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Festival hors les murs
/ Pas d’âge pour être mélomane

Les écoliers de la primaire Taos-Amrouche ont reçu, dans le cadre d’un projet pédagogique proposé par le Festival de Saint-Denis, Romain Leleu et son Ensemble Convergences. Les petits ont pu profiter d’un concert de musiques des films de Chaplin et de classiques du jazz.

Deux mille écoliers ont assisté aux concerts conçus spécialement pour eux. Cela fait des années que le Festival de Saint-Denis développe ce concept dédié aux scolaires sur tout le territoire de Plaine Commune et de ses environs. Cette année, c’est au tour de Romain Leleu et de son Ensemble Convergences en résidence au Festival de se prêter à l’exercice. Composé des violonistes Guillaume Antonini et Manuel Doutrelant, de l’altiste Claudine Legras, du violoncelliste Julien Decoin et du contrebassiste Philippe Blard, le quintet qui accompagnait le soliste a donné une série de concerts à Saint-Denis la semaine dernière. D’abord à la salle de la Légion d’honneur lundi 13 mars, puis à la Maison des Sciences de l’Homme le lendemain, ils ont ensuite posé leurs instruments jeudi 16 mars à l’école primaire Taos-Amrouche à la Plaine pour y interpréter notamment des musiques des films de Charlie Chaplin, autour duquel un projet pédagogique proposé par le Festival s’était construit.

À Taos-Amrouche, le fameux air de La danse des petits pains de La Ruée vers l’or a introduit le concert, un medley tiré des musiques de L’Émigrant et le célèbre Smile des Temps modernes ont tenu en haleine les élèves qui ont accompagné certains passages de leurs petites mains, spontanément. « Je préfère qu’ils manifestent leurs émotions », avoue Romain Leleu. N’en déplaisent aux puristes, ici, la musique se vit, elle n’est pas statique. Les Feux de la Rampe, musique pour laquelle Charlie Chaplin a reçu l’un des seuls oscars de sa carrière, a bercé le jeune public avant de le solliciter à nouveau sur le titre Summertime, masterpiece du compositeur jazz Georges Gershwin, le classique Over the Rainbow et le très dansant America tirée de West Side Story.

Les ateliers de sensibilisation réalisés en amont depuis plusieurs semaines ont porté leurs fruits. La foule de petits spectateurs s’est emparée de la parole qui lui était accordée en fin de concert. « Comment vous portez la contrebasse ? » « Ce n’est pas si lourd. » ; « Pourquoi vous avez la tête toute rouge ? » « À cause du souffle ! » Certains se font plus techniques : « Vous n’avez joué que des croches ? » « Pas seulement, mais en majorité oui. » Bien vu. « Pourquoi vous utilisez plusieurs trompettes ? » « Pour avoir des sonorités différentes. » Amener une musique dans des territoires où elle n’aurait, a priori, aucun écho est un pari audacieux et nécessaire. « Je me rends compte que les gamins n’ont pas accès à la musique, et ce, partout en France. Pourtant, les enfants ont un réel intérêt pour elle. Grâce à ce genre d’initiative, il y a des mécanismes intellectuels qui se mettent en place et qui influent sur les résultats scolaires, ça a été prouvé, affirme Romain Leleu, qui est aussi professeur au conservatoire à rayonnement régional 93 La Courneuve-Aubervilliers.

Le virtuose trompettiste et ses cinq compagnons d’archet donneront un concert le 14 mai au parc Georges-Valbon (La Courneuve) où ils présenteront un programme musical « itinérant » entre les pays de l’Est et les États-Unis. De Bartok à Bernstein il n y’a parfois qu’un piston. Un deuxième concert se tiendra le 18 mai au gymnase Jesse Owens de Villetaneuse avec un répertoire aux sonorités sud-américaines.

Le Festival de Saint-Denis propose aussi aux habitants de Saint-Denis deux rendez-vous exceptionnels avec deux musiciens prodigieux. Le premier aura lieu jeudi 23 mars au théâtre de la Belle Étoile avec l’ensemble La Tempête, fondé par Simon-Pierre Bestion, qui proposera le concert Bach the minimalist. Une exploration musicale et spatiale entre des répertoires a priori hermétiques, de Bach à John Adams. Le second concert découverte aura lieu, dans le cadre du festival Métis, le samedi 25 mars à la Maison de quartier Floréal et accueillera les percussions orientales de Keyvan Cheimirani qui répondra aux flûtes traditionnelles bretonnes de Sylvain Barou.

Maxime Longuet

Concerts jeudi 23 mars au théâtre de la Belle-étoile (14, allée Saint-Just) et samedi 25 mars  à la Maison de quartier Floréal (3, promenade de la Basilique). Entrée libre sur réservation : reservations@festival-saint-denis.com et au 01 48 13 06 07.

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