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Cette fois c’est sûr, SFR quitte son siège de la Plaine Saint-Denis, quatre ans seulement après l’avoir inauguré. 300 premiers salariés du géant français des télécommunications ont fait leurs cartons début octobre. Les derniers seront partis au troisième trimestre 2018.
Dans moins d'un an tous les salariés de SFR auront quitté le campus de la Plaine
Dans moins d'un an tous les salariés de SFR auront quitté le campus de la Plaine

Décembre 2013, SFR présente fièrement son nouveau siège de la Plaine Saint-Denis à grand renfort de communication. Octobre 2017, à l’issue d’un plan de départ volontaire concernant 5 000 personnes (1/3 des effectifs nationaux), le groupe SFR-Numéricable, dirigé désormais par Patrick Drahi, quitte Saint-Denis à la cloche de bois, sans même avoir pris la peine d’officialiser la nouvelle. Ainsi va la vie du capitalisme financier qui fait fi des hommes et des territoires. Une économie qui ne tourne pas rond mais face à laquelle une grande partie des salariés rencontrés vendredi 13 octobre à l’heure de la pause déjeuner semblent résignés. « On ne peut plus lier son destin à celui de sa boîte, » résume un ancien, qui dans huit jours en aura terminé avec SFR. Lié son destin à celui de SFR c’est pourtant le choix qu’avait fait ce représentant syndical qui siège au CHSCT. « J’ai acheté un appartement à Saint-Denis en 2015 pour être à 15 minutes en trottinette de mon lieu de travail. Mais la vérité c’est que les salariés de la Plaine s’intègrent peu ou difficilement à la ville. » Rocham, 17 ans de maison fait exception à la règle. « A la différence de beaucoup de mes collègues qui sont presque soulagés de partir, ça ne m’avait pas fait peur de venir à Saint-Denis en 2013 et ça m’embête un peu de devoir partir. J’aimais bien le coin, j’ai des amis ici et je venais depuis Suresnes faire du basket le dimanche. Maintenant que voulez-vous qu’on fasse ? » De fait, si l’on en croit notre membre du CHSCT, même les syndicats ont plutôt été accommodants. « Les conditions du Plan de départ volontaire étaient plutôt bonnes. Ils n’ont pas eu trop de difficulté à trouver les 5 000 volontaires. Ceux qui restent, ce sont vraiment ceux qui n’ont pas le choix. Par contre ils vont connaître d’autres conditions de travail dans le nouveau siège. Avec la mise en place notamment du Flex office (pas de bureau fixe). L’idée de l’actionnaire est de se recentrer sur des choses simples, réalisables par n’importe qui, afin notamment de baisser la masse salariale. » Plus besoin donc d’un siège de 134 000 m2 pour 8 000 salariés quand ils ne sont plus que 5 000. D’où l’idée de regrouper au Quadrans (Paris 15e) SFR-Numéricable et les activités média d’Altice (société mère de SFR) sur 86 000 m2 de surface. Avec l’avantage de payer son loyer…à une autre filiale d’Altice propriétaire des lieux.

Le commerce local victime collatérale

Un actionnaire sûr de sa stratégie. Des salariés démobilisés. Il faut donc traverser le trottoir pour rencontrer les dindons de cette farce entrepreneuriale. Chez Luc Kas, boulangerie artisanale (7 salariés) on teste les fours en vue de l’ouverture le 1er novembre. En jeu : un investissement de 700 000 euros. Autant dire que le patron « espère vivement que les choses ne vont pas traîner pour trouver un repreneur. » Un peu plus loin dans la rue, Laurent Boisneault, gérant du restaurant le Mezzo, l’a carrément mauvaise : « Tout le monde est inquiet. Pas sûr que j’aurais signé il y a trois ans si j’avais su ça. » Son voisin Raymond Bayram de la brasserie Le Rameau (9 salariés) se désole  ui de voir désormais son établissement réservé pour les pots de départ de clients qu’il a difficilement conquis. « Dans ces campus, tout est fait pour que les salariés ne sortent pas. Mais quand on fait bien son travail on arrive à les faire venir et à les fidéliser. Sur nos 100 couverts quotidiens, SFR c’est 50 %. Les six prochains mois vont être décisif pour nous. On ne sait pas notamment si les salariés de la SNCF qui arriveront dans la tranche 2 du campus auront le même temps disponible et le même pouvoir d’achat que ceux de SFR. »

Les élus blessés

D’ici à l’été 2018, la tranche 2 du campus (60 000 m2), déjà partiellement occupée par la SNCF, accueillera en effet 3 200 cheminots supplémentaires. En revanche les 74 000 m2 restant doivent encore trouver preneur. « Les propriétaires du site, ont des prospects, rassure Didier Paillard, vice-président de Plaine Commune au développement économique. Il n’empêche que ce déménagement reste de l’ordre d’une blessure et nous laisse un goût amer. Pour nous, élus locaux, il devient difficile de bâtir une ville avec des entreprises qui zappent aussi rapidement. » Au point de réinterroger la politique de développement économique qui a fait de la Plaine Saint-Denis le deuxième quartier d’affaire d’Ile-de-France ? « Je dirais que ça nous conforte dans notre volonté de ne pas mettre tous nos œufs dans le seul panier du tertiaire et de développer l’offre de locaux d’activité, corrige l’ancien maire de Saint-Denis. Nous devons encore faire plus dans ce domaine. » Engagé par un bail jusqu’en 2026, SFR est motivé financièrement à retrouver rapidement un repreneur et l’espoir est donc permis de ne pas voir s’ajouter des milliers de m2 de bureaux à une liste déjà longue de locaux vacants. Jusqu’à quand ? Telle est désormais la question en matière d’immobilier d’entreprise.

Yann Lalande

Réactions

Décembre 2013, (Les élus de Saint-Denis et Plaine Commune)présentent fièrement leur nouvelle (folie) de la Plaine Saint-Denis à grand renfort de communication. Octobre 2017, (...), le groupe SFR-Numéricable(...), quitte Saint-Denis (...). Ainsi va la vie d’un (urbanisme mégalomane) qui fait fi des hommes et des territoires. » (...) Le commerce local victime collatérale (...). (Le commerce local, qui fait cruellement défaut et peine à se developer dans le quartier du fait d’une politique particulièrement peu ambitieuse des élus et de l’aménageur n’en sera pas bouleversé. Ainsi, les élus qui ont encouragé SFR à construire un immeuble comprenant ses propres commerces privés (monop, starbucks, Paul, etc, en plus d’un RIE) ne s’inquiètent guère de la fréquentation des rares commerces et restaurants aux alentours, tant ceux ci sont bondés faute d’offre. Les élus se félicitent qu’une très peu probable baisse de fréquentation encourage les restaurateurs à mettre en adéquation leurs cartes avec leurs prix, ou inversement. Les élus regrettent de ne pas avoir imposé des Rez-de-chaussée exclusivement commerciaux, après avoir découvert avec surprise que la SEM qu’ils pilotent ait été contrainte de trancher entre une pizzeria et un casino shop au pied de la HAS.) Les élus blessés (...). (Ils réfléchissent donc à mettre un terme à cette immense cicatrice urbaine qu’ils ont créé qu’est le Campus SFR privant de fait toute continuité urbaine entre la Plaine et le Centre-Ville). En revanche les 74 000 m2 restant doivent encore trouver preneur. « Les propriétaires du site, ont des prospects, rassure Didier Paillard, vice-président de Plaine Commune au développement économique. Il n’empêche que ce déménagement reste de l’ordre d’une blessure et nous laisse un goût amer. Pour nous, élus locaux, il devient difficile de bâtir une ville (mégalopole, ndlr) avec des entreprises qui zappent aussi rapidement. » (SNCF occupe dans le quartier bien plus de m’être carrés que le Campus SFR, mais dans une somme d’immeuble à taille humaine, ndlr) Au point de réinterroger la politique de développement économique qui a fait de la Plaine Saint-Denis le deuxième quartier d’affaire d’Ile-de-France ? « Je dirais que ça nous conforte dans notre volonté de ne pas mettre tous nos œufs dans le seul panier du tertiaire et de développer l’offre de locaux d’activité, corrige l’ancien maire de Saint-Denis. Nous devons encore faire plus dans ce domaine. » (après avoir balayé d’un revers de la main le rapport du commissaire enquêteur sur le PLU, et encouragé le concours « inventons la métropole, à quelques pas de là, ndlr) Engagé par un bail jusqu’en 2026, SFR est motivé financièrement à retrouver rapidement un repreneur et l’espoir est donc permis de ne pas voir s’ajouter des milliers de m2 de bureaux à une liste déjà longue de locaux vacants. (D’où l’occtroi de permis de construire nouveaux par la municipalité, le Curve, le Moods, Pop Up, Smart maker, etc, ndlr) Jusqu’à quand ? Telle est désormais la question en matière d’immobilier d’entreprise. (Et en terme de mandats de communicants, ndlr) @ la rédaction du JSD, ex direction de la communication de Plaine Commune, je vous cède tous les droits sur la correction de votre article qui comprenait quelques omissions, impréssisions ou erreurs. (Et vous prie de m’excuser pour les fautes que je tente de chasser)
Est-ce que l'immobilier d'entreprise en nombre a encore une once de pertinence lorsque nous sommes déjà dans le temps, du télé-travail et de l'automatisation ? Le tertiaire vs le plateau de Saclay qui lui vit bien, avec son pôle d'excellence dans les Sciences et la Recherche... dans un lieu plus sécure bien entendu. Tous ces immeubles constituent, la future grande friche tertiaire après celle qui fut industrielle. Où ça ? baaah à Saint-Denis pardis ! L'histoire nous parle encore , la preuve ! mais certain semble ne pas la connaître. Le temps a changé d'ère...et ces même personnes déjà aux commandes dans les années 70' avec pour seul force un BEP en poche et pour unique métier celui de la politique, c'est inquiétant. Car ils nous préparent encore un énième avenir qui fait "pchiiit" de plus en plus vite et sans ambage. "L"espoir est un pays dont on ne revient pas indemne" Mais qu'en pense M. Stiegler de ces prospectives déjà vieillotes ? puis : je cite : « A la différence de beaucoup de mes collègues qui sont presque soulagés de partir,[...]" ça fait peur pourquoi dit-il cela ? d'autant que M. Paillard fut Maire pendant 12 années pour installer la Ville de Saint-Denis dans l'innovation et la créativité; à Nouveau siècle même papis de la politique ?!! y'a que le résultat qui parle. ici il nous laisse sans voix et l'envie de quitter un navire à la dérive.
Merci à Messieurs Paillard et Braouezec de s'être acoquiné avec la fine fleur du capitalisme français pour leur offrir à vil prix des terrains à foison à un prix dérisoire pour que les entreprises du CAC40 puisse gagner un maximum d'argent sur le dos de leurs employés, au détriment de leur conditions de travail (temps de transport supplémentaire, bunkérisation des entreprises pour échapper à la délinquance record sévissant à Saint-Denis, agressions lors des parcours vers les stations de RER, ...). Et tout cela pour quoi ? Pas un seul dionysien n'y a trouvé un travail stable et les tonnes de CO2 des voitures dans les embouteillages monstres ce sont ajoutées aux tonnes de béton déversés sur Saint-Denis !
Bonjour. Les élus blessés?? Ils n'étaient pas blessés lors de l'inauguration??? La politique de tous bétons associés à des entreprises les moins accomodantes sur les conditions de travail. C'est tout à fait la logique macroniste de P. BRAOUEZEC. Il a beau prendre sa carte au PCF, il reste pour ma part le contributeur de masses laborieuses au service des grands groupes. Il n'a jamais voulu que les conditions de vie des habitants s'améliore. Et la réponse favorite de notre champion "C'est partout pareil". Qu'il sorte un peu de sa tour d'ivoire. Ps: les chartes vantées par nos élus ne sont absolument pas contraignantes. Donc peu d'habitants travaille dans la nouvelle défense.

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