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Reportage
/ Suger le jour d’après les gardes à vue

Devant le lycée Suger, jeudi 9 mars.
Devant le lycée Suger, jeudi 9 mars.

Jeudi 9 mars, de 8 heures à 9 heures, tout est calme devant le lycée Suger, mais rien n’est habituel. Des véhicules de police vont et viennent, des policiers à cheval font le tour du pâté de maisons, les élèves ne savent pas sur quel pied danser : entrer au lycée ou pas. Des parents sont présents devant les grilles, des mères de famille surtout, venues demander des explications à la direction suite aux gardes à vue après des actes de violence dans l’établissement. Pourquoi avoir fait sortir les élèves dans la rue et ne pas les avoir gardés à l’intérieur ? Pourquoi l’avoir fait dans des conditions non maîtrisées ? Pourquoi avoir coupé l’alarme incendie alors que des départs de feu ont eu lieu ? Voilà en substance les questions posées par les parents qui veulent être reçus par la proviseure. Dans un communiqué, le maire de Saint-Denis s'interroge également.

Les « darones », comme elles se désignent elles-mêmes, montrent aux journalistes des vidéos des arrestations policières musclées, intervenues la veille, et dénoncent le traitement réservé à leurs enfants pendant parfois une trentaine d’heures de garde à vue. L’un des 55 lycéens arrêtés dit s’être fait traiter de « fils de chien » au commissariat et avoir assisté à des matraquages en règle. Le témoignage ne s’arrête là : un de ses copains lui demande « de ne pas parler à la télé, ni aux journaux », signe d’un rejet profond de ceux qui incarnent aux yeux de certains jeunes un système qu’ils exècrent sans nuance.

Vers 10h20, la situation est sur le point de dégénérer : dans des rues adjacentes, la police arrête un lycéen en possession de cocktails Molotov, ainsi que trois étudiants de Paris 8, interpellés pour « dégradation » suite à des graffitis contre les violences policières. Quelques adultes, aidés par les élus Stéphane Peu et Cherifa Zidane, parviennent à convaincre les lycéens de rester sur l’esplanade de l’établissement, de ne pas s’attrouper face à quatre policiers à cheval, puis de rentrer dans la cour du lycée. Une femme, pleurant de rage, implore : « S’il-vous-plaît rentrez dans la cour du lycée. J’ai quitté mon travail pour vous, je n’ai pas dormi de la nuit. On est épuisés. Il ne faut plus qu’il y ait d’autres violences. On est là pour se battre ensemble. »

En début d'après-midi, sept jeunes filles ont été arrêtées aux abords du lycée Bartholdi et placées en garde à vue après avoir jeté des projectiles contre cet établissement.

Après cette semaine particulièrement violente et mouvementée, une réunion rassemblant élus de la Ville, parents d'élèves, équipes enseignantes et directions de l'ensemble des établissements est prévue lundi midi à la Bourse du travail.


Réactions

Toujours la même chose, on change de maire mais c'est toujours la faute de l'état, en l'occurrence l'administration du lycée. Sinon rien sur les lycéens casseurs, dont certains du lycée Suger, qui ont dévastés le lycée, le mobilier urbain, lancé des cocktail molotov et autres projectiles contre les forces de l'ordre. Marine Le Pen vous remercie de faire sa campagne électorale !
@Horta Oui mais quand on interroge l'état représenté par leur championne Najat Belkacem, celle-ci répond que c'est de la faute de Fillon et Marine Le pen.???? Ils font leur manigance électorale sur le dos des habitants et renvoie la faute aux personnes diabolisé par tous les médias et qui n'a que rarement un droit de réponse.

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