui suscite souvent l’unanimité dans les salles obscures. Elle s’illustrera avec les projections de Au nom du peuple italien de Dino Risi et de Séduite et abandonnée de Pietro Germi. Le documentaire Comment nous avons-mis dans l’embarras le cinéma italien, des Siciliens Franco Maresco et Daniele Cipri, rendra hommage au duo comique Franco et Ciccio, ultra-populaire chez nos voisins transalpins. Enfin, la traditionnelle soirée du samedi mettra à l’honneur Divine, l’égérie travestie de John Waters, surnommé le pape du mauvais goût. Pour clore cette nuit, le film Polyester sera projeté en odorama… Avis aux plus courageux !

« L'humour renforce notre instinct de survie et sauvegarde notre santé d'esprit », disait Charlie Chaplin, dont l’œuvre La Ruée vers l’or sera projetée elle aussi. Rendons-lui hommage, tordons-nous sur les battants des sièges de l’Écran et rions à gorge déployée le temps de cette parenthèse bienvenue. 

Maxime Longuet

Programmation complète sur www.lecranstdenis.org

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