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Dans les lycées
/ Pas de répit pour les élèves sans-papiers

À l’approche des vacances, des profs de Bartholdi lancent un appel pour épauler les élèves sans-papiers, les protéger d’une expulsion et préparer pour eux la rentrée.
En octobre 2014, manifestation de lycéens de Bartholdi pour Moussa, élève sans-papiers.
En octobre 2014, manifestation de lycéens de Bartholdi pour Moussa, élève sans-papiers.

Protégés jusqu’à leurs 18 ans des rigueurs de la loi sur les étrangers, combien sont-ils que leur majorité expose au risque d’une expulsion du territoire ? Dans les établissements où ils sont scolarisés, les enseignants les plus préoccupés par leur sort l’ignorent eux-mêmes. Ainsi à Bartholdi, lycée d’enseignement professionnel, où une poignée de professeurs sont mobilisés depuis septembre pour épauler les élèves sans-papiers. « On s’est retrouvé à cinq ou six, raconte Sarah Gaubert. Le plus gros du travail a été de réagir aux cas d’OQTF (obligation de quitter le territoire français). »

Mais début juin, lors de leur bilan de fin d’année, c’est un tel constat de fatigue et d’impuissance face à « la détresse » de « certains de nos élèves et de leurs familles » qu’un appel est lancé auprès des collègues du territoire pour une rencontre le 12 juin à la bourse du travail. Il en ressortira d’abord cette urgence de « pallier les dangers de l’été », saison où les jeunes isolés, quand ils sont livrés à eux-mêmes encourent tous les risques, dont celui d’être expulsés. « Il y a ainsi un élève originaire d’Algérie qui a passé l’été 2017 à la rue », se souvient Sarah.

"Même les cas régularisables ne le sont plus."

Autre priorité, préparer au mieux la rentrée avec un « travail de fond pour sensibiliser les collègues ». Au lycée Paul-Éluard, où « une dizaine de profs » se font les relais de RESF (Réseau Éducation sans frontières), « on tient une permanence par semaine sur le temps des repas », explique Jérôme Martin, qui déplore lui aussi combien les blocages de l’administration préfectorale les laissent démunis. Depuis mars 2017, les demandes de régularisation ne sont plus déposées au guichet au terme de longues files d’attente. Elles sont conditionnées au préalable par une prise de rendez-vous sur le site de la préfecture mais « à des tranches horaires limitées à 20 minutes par semaine, déplore Sarah. Aujourd’hui, même les cas régularisables ne le sont plus. On ne veut plus régulariser ! ». « On n’a même plus de trace écrite négative sur laquelle s’appuyer pour un recours », renchérit Jérôme. « Le fait d’être sans-papiers a des répercussions terribles, observe Sarah. En général, ils cumulent toute une chaîne de difficultés qui leur prend tout leur temps et toute leur énergie. Des problèmes financiers, la peur d’être expulsé…. » Et un sentiment de « honte » dans lequel ils peuvent rester murés. Mais une fois le bac en poche, comment peuvent-ils envisager des études supérieures s’ils doivent se heurter à ce nouveau filtre qu’est Parcousup? La question taraude les profs.

Mail RESF : resf93@gmail.com Numéro d’urgence : 06 65 75 17 42. 

Réactions

Le palier, c'est ce qui permet de se reposer entre deux étages....Le verbe pallier (du latin pallium) prend deux L et est transitif: on pallie un problème, un danger. On ne "palie pas aux dangers". Même le correcteur d'orthographe le souligne!!!
Merci de cette vigilance orthographique. Nous avons corrigé cette erreur qu'en effet nous n'aurions pas dû laisser passer.

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