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JOP 2024
/ Tirer son épingle des Jeux

Les Jeux vont-ils remplir les carnets de commandes des entreprises locales et créer des emplois ? La question était sur toutes les lèvres mercredi 13 septembre alors que l’association d’entrepreneurs Plaine Commune Promotion (PCP) fêtait la bonne nouvelle au musée d’art et d’histoire.
Francis Dubrac, président de l'association d'entrepreneurs Plaine Commune promotion, entouré des pongistes de la génération 2024, le 13 septembre
Francis Dubrac, président de l'association d'entrepreneurs Plaine Commune promotion, entouré des pongistes de la génération 2024, le 13 septembre

« 10,7 milliards de retombées économiques et 250 000 emplois créés en Île-de-France. » Telle est la promesse d’Anne Hidalgo (1), la maire de Paris, au lendemain de l’attribution de l’édition 2024 des Jeux olympiques et paralympiques à la capitale française. La carotte est alléchante, mais les appétits sont multiples. Le tissu économique local conscient de l’aubaine, l’est tout autant du risque de voir sa part du gâteau lui filer sous le nez. « Notre priorité est de savoir qui nous sommes et quelles sont nos capacités, avertit Francis Dubrac (président de PCP) au micro. Ce grand recensement que nous allons mener dans les semaines qui viennent est absolument nécessaire, car quand je pense aux Jeux olympiques, je ne pense pas seulement au 1,5 milliard d’euros d’investissement sur le territoire mais aussi à tous les marchés de fourniture et de services qui vont être passés par le comité d’organisation. Nos entreprises doivent pouvoir y répondre. Encore faut-il être organisé. »

Ne pas être naïf

Jean-Yves Cajan, patron de l’entreprise Aedifibat (6 employés, avenue de Stalingrad) et président de la commission Très petites entreprises de PCP, emboîte le pas. « Nous allons nous réunir très vite au sein de la commission avec un seul ordre du jour : comment profiter des Jeux ? Il faut qu’on puisse réserver des marchés publics et privés aux petites et moyennes entreprises locales. Et pour cela il faut allotir les marchés afin qu’ils soient d’une taille suffisamment modeste pour que nous puissions y répondre. L’argent des Jeux resterait alors sur place. Il ne faut pas être naïf et nous serons vigilants. » Pour les avoir côtoyé de l’intérieur, Imed Aïssa, patron de GTP (9 employés, avenue Wilson), se montre moins inquiet de la concurrence des grands groupes. « Avec le surplus d’activité engendré par les Jeux, nous allons revenir à la situation d’avant la crise de 2007. Les carnets de commande des grandes entreprises seront pleins et ils ne vont plus venir marcher sur nos plates-bandes. Je suis confiant. » Pour mémoire, selon la Sebrae (équivalent de la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises), lors des derniers Jeux de Rio, 2 300 PME et TPE avaient signé un contrat avec le comité d’organisation, pour un montant de 100 millions d’euros de commandes et 26 000 emplois créés. Pour la Seine Saint-Denis le challenge est clair : faire encore mieux.

Yann Lalande

(1) Cette dernière s’appuie sur une enquête du Centre de droit et d’économie du sport de Limoges. 

Réactions

un tremplin qu'ils avaient besoin d'urgence pour ce projet du "grand Paris" ainsi que pour l'image d'une capitale qui peut remplacer Londres pour le business après le brexit...et grâce à ces JO ils ne se feront pas bloquer par des règles habituelles; l'excuse est parfaite le tout financer par les contribuables et leurs enfants, j'espère que beaucoup s'indigneront et se battront contre ça, à commencer par des journalistes car bien sûr que la mafia habituelle va être aux décisions et passer par dessus les appels d'offres, détourner l'argent public, etc !
Bonjour @Yann Lalande En lisant vos dernières lignes, on pourrait supposer que les jeux de Rio ont été un succès. Peut être pour les entreprises mais un fiasco monumentale pour les finances publiques qui ont auront des conséquences pour des années pour la population. Alors je sais que F. DUBRAC est un obligé de la municipalité mais il ne faut pas oublier qu'il fait parti du MEDEF (proche de ceux qui sont pour la casse du code du travail).

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