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Sud Education 93
/ Poursuites judiciaires et vitres brisées

Le syndicat vient de subir les attaques du ministre de l'Education et un acte de vandalisme contre ses locaux à Saint-Denis.
Une vitre brisée au local de Solidaires 93, à la bourse du travail de Saint-Denis.
Une vitre brisée au local de Solidaires 93, à la bourse du travail de Saint-Denis.

Suite à l’annonce d’un stage de formation intitulé « Au croisement des oppressions : où en est-on de l’antiracisme à l’école ?», organisé par SUD Education 93, les 18 et 19 décembre, à la bourse du travail de Saint-Denis, le ministre de l’Education nationale, Jean-Marie Blanquer, a dénoncé sur Twitter « le projet d’une réunion syndicale triant les membres sur la base de leur origine. » En cause : la tenue de deux ateliers (sur neuf) en « non-mixité ».

Le ministre a annoncé sa volonté de poursuivre en justice le syndicat pour avoir parlé de « racisme d’Etat. » La LICRA s'est jointe à ces protestations en dénonçant une initiative visant « l’affaiblissement de tout ce qui, de près ou de loin, renvoie à notre universalisme et à la laïcité. »

SUD Education 93 a reçu en réponse le soutien de la plupart des autres fédérations représentatives de l'éducation (CGT éduc'action, FNEC-FP-FO, CNT-FTE, CNT-SO) qui, « quelle que soit leur appréciation sur divers aspects du stage organisé par SUD éducation 93, dénoncent l’intervention du Ministre de l’éducation nationale sur le contenu d’une formation syndicale et réaffirment leur attachement aux libertés syndicales. »

Dans une tribune publiée sur Libération.fr le 24 novembre, un ensemble d’intellectuels, d’enseignants et militants, « stupéfaits de cette atteinte grave aux libertés syndicales comme de la tournure que prend le débat public virant littéralement au lynchage avec beaucoup d’amalgames, d’approximations, voire de mensonges », exige l’abandon des poursuites contre SUD Education : « Cette médiatisation a des conséquences pour les militant·es de ce syndicat qui subissent depuis plusieurs jours menaces, injures, calomnies émanant de l’extrême droite. »

Mardi 28 novembre, à la bourse du travail de Saint-Denis, rue Génin, les vitres du local de Solidaires 93 ont été brisées. Le syndicat, dans un communiqué publié le soir même, a dénoncé « un acte lâche et malveillant qui intervient dans un contexte marqué par des attaques violentes contre le syndicat SUD éducation 93, membre de notre union départementale, menées notamment par l'extrême-droite et le gouvernement ». Solidaires 93 y réitère « sa solidarité » avec ses camarades de Sud éducation : « L'accusation de racisme à leur égard est ridicule et volontairement malveillante. Nous ne nous laisserons pas impressionner par les agressions et les tentatives d’intimidation. »