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Profs, élèves et parents de Suger devant la mairie, vendredi 9 septembre 2016
Profs, élèves et parents de Suger devant la mairie, vendredi 9 septembre 2016

Quatrième jour de grève au lycée Suger. Vendredi 9 septembre, une trentaine de personnels ont voté pour reconduire jusqu’à lundi 12 inclus la grève déclenchée suite à l’agression d’un surveillant l’après-midi même de la rentrée. Les membres de l’équipe pédagogique et d’encadrement n’ont pas reçu de nouvelles de l’administration, malgré la promesse que leur avait faite mercredi l’inspection académique de leur répondre dans un délai de 24h.

« Nous avons appris par voie de presse que l’académie voulait faire un audit ! C’est une manière de dire que le problème, ce n’est pas le sous-effectif des surveillants, mais la manière dont on s’organise », s’indigne un enseignant. 

Les personnels ont chiffré précisément leurs revendications : ils exigent 15 temps plein d’assistants d’éducation. Il n’y a en a que 9 aujourd'hui, et seulement 7,5 affectés à la surveillance physique de ce vaste établissement qui compte deux bâtiments distincts abritant près de 1300 élèves.

« Le constat, on l’a déjà posé, on a fait les choses comme il faut, en passant par la voie hiérarchique », rappelle une professeure d’histoire. « En 2015, un peu après la rentrée si je me souviens bien, on avait remis un courrier à l’inspecteur de vie scolaire. On donnait les chiffres, et on soulignait déjà le sous-effectif qui créait des problèmes en termes de sécurité. » L’administration a-t-elle réagi à cette alerte ? « On n’en a jamais entendu parler… »

Aujourd’hui, après l’agression du surveillant — il a reçu quinze jours d’ITT — le ras-le-bol s’exprime par ce mouvement de grève d’une intensité inédite dans l’histoire de l’établissement. Depuis lundi après-midi, aucun élève n’a eu cours.

Du reste, ces derniers se sont associés aux revendications des adultes. Une délégation d’élèves juge « inconcevable d'accepter d'aller en cours dans la peur », dans un communiqué destiné à la presse.  « Les agressions au lycée sont si fréquentes et ignorées des hautes instances de l'éducation qu'elles sont devenues banales aux yeux de certains élèves », continuent-ils. « Il nous paraît donc légitime et nécessaire d'exiger de la sécurité, à travers la demande d'une augmentation de l'effectif des surveillants. »

Des élèves de première et de terminale se sont joints, vendredi matin, à l’initiative décidée en assemblée générale d’aller faire signer une pétition autour du marché de Saint-Denis. Des parents d’élèves se sont également associés à cette démarche.

De leur côté, les étudiants du BTS (Suger est lycée de métiers en audiovisuel) ont pris l’initiative d’aller manifester à l'académie après l’assemblée générale. « Une conseillère est venue nous parler pour essayer de nous faire partir », raconte Alexis, en deuxième année de BTS. « Mais elle n’est pas sortie de la langue de bois, à mon sens jamais elle n’a essayé d’établir un véritable dialogue ». Rentrées à Saint-Denis en fin de matinée, les étudiants ont déployé des banderoles au croisement des rues Péri et de la République : « Plus de pion sur l’échiquier », proclame l’une d’elles.

« Pour les gens du rectorat, le problème est à l’extérieur du lycée », déplore Clément, étudiant en première année. « On a voulu leur montrer des vidéos pour faire voir que ça a s'est passé aussi à l’intérieur de l’établissement, mais ça ne les intéressait pas… »

Un élève a été identifié parmi les auteurs de l’agression, qui a eu lieu en partie dans le hall d’entrée, selon plusieurs témoignages. Un enseignant confirme cette volonté de l’institution d’entretenir une distinction nette entre l’intérieur et l’extérieur : « L’administration dit : ‘ça vient de l’extérieur, ça relève de la police’. Mais la vérité c’est qu’à Suger, l’extérieur et l’intérieur sont toujours mêlés… Cette frontière, cette séparation bien tranchée, c’est commode pour l’institution, mais ça ne reflète pas la réalité du lycée et du quartier. »

Dans l’attente d’une réponse satisfaisante, la communauté scolaire du lycée Suger a décidé de prolonger son mouvement au-delà du week-end. Lundi 9, une semaine après l’agression — cinq jours après leur entrevue restée sans suite avec la direction académique —,  ils iront manifester à Paris devant le ministère de l’Education nationale.


Pour en savoir plus: 

Réactions

C'est curieux, mais depuis 4 jours que ce lycée est en grève, je n'ai pas encore entendu la municipalité ou le maire (PCF) de Saint-Denis exprimer publiquement un quelconque soutien à la revendication des enseignants et élèves
dommage de n'avoir pas accès à cette pétition. Je suis à Grenoble et mon fils en 1ère année BTS audiovisuel à Suger. La sécurité de nos enfants n'est pas prise au sérieux et le mépris de la part du rectorat est manifeste.
Mais ils sont où les bonnets d'ânes???? ça ne les interesse pas, pourtant ils ont une partie de leur réponse au manque de profs à St-Denis, les profs fuient cette ville, et ceux qui s'attache à la ville n'ont aucun soutien de la municipalité et encore moins de leur associations, peut-ont encore les appeler association, tellement elles sont politisé et téleguidé par la mairie.

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