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Nature en ville
/ Tout est permis… ou presque

Officiellement lancée à l’occasion de la Fête des tulipes le week-end dernier, l’initiative La ville est mon jardin (permis de végétaliser) a pour objectif de poursuivre le verdissement de Saint-Denis par des initiatives privées. Pour une nature jusque dans les moindres recoins.
Rue Gibault, un exemple à suivre
Rue Gibault, un exemple à suivre

Si vous voulez avoir un aperçu de ce que pourrait devenir la ville suite à l’introduction du permis de végétaliser, allez vous balader rue Gibault. Dans ce petit axe discret du centre-ville, les rosiers poussent en pleine terre à même le trottoir et grimpent le long des murs. Une touche de vert sur une palette trop gris béton, qui préfigure des ambitions de la Ville de Saint-Denis en la matière. « Nous faisons face à une floraison d’initiatives. On s’est donc simplement inspiré de la réalité du terrain, retient Patrick Vassallo, maire adjoint à la nature en ville. L’idée avec ce permis est de faire en sorte que les choses se fassent correctement. » Et en toute simplicité serait-on tenté d’ajouter, tant la volonté de la municipalité n’est pas de brimer. « On est plus là pour accompagner par de la pédagogie que pour restreindre », poursuit l’élu. Désormais, si vous avez envie fleurir un pied d’arbre, faire courir des plantes sur un mur du domaine public ou investir une jardinière au coin de la rue, il suffit donc d’en faire la demande (1). « Le permis est valable 1 an renouvelable tacitement dans la limite de 4 ans, détaille Delphine Truchet responsable du pôle environnement-développement durable à la ville de Saint-Denis. On peut imaginer plein de choses avec ce dispositif, tout dépendra des demandes. Nous sommes là pour accompagner les habitants. Nous fournissons par exemple une liste de végétaux adaptés pour les aiguiller. Afin de privilégier les variétés locales, peu gourmandes en eau, vivaces, qui fleurissent longtemps et favorisent la biodiversité. »

Une arme de reconquête de l'espace public

Un cadrage nécessaire car planter est une chose, entretenir en est une autre. Et il n’est pas prévu que les équipes des parcs et jardins de Plaine Commune se substituent aux habitants. « Le permis de végétaliser concerne des espaces où nous n’intervenons pas, » confirme Véronique Guyard responsable de l’Unité territoriale parcs et jardins de Saint-Denis. Ne comptez donc pas sur les jardiniers de Plaine Co pour arroser votre massif pendant l’été. Il va falloir s’organiser autrement. Marie Paniez, de l’association Chez Basile (22, rue de la Légion-d’Honneur) qui promeut le jardinage sous toutes ses formes, peut en témoigner. Dionysienne depuis deux ans, elle a pu expérimenter le permis de végétaliser dans le 18e arrondissement de Paris (2). « J’ai cultivé un renfoncement de la place de La Chapelle, où il y avait régulièrement des problèmes de toxicomanie et d’urine. On avait planté des petits arbres dans des grands bacs avec 80 cm de substrat. Ça avait bien fonctionné, mais il faut être deux pour s’en occuper. »

Et Marie Paniez d’attirer l’attention sur les « expériences foireuses qui peuvent décourager ». Delphine Truchet s’y est préparée. « Les six premiers mois vont être les plus difficiles. Les habitants vont sans doute être confrontés à des incivilités mais ensuite si le cap est franchi, le dispositif sera bien intégré dans le quartier. » Et l’objectif d’embellissement de la ville pourrait être atteint. Mais pas seulement. « Si tout le monde s’approprie l’espace public, il se peut qu’il fonctionne mieux », espère Véronique Guyard. Le permis de végétaliser, arme de reconquête, Thérèse Tailly jardinière indépendante (association Thé au jardin, rue Lanne) a pris l’idée au pied de la lettre et a fabriqué des bombes à graines. « J’y ai pensé quand j’ai entendu parler de ce permis. J’ai confectionné des boules de terreau, d’argile, d’eau et de graines (tournesols, cosmos, ancolie, souci, etc.) que j’ai conditionnés dans des petits pochons de wax. On peut les jeter au pied d’un arbre, ou les effriter dans une fissure. Ce sont mes graines. C’est ma part de colibri », dans une ville qui ne manque décidément pas de pollinisateurs bipèdes.

Yann Lalande

(1)   Se connecter à www.plainecommune.fr/permisdevegetaliser ou ville-saint-denis.fr. Remplir le formulaire de demande en présentant son projet. Signer la charte de végétalisation. La faisabilité du projet est étudiée par les services de la Ville. Si le projet est réalisable, le permis (une autorisation temporaire d’utilisation de l’espace public) est envoyé par courrier.

(2)   Une quinzaine de villes en France expérimente ce type de permis.

Réactions

On est passé de 85000 à 120000 habitants. Les élus ont défiguré la ville avec le béton Je me sens mieux en sachant qu'un bout de trottoir est vegetaliser. Youpi
L'espoir fait vivre quand on voit l'état des balcons (ils servent de dépotoirs) et les antennes paraboliques qui fleurissent les immeubles on est loin du compte.

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