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Solidarité migrants Wilson
/ Petits-déjeuners, grands cœurs

Tous les matins sans exception, depuis novembre 2016, les Dionysiens du collectif Solidarité migrants Wilson offrent petits déjeuners et chaleur humaine aux réfugiés pour pallier l’inaction de l’État.
Vendredi 10 novembre, le collectif distribue comme chaque matin plusieurs centaines de petits-déjeuners à la Porte de la Chapelle.
Vendredi 10 novembre, le collectif distribue comme chaque matin plusieurs centaines de petits-déjeuners à la Porte de la Chapelle.

Il est 10h ce vendredi 10 novembre. Sur cette place exposée aux vents, toute proche de la Porte de La Chapelle, comme chaque matin, la distribution commence. Boissons chaudes, tartines de confiture, quelques vêtements et conseils en tout genre sont servis à des migrants épuisés et grelottants, dont certains ne sont encore que des enfants.

Cela fait un an que des habitants de Saint-Denis et d’ailleurs viennent ainsi en aide aux réfugiés et aux mineurs isolés étrangers, laissés pour compte par l’État. Refoulés du centre de transit de la Chapelle, constamment saturé depuis son ouverture le 10 novembre 2016, ceux qu’on appelle communément « les migrants » sont chaque jour des centaines, parfois des milliers, à errer et à dormir dans la rue dans le dénuement le plus total.

Il y a un an justement, c’est à Saint-Denis, sur le terre-plein central de l’avenue Wilson, qu’un campement à rallonge s’était formé. Des demandeurs d’asile s’y étaient regroupés, contraints d’attendre, parfois plusieurs semaines, que les portes du centre daignent s’ouvrir. Aux premières loges, des habitants du quartier, saisis par cette détresse autant que par le mépris des lois et de la dignité humaine.

Aucune mesure n’étant prise pour assurer la simple survie de ces gens qui ont fui la misère et la guerre, Karima, Jean-Jacques, Clarisse et d’autres ont décidé, après avoir déposé les enfants à l’école, d’aller leur porter un petit-déjeuner. Cette initiative, ils ont entrepris de la reconduire chaque matin, vacances et week-end compris, prenant de leurs temps et de leurs économies pour offrir le minimum vital à ces personnes privées de tout.

Autour de cette action, une spectaculaire chaîne de solidarité s’est alors formée, avec toute la logistique et la chaleur humaine que cela implique.Le Collectif Solidarité Wilson, c’est devenu son nom, ouvre une page facebook pour appeler au bénévolat, organiser ses collectes, ses plannings de présences et ses distributions. Et pour rendre compte aussi, chaque jour, ce que c’est de suppléer au désengagement de l’État. De subir les intimidations de la police aussi, qui n’hésite plus à saisir les tentes, confisquer les couvertures, mettre des grilles et poser des pierres pour dissuader les migrants de s’installer. Tout cela, le collectif l’a dénoncé et médiatisé à coups de photos, de témoignages et de communiqués.

Refusant que les pouvoirs publics se défaussent de leurs obligations légales sur de simples citoyens, ils ont écrit des lettres ouvertes, interpellé la presse, posé des revendications, organisé des rassemblements. Tout en continuant chaque jour d’accomplir l’impossible. Car après l’expulsion des tentes, ces voisins solidaires ont dû délocaliser leurs petits-déjeuners Porte de La Chapelle. Se levant aux aurores pour chauffer des dizaines de litres de boissons, récupérer les invendus auprès de boulangeries partenaires et transporter leurs thermos XXL.

Depuis cet été, ils ont obtenu de la Mairie de Paris un local pour pouvoir stocker la nourriture. Quand on les a retrouvés vendredi, ils étaient justement en pleine préparation. Arrivant parfois de loin pour chauffer 75 litres de boissons et tartiner l’équivalent de cinq cageots de pain. « Ça fait 25 pots de confitures, précise Valérie, qui vient chaque semaine de Nogent-le-Perreux pour prêter main forte. Je fais ce trajet pour aller bosser, je peux bien le faire pour la solidarité. »

Heureusement, ils sont nombreux, Parisiens ou Provinciaux et même touristes étrangers, à avoir rejoint l’élan citoyen noué autour du collectif dionysien. Cette force collective, ils ont fait le calcul, ça fait au bas mot cinquante heures de bénévolat quotidien, l’équivalent de douze temps plein. Un travail éprouvant et titanesque, qu’ils se sentent obligés d’abattre, parce que, disent-ils « on ne peut pas laisser les gens mourir de faim »

 


Pour les rejoindre ou les soutenir : page Facebook Solidarité migrants Wilson. Une cagnotte est aussi ouverte sur www.lepotcommun.fr/pot/tusyjrwc

Voir par ailleurs le reportage en image  de notre photographe.

Réactions

super sublime initiative dans ce monde froid individualiste merci pour eux

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