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Solidarité Migrants Wilson
/ Quand des habitants assurent les missions de l’État

Mobilisé aux côtés des réfugiés depuis plusieurs mois, le collectif de citoyens a organisé vendredi 2 juin un rassemblement pour appeler à la mise en place d’un plan d’urgence.
Repas solidaire avec les réfugiés ce vendredi 2 juin à la Porte de la Chapelle.
Repas solidaire avec les réfugiés ce vendredi 2 juin à la Porte de la Chapelle.

« Est-ce une politique délibérée que de laisser les gens mourir de faim ? »Si Clarisse Bouthier en arrive à poser ouvertement la question, c’est que cela fait des mois qu’avec d’autres riverains de Saint-Denis, ces voisins se relaient chaque jour et se débattent avec les intimidations des autorités pour pouvoir organiser un réseau de solidarité autour des réfugiés. Prenant de leur temps et de leurs économies pour distribuer quotidiennement et par tous les temps des petits-déjeuners, mais aussi des couvertures, des vêtements et autres conseils juridiques afin d’assurer la survie de plusieurs centaines de migrants qui, faute d’être pris en charge par les pouvoirs publics, errent aux abords du centre humanitaire de La Chapelle et dorment à la rue, dans le dénuement le plus total.

Un formidable élan citoyen pour suppléer aux désengagements de l’État qui « se défausse ainsi sur de simples particuliers de son devoir d’assistance et de ses obligations légales », mais qui atteint aujourd’hui ses limites. « Dans les semaines à venir, avec l’été, les vacances et l’afflux prévisible de réfugié.e.s, les actions citoyennes n’y suffiront plus et les drames ne pourront être évités si les pouvoirs publics ne prennent pas de mesures conséquentes », alerte ainsi le collectif Solidarité Migrants Wilson dans une lettre ouverte adressée au président de la République et à ses ministres, aux élus du territoire et aux futurs députés pour exiger la prise en charge des migrants « dans le respect de la dignité et des droits humains », « l’application réelle du droit d’asile » ou encore « l’abrogation du délit de solidarité ».

Pour porter ces revendications « de manière unie et conviviale », interpeller les politiques et l’opinion publique, un rassemblement était organisé à l’appel de ce collectif dionysien vendredi 2 juin de 18 h à minuit devant le centre de La Chapelle (Voir aussi notre reportage en image). Défiant l’impressionnant barrage de police qui rendait particulièrement difficile l’accès à cette manifestation, plusieurs centaines de personnes, dont beaucoup d’anonymes, de nombreux militants associatifs de la Cimade, du MRAP, du DAL, du Gisti ou encore les artistes de la compagnie Jolie Môme, mais « trop peu » de représentants politiques au goût des organisateurs (1) sont venus témoigner de leur soutien en participant au repas solidaire préparé et partagé pour l’occasion avec les réfugiés. Parmi eux, plusieurs ont accepté de prendre la parole pour évoquer au micro, à l’aide de traducteurs, leur périple depuis l’Afghanistan, la Somalie ou le Soudan et raconter les situations de guerre et de misère qui les ont poussés à fuir, les tirs essuyés en Iran, les lâchers de chiens en Bulgarie et tous les amis qu’ils ont vu mourir en chemin.

Et dire aussi leur souffrance de se voir à l’arrivée être ainsi traités par l’État français, qui les laisse sans abri et sans nourriture et qui envoie sa police prendre les couvertures et les réveiller la nuit pour les chasser du trottoir où ils sont obligés de dormir. « Rendre visible et redonner leur dignité à ceux dont on nie l’existence », c’était aussi l’un des objectifs affichés de cette soirée revendicative autant que festive, comme pouvait en attester la présence du chanteur HK, venu spécialement du Sud-Ouest avec « les copains de la compagnie Balafon » ambiancer la soirée avec plusieurs de ses titres engagés, et ainsi témoigner « son respect infini à tous ses habitants mobilisés aux côtés des réfugiés depuis des mois ».


(1) Etaient notamment présents les élus dionysiens Sylvia Capanema, Philippe Caro et Suzanna De la Fuente, ainsi que Cathy Billard, Éric Coquerel, Dina Deffairi-Saissac, Frédéric Durand, Laurent Servières. 

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