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Maisons de l’emploi
/ Touchées mais pas coulées

À l’occasion du débat budgétaire au parlement, le gouvernement a prévu de diviser par deux sa participation au dispositif Maison de l’emploi en 2018, en vue de sa suppression en 2019. Cependant à Saint-Denis le coup ne devrait pas être trop rude.
Gilles Verdure, responsable de l'espace maison de l'emploi de Saint-Denis
Gilles Verdure, responsable de l'espace maison de l'emploi de Saint-Denis

82 millions en 2007, 21 millions en 2017, 12 millions en 2018 et plus rien en 2019. Le débat parlementaire autour de la loi de finance 2018 semble avoir définitivement acté le désengagement de l’État du dispositif Maison de l’emploi, lancé en 2005 par Jean-Louis Borloo. Un désengagement qui pourrait signifier la cessation d’activité de bon nombre des 116 Maisons de l’emploi, mais pas à Plaine Commune. Les neufs espaces du territoire ne devraient pas trop souffrir de la mesure. La raison ? L’établissement public territorial a anticipé de longue date l’abandon de l’État et compte beaucoup sur les fonds européens pour financer ses politiques publiques en matière d’emploi insertion (1). Néanmoins, la coupe budgétaire ne sera pas sans incidence. « C’est environ 150 000 euros en moins en 2018 et 200 000 euros en 2019, estime Richard Gendron, directeur de l’emploi-insertion à Plaine Commune. Ce sont donc potentiellement des actions de formation en moins, comme celles déjà programmées de développeur web ou de maîtres nageurs. »

Gilles Verdure, responsable de l’espace Maison de l’emploi de Saint-Denis va plus loin : « C’est une vision centralisatrice de la politique d’emploi-insertion. Le message est clair : c’est aux collectivités locales de se payer toutes seules un dispositif qui a pourtant fait ses preuves. Et si ces dernières ne veulent pas, ou ne peuvent pas, avoir les moyens de leur ambition, Pôle emploi fera le travail. Mais Pôle emploi répond à une feuille de route nationale alors que les Maisons de l’emploi sont au plus près des habitants (2). » Et surtout, à Pôle emploi, contrairement au refrain entonné par le gouvernement, on a déjà bien du mal à écoper. « Depuis février 2016, l’accueil n’est plus assuré que le matin, témoigne Francine Royon, dionysienne et secrétaire adjointe régionale CGT Pôle emploi. Les salles d’accueil sont pleines à craquer et les conseillers doivent suivre 300 à 400 demandeurs d’emploi chacun. » Autant dire que pour l’accompagnement personnalisé il faudra repasser.

Yann Lalande

(1) 4 millions de fonds européens par an sur les 8 millions de budget.

(2) Au sein de l’espace Maison de l’emploi de Saint-Denis, la mission locale accompagne 2 700 jeunes dionysiens, 1 200 bénéficiaires du RSA sont suivi dans le cadre du projet ville-RSA et 1 500 personnes participent aux actions de formations et d’information.

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