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46e édition
/ Quinzaine Saint-Denis solidaire et antiraciste 2018

Nom ou initiales: 
Jean Bellanger

Chers amis journalistes du JSD … et autre média
Quand en 1972 avec Maurice Manuel, 1er adjoint communiste de la ville, nous avons lancé : « Saint-Denis solidarité international du 22 octobre au 5 novembre 1972 », la guerre d’Algérie venait de finir et continuait à laisser des traces… C’est comme en ce moment les relents de colonialisme vis-à-vis des réfugiés et de l’étranger, « sans droits », hébergé chez des marchands de sommeil ou dans des foyers… Là les sociétés gestionnaires et les pouvoirs publics ont bien du mal à accepter, même, le droit de vote pour désigner leurs délégués…
Saint Denis n’a pas à rougir de cette relance de chaque année qui semble fatiguer certains y compris des journalistes qui ont d’autres informations ou d’autres publicités à produire pour accrocher leurs électeurs… Au risque d’apparaître « vieux jeu », je suis pour conserver et enrichir de telles pratiques qui font « tradition », non pas pour refaire dans le vieux monde mais pour valoriser et corriger ce qui doit l’être comme, le colonialisme, le mépris de l’autre et l’entre soi…
Je trouve que le JSD gagnerait à faire moins de « publicité payée » ou de textes du genre « service commandé ». Journalistes, vous devriez prendre plus de liberté dans vos commentaires. C’est le moment ou jamais de faire la différence avec les média et les députés « caudillos » macronistes qui parlent comme leur maître… La Quinzaine antiraciste et solidaire dans ses différents sujets invite le spectateur, l’auditeur, à participer…
Avec l’équipe de la Quinzaine nous avons choisi : « Résister c’est Exister », ce n’est pas un éditorial neutre il exprime la résistance. Résister aux sociétés gestionnaires dans les foyers, aux patrons mafieux, aux marchands de sommeil. Pour les étudiants résister quand ils veulent choisir leurs propres voies.
Pour ma part je trouve que les Marches de solidarités qui auront lieux et auxquelles adhère le collectif de la Quinzaine méritent d’être mises en relief pour vos lecteurs. Le 21 mars on rendra compte de la lutte de Mumia Abu-Jamal, le 22 ce sera l’Écran avec « On se la raconte ». À Folies d’encre on valorisera Patrick Chamoiseau avec les « Poèmes Frères-migrants ». Avec Passerelles extramuros on connaîtra le travail qu’ils et qu’elles font pour que les immigrés, les réfugiés, les étrangers s’expriment et qu’ils parlent de leurs droits ou de l’absence de leurs droits. Qui connaît le travail admirable des formations de délégués qui apprennent à s’exprimer, à connaître leurs droits, à ne pas rester des « soumis », en se dégageant de l’emprise de « l’indigénat » ? L’immigré est souvent celui qui prend la parole seulement quand on le lui demande. Sa vocation n’est-elle pas de « passer » son chemin ? « Il n’a pas vocation à devenir citoyen universel »… Il obtiendra tout juste un droit rabougri, toléré le « droit des étrangers ». Pourquoi n’a-t-il pas le même droit que les autres ? Et pourquoi ne pas voir leurs civilisations, leurs coutumes plus anciennes que les nôtres ? L’État français proposait avant même la privatisation de ADOMA qu’il n’y ait plus de salles communes polyvalentes pour se réunir… Pas seulement pour prier ou veiller nos morts mais des salles pour apprendre, pour communiquer, pour échanger…
À Saint-Denis quelle chance nous avons, avec la décentralisation du centre-ville, deux foyers rejetés hors les murs comme des bannis se trouvent au centre de quartiers, certains habitants en ont peur alors que les délégués des foyers et résidences sociales demandent l’ouverture avec des salles polyvalentes qui serviraient aussi aux besoins de tout le quartier. Au foyer Adoma Pinel il y a de la place pour faire des jardins partagés de même à l’ADEF d’Epinay et Adoma Pierrefitte mais l’habitude est de ne pas se fréquenter pourtant il y a des expériences réussies, où des enfants et des enseignants communiquent avec les chibanis sur les histoires du pays d’origine, des dessins se font et s’échangent d’un pays à l’autre…
Des matériels informatiques permettent d’échanger avec les villages de Mauritanie, du Mali, du Sénégal de la Gambie. EVTC avec la CGT et certains comités d’entreprises ont donné des ordinateurs … la communication est établie entre la France métropolitaine et les territoires africains, il est temps que nous changions de modèle de civilisation, faisons le avant qu’il nous soit imposé. Vivons à l’échelle du monde plus humain et plus universel. C’est nous qui devons apprendre à vivre en partageant… Nous devons devenir des citoyens universels.
Ce n’est pas scandaleux que les résidents et leurs délégués demandent des clefs personnelles pour entrer dans leurs chambres et recevoir qui ils veulent. Au jardin Haguette on se prépare à ensemencer des légumes africains peut-être des fruits mexicains. Diane, notre ingénieure agronome des jardins partagés Haguette, y pense fort et ce que femme veut… Dieu le veut. N’est-ce pas ?
Terminons par où nous devions commencer « le 17 mars 2018 » à 13 h les organisateurs et organisatrices de « Saint Denis solidaire et anti raciste 2018 » participeront à la marche des solidarités, car le racisme d’État tue et nous en avons conscience… Mais pas tous… C’est pour cela qu’existe la 46e Quinzaine Saint-Denis Solidaire et antiraciste.
Jean Bellanger

Contribution personnelle influencée par le collectif de la Quinzaine Saint-Denis solidaire et antiraciste 2018

46e édition

Réactions

Petit rectificatif : Ce n'est pas Maurice Manuel mais Maurice Manoël ...

Vous décrivez un temps où la CGT faisait vraiment du syndicalisme ouvrier et un temps où le PCF avait un véritable électorat ouvrier ...

Mais vous écrivez bien avec beaucoup de nostalgie et cela a été pour moi un plaisir de vous lire ...

Je découvre, et je trouverais cela presque sympathique si je ne voyais pas les manoeuvres politiciennes resurgir comme au bon (?) vieux temps du communisme triomphant ! L'antiracisme n'appartient certainement pas à l'extrême gauche, il n'est ni de gauche ni de droite. Il est inscrit dans l'histoire de la République depuis les philosophes des Lumières et la première abolition de l'esclavage. Il est présent aujourd'hui dans nos institutions et nos lois. Et permettez-moi de vous dire que vous voir reprendre ce slogan stupide du prétendu "racisme d'Etat" me révulse !

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