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Dans les bars-restaurants devant la basilique
/ Pas de café en terrasse l'après-midi

Depuis plusieurs mois, plusieurs bars-restaurants devant la basilique ne servent plus de café en terrasse l'après-midi.
Depuis plusieurs mois, plusieurs bars-restaurants devant la basilique ne servent plus de café en terrasse l'après-midi.

Si vous avez envie de prendre un café en terrasse l’après-midi près de la basilique, vous êtes priés d’aller ailleurs. En effet, la majorité des restaurants et brasseries de la rue de la Boulangerie, entre la médiathèque Centre-ville et l’hôtel de ville, refusent de servir l’expresso. Cet été, une lectrice du JSD nous a prévenus de la pratique. À part le Khédive situé juste en face de la mairie, le refus de vente est devenu monnaie courante l’après-midi dans tous les autres commerces.

Jeune mère de famille, Isabelle (1) est une habituée de ces terrasses. Au printemps dernier, alors qu’elle veut commander un petit noir au restaurant-bar les Arts, le serveur refuse. « Je me suis énervée. Et comme on me connaît, on m’a servi discrètement ma tasse dans un coin », raconte-t-elle. En juin, en journée vers 17 h, elle connaît la même expérience mais cette fois-ci au Basilic. « C’était la goutte qui fait déborder le vase. On s’est clairement fâché. Et à force de s’énerver et de parlementer, on nous a proposé le café mais pas en terrasse », continue-t-elle. Son mari s’agace que le restaurateur fasse selon la tête du client. « On est parti. On a essayé aux Mets du Roy et au Soleil d’or, c’était pareil. Ils ont refusé. On leur a dit que c’était interdit, on nous a ri au nez. »

Que dit la loi ? Selon le code de la consommation (article L122-1), le refus de vente est illégal, sauf exception, comme par exemple pour un mineur qui veut commander de l’alcool. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes stipule formellement que les cafetiers n’ont pas le droit de refuser de servir un simple café en terrasse.

« On s'est tous mis d'accord »

Selon plusieurs témoignages, la pratique a commencé aux Arts en 2017 avant que les autres établissements suivent au fur et à mesure cette année. Après plusieurs tests, entre mercredi 5 et vendredi 7 septembre, le JSD a pu constater que la pratique était répandue, même si elle n’est pas généralisée. La Table Ronde nous a servi par exemple le kawa à deux reprises. Aux Arts, l’employé a refusé: « Ce sont les consignes qu’on m’a données. On sert le matin. On ne le fait plus à partir de midi, ou seulement après un repas. » Les Mets du Roy nous ont servis une première fois, pas la deuxième. « Je ne fais plus de café, annonce le serveur. C’est pour éviter que les gens restent attablés pendant des heures avec un seul café.» Puis, il ajoute: «On s’est tous mis d’accord pour arrêter le café à une certaine heure. Mon voisin arrête par exemple à 15h. Nous, c’est 16h. En ce qui nous concerne, on le fait depuis juillet [2018].»

Au Basilic, l’un des responsables assume la pratique. « On sert toujours le café. C’est possible le matin en terrasse, mais l’après-midi c’est à l’intérieur. Je suis restaurateur, pas cafetier. J’ai une petite terrasse. Le midi, je dois vendre des repas, pas des cafés. » Il explique qu’il a eu des problèmes avec des clients. « Certains prennent un café et squattent la table pendant une heure, voire deux. Au lieu de perdre mon temps à parler, j’ai décidé de ne plus en vendre en terrasse », lâche-t-il, catégorique.

Le mari d’Isabelle n’est pas convaincu par cet argument: « À midi, je comprends qu’ils ne servent pas de café. Mais à 16 h, les clients ne déjeunent plus. Il y a des tables libres.» Pour lui, les commerçants préfèrent vendre de l’alcool ou des boissons fraîches, plus rentables. « Mais à 2 euros le café, j’ai du mal à accepter qu’on puisse me le refuser. » 

Aziz Oguz

(1) Le prénom a été changé

Réactions

Un café puis attablé pendant des heures je comprends l'angoisse des bars/restaurants ..
Bonjour. Un début de gentrification...?? Je pense que les restos et bars ont eu assez d'une clientèle qui zone et qui n'a pas les moyens de consommer plus qu'un café. D'ou le besoin de mixité sociale dans une ville... La ville populaire tel que l'entends la majorité municipale a atteint ces limites... Beaucoup d'habitants n'acceptent plus la situation tiers-mondiste de la ville.
Bonjour Azzedine, Pour information, les lecteurs qui nous ont prévenu sont des mères et des pères de famille, outrés de ne pas pouvoir consommer un café en terrasse. Par ailleurs, en regardant les réactions sur nos réseaux sociaux, il y a plus de femmes que d'hommes qui réagissent à cette pratique qui est illégale. Il me semble que ces lecteurs appartiennent à la classe moyenne. Ils n'ont pas non plus forcément les moyens (ou l'envie) de consommer plus qu'un café, comme cette « clientèle qui zone » comme vous le dîtes. Bien cordialement, Aziz Oguz
Bonjour @Aziz.Oguz. Je ne doute pas l'illégalité de cette mesure. Je m’interroge sur les causes qui ont pousser les bars et restaurants à agir de la sorte. Concernant ceux qui se sont manifesté, ce sont effectivement les personnes qui ont la capacité de réagir. Ceux qui zonent et qui ne sont pas servit change juste de café et ne peuvent réagir car ils ne sont pas dans la vie communale. J'avais un prof de français qui disait "Ceux qui manifestent et qui réagissent sont des personnes qui possèdent. Ceux qui n'ont rien se taisent". Avez vous vu une manif de sdf ou de sans papiers...??
@Azzedine, c'est assez rare pour être souligné mais je suis d'accord avec votre dernier commentaire. Justement, au JSD, on donne la parole aux habitants et on essaye d'aller voir les « dominés ». Et sinon, oui, j'ai déjà vu des manifestations de sans-papiers et de précaires. Bonne journée à vous, AO
Bonjour Azzedine. À ce que je saches ces bars n'ont pas assez de cette clientèle populaire qui zone à boire excessivement au comptoir ou en terrasse des ballons de vins et des demis à peine plus chers qu'un café. Cette centrifugation n'est point dérangeante pour eux. Et cette clientèle ci n'est pas plus élevée socialement...loin de là !
Bonjour, le refus de vente est illégal donc les autorités compétentes doivent faire appliquer la loi, il n'y a vraiment pas lieu de tergiverser des heures sur qui et pourquoi. Bonne journée.
@Azzedine, il me semble que vos propos sont un peu contradictoires, mais peut-être n'ai-je pas bien compris le sens de votre message : approuvez-vous cette mesure parce cette "clientèle qui zone" vous dérange ou souhaitez-vous au contraire soutenir ces "sans-voix" qui n'ont d'autre choix que de passer leur chemin ? Si les "personnes qui possèdent" manifestent et que leur action sert également à "ceux qui n'ont rien", alors tant mieux ! Non ?
Moi j'approuve cette décision. ..il y a de quoi être révoltés tant que restaurateurs ... Certains prennent ont considérés ces terrasses pour des solariums cet été! !! Un café et on squatte! !!!
Félicitons la lucidité des cafetiers nous vous soutenons ! pour l'exercice de votre pragmatisme et de votre devoir de réalité !!! ce que les gens de la Mairie et consors pseudo militants ne peuvent comprendre car un commerce ne vit pas de subventions et des recettes des Taxes communales et intercommunales. Je m'étonne (et ne décolère pas) sur le fait qu'aucun des cafetiers de Saint-Denis ne servent les Bières des TROIS BRASSEURS DYONISIENS et DONC ARTISANALES ET LOCALES ! - La Brasserie du Grand Paris - La Brasserie FROG - et - la Brasserie La Barge - Allez soutenons le commerce de notre Centre-ville ghetto, l'emploi et l'attractivité.touristiques. Puis les zonards ont leur café pour squatter il est juste en face de la Mairie, regardez parterre il n' y a que leurs déchets : gobelets en plastique, leur papier de sucre et leur touillettes qui jonchent le sol... De plus ici la Loi a bon dos car à la Gare elle ne s'applique toujours pas alors que c'est autrement plus inacceptable et scandaleux intoxication des habitants, contrebande finançant in fine le terrorisme et pollution assassine !
Bonjour. @Isabelle. Je n'approuve pas cette mesure mais je peux la comprendre. Les restaurateurs sont confrontés au quotidien à des gens qui squattent la terrasse avec un café. Avec le risque que le café ou le bars se transforme en "café à mec" même si je n'apprécie pas cette expression. Mon propos est tout autre. Ce qui me dérange, c'est de ne trouver QUE cette population qui squatte. Je souhaite plus de mixité. Des squatteurs, des bobos, des alcoolos, des gens qui bosse. Un lieu de passage ou toutes les populations puissent se retrouver. Ce qui n'est pas le cas à Saint Denis à part qques bars. Un exemple, les cafés au barrage.... Je n'y mettrais jamais les pieds. Que les habituées qui restent longtemps. Ça zone toute la journée. Parce qu'il n'y a pas d'autres endroits ou aller.... Et c'est cela qui est dramatique. Et s'il ne sont plus servit. Ils iront dans un autre endroit ou ils seront acceptés.
Je me pose la question. La mesure est-elle illégale ? Y a-t-il discrimination ou refus de vente ? La mesure n'est pas "contre une certaine population" mais elle est générale. Les juristes, s'il y en a, peuvent-ils nous éclairer ? Merci
Il va de soit que le pouvoir d'achat de la clientèle qui fréquentent les bars/restaurants du centre ville de ST DENIS n'est pas le même que celui des clients qui fréquentent les bars et restaurants des champs Élysées ou des quartiers branchés de la capitale. Toutefois les patrons des bars/restaurants dionysiens (dont j'en connais quelques uns) se plaignent d'un changement de consommation depuis ces 10 dernières années liée à une clientèle de plus en plus indigente fréquentant le centre ville . Pour terminer le rapport de force actuelle «cafetiers/clientèle indigente», Il y aura nécessité de trouver un compromis afin d'éviter d'un coté une ségrégation sociale et de l'autre une ghettoïsation socio-culturelle du centre ville. La solution serait de limiter la consommation du petit noir peu profitable aux cafetiers en fonction de la fréquentation aux heures du repas du midi ou des soirées «after job» d'une clientèle plus aisée. Toutefois la ghettoïsation socio-culturelle des bars est bien démarrée depuis quelques années liée à une classe moyenne conformiste renonçant de plus en plus à un vivre ensemble avec une population indigente en développement constant dans les rues du centre ville. Seuls les bobos survivent dans cet environnement mortifère. J'en profite pour soulever un autre loup , pour pallier la baisse de leur chiffre d'affaire, certains cafetiers commencent à faire payer les consommations autre que le petit noir en fonction du faciès socio-culturel du client (je l'ai vécu à mes dépends). Ces cafetiers ont d'ailleurs retiré l'abaque des prix à la consommation sur la devanture de leur bars. Palliatif: Je conseille alors aux internautes du JSD de demander la carte des boissons avant de consommer.

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