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/ Relogement du laboratoire de police scientifique de Paris à Saint-Denis

Nom ou initiales: 
Syndicat National Indépendant des Personnels Administratifs, Techniques et Scientifiques

En réaction à l'article du JSD du 20 février 2018 concernant le chantier de construction du nouveau commissariat de Saint-Denis et d'un laboratoire de police scientifique, le SNIPAT souhaite apporter les précisions suivantes en opposition avec les propos rapportés.

Tout d'abord, il ne s'agit pas pour l'INPS de 180 policiers supplémentaires: le laboratoire est constitué de personnels scientifiques, administratifs et techniques n'ayant ni formation, ni vocation au maintien de l'ordre. Ce déménagement n'apportera aucune présence policière supplémentaire par rapport au commissariat et prétendre le contraire expose le personnel à des risques qu'il redoute depuis l'annonce du caractère définitif il y a 2 ans déjà et pour lesquels nous n'avons à ce jour aucune garantie de sécurité. Les chiffres de l'observatoire national de la délinquance invitent à s'inquiéter de la croissance dans le département et dans la ville des crimes et délits de nature sexuelle et des violences envers les personnes dépositaires de l'autorité publique.
Contrairement à ce qu'affirme la Préfecture de Police, la réticence est forte, car aucune consultation directe du personnel n'a eu lieu lors des concertations pour ce projet, qui est presque le 30e évoqué pour le relogement du laboratoire depuis plus de 10 ans, et aucune prise en charge, aide, ou mesure d'incitation n'existent à ce jour. Des personnels travaillant aujourd'hui dans des locaux à la limite de l'insalubre préféreraient rester sur place que de rejoindre ce nouveau laboratoire. Pour la majorité des personnels du laboratoire, ce projet représente une "trahison". Comme l'explique l'article du Parisien en date du 4 mars 2018 "Saint-Denis aura son nouveau commissariat en 2019", le projet de construction du laboratoire sur ce site n'a servi que de caution budgétaire à la construction d'un nouveau commissariat - au mépris du personnel et de la cohérence fonctionnelle. En effet, une large partie des effectifs habite le sud et l'est de l'Ile-de-France et verra soit sa vie de famille, soit sa carrière sacrifiée à ce projet ; les services de police d'Ile-de-France feront les frais de la difficulté à rejoindre le site pour déposer leurs dossiers.
Les préoccupations des riverains pour le stationnement peuvent à ce titre être légitimes: de nombreux agents, pour ceux qui resteront à cette affectation, vont envisager l'utilisation de leur véhicule personnel devant l'augmentation drastique de leur temps de trajet et les conditions de transports exécrables de la ligne 13. Les 110 places de parking évoquées dans l'article ne concernent que les quelques 230 agents du commissariat. Le laboratoire ne disposera, lui, que d'une quarantaine de places, diminuées des emplacements réservés, pour 180 agents. L'espace public risque d'être fortement sollicité, à contrecœur. L'agrandissement des parkings en sous-sol est écarté en raison de la présence d'imposantes canalisations dont le déplacement couterait plusieurs millions d'euros à la ville. Par ailleurs, la localisation dans un quartier à 95% résidentiel et dépourvu de structures de restauration pousse à l'utilisation de véhicules.
Les interactions directes entre le cabinet d'architectes et le laboratoire ont été fortement empêchées par la Préfecture de Police. Précisons pourtant dans les faits, ce sont bien les agents du laboratoire qui ont rapporté avec insistance la nécessité de nombreux changements techniques dans les plans initiaux, observations réalisées en plus de leur travail habituel.

La ville se voit gagnante en image, le ministère se débarrasse négligemment d'un problème qu'il ne sait gérer depuis 15 ans et la Préfecture de Police se gargarise de la gestion d'un projet immobilier important. Dans les faits, les cordons de la bourses sont extrêmement serrés pour répondre aux problématiques techniques et sécuritaires que posent un laboratoire de police scientifique.

Droit de réponse

Réactions

L'article d'origine concerné est disponible à cette adresse:
http://www.lejsd.com/content/la-police-prendra-ses-nouveaux-quartiers-en...

Bonjour
On avait cru que c'était le deal du siècle... mais comme d'habitude, nos élus oublient rapidement qu'il y a des humains dans le béton qu'ils installent.
Autant je suis pour le nouveau commissariat, mais je suis contre les méthodes brutales et comptables de l'administration....
Je ne suis pas sur que L. Russier les pousseraient à manifester lui qui est si prompt à dénoncer l'état.

Je comprends les réticences, concernant les transports, le parking, la restauration et l'unilatéralité du projet, et même la délinquance (alors justement que les parents et personels de Paul-Eluard manifestent contre la violence !), mais quand des Parigots arrivent en disant : "on veut pas s'installer à Saint-Denis, on pourrait se faire violer"... ça la fiche mal quand même ! Oui ça change de la Cité (c'est un autre genre de cité, en somme...), mais c'est pas non plus une zone de guerre, hein !
Les Parisiens qui débarquent à Saint-Denis comme ils débarqueraient à Mossoul ou Bagdad, ça me blase un peu quand même...

Bonjour.
@Luna coupe
Ce que le syndicat dénonce, c'est la brutalité de la décision sans prendre en compte la qualité de vie des agents.
Habitant le sud de Paris et de l'ile de France, ils pas envie de faire le fameux pendulaire (formule si cher à P. BRAOUEZEC) ni même habiter la ville.
Saint Denis n'est pas une zone de guerre soit. Mais c'est pas une ville ou il fait bon vivre. C'est plutôt le contraire.
Je vous rappelle les conseils municipaux ou l'échec de la gestion urbaine de proximité, des nombreuses difficultés, n'incitent pas à l'installation pérenne de familles.

Pendant que d'autres villes n'acceptent pas l'inacceptable, Saint Denis et ses élus se complaisent dans des vieilles rengaines d'un autre temps (combats, révolution, etc...).

Les élus sont devenus des notables, voir des seigneurs, et les habitants doivent accepter sans broncher leurs décisions de technocrates. La démocratie ne fonctionne plus. Et Saint Denis en est le parfait exemple.

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