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Violences envers les femmes
/ Paris 8 en explore toutes les facettes

Depuis mars 2015, le diplôme universitaire sur les violences envers les femmes attire à Paris 8 des stagiaires venus de toute la France. Un bilan en a été tiré auprès de la troisième promotion, lors d’une rencontre avec le président du conseil départemental co-organisateur et co-financeur.
Une affiche réalisée par des enfants pour la campagne "Jeunes contre le sexisme", à l'initiative du département.
Une affiche réalisée par des enfants pour la campagne "Jeunes contre le sexisme", à l'initiative du département.

Sur les bancs de l’université Paris 8, où elles se retrouvent deux jours par mois, il y a Françoise, assistante sociale à Saint-Malo, Viviane, sage-femme près de Grenoble, Isabelle, conseillère conjugale et familiale à Bayonne… Touraine, région PACA, Île-de-France, elles sont 27, dont deux hommes, qui arrivent d’un peu partout dans l’Hexagone pour suivre auprès d’enseignants chercheurs et de professionnels la formation du premier diplôme d’université (DU) sur les violences faites aux femmes. Instaurée en mars 2015 à l’initiative de Paris 8 et de l’Observatoire des violences envers les femmes du département de Seine-Saint-Denis, cette formation de niveau bac plus 3 est dispensée sur un an. Et parce qu’elle accueille depuis mars sa troisième promotion, le moment était venu d’un « bilan intermédiaire » comme le dira Ernestine Ronai, responsable de l’Observatoire et coordinatrice du DU au côté du magistrat Édouard Durand. Le vendredi 16 juin, elle était donc accompagnée de la présidente de Paris 8, Annick Allaigre, et du président du Conseil départemental, Stéphane Troussel pour évaluer auprès des stagiaires les besoins, attentes, satisfactions…

Une réalité souvent ignorée

« On n’a sur ces violences que les réponses aux questions qu’on pose », constate Stanislas qui dit en avoir sitôt changé sa pratique de psychothérapeute. « Je suis dans une grosse maternité parisienne où la question de la violence n’existe pas. Je suis passée à côté », déplore une sage-femme, qui a prévu avec son équipe « un dépistage systématique ». Chef de cabinet à la mairie de Paris, Nadia vient puiser matière pour « les politiques » à développer dans la capitale. Une autre, infirmière puéricultrice, va « mettre en place en protocole en crèche pour accompagner les familles » éprouvées. D’autres encore, comme Catharina, travaillent en centre d’hébergement auprès d’Africaines, victimes de mutilations sexuelles, voire des violences d’un proxénète.

Former les formateurs, une obligation

Dans cette assemblée surtout composée de professionnelles de l’action sociale et du médico-social, une avocate, Nathalie, projette quant à elle « d’aider à sensibiliser les magistrats ». Les victimes de violences pouvant arborer « une froideur qui est mal perçue. Il est dommage qu’ils n’y soient pas formés ». Car à la différence des modules d’enseignement surtout juridique proposés ici et là, le DU de Paris 8 est le seul à explorer sous ses multiples facettes ce phénomène et à en étudier toutes les modalités de prise en charge, « en partenariat avec les meilleurs de France en cette connaissance », comme le dit Ernestine Ronai. « Pour lutter efficacement, il faut que les professionnels soient formés. » Et pour cela, il faut, ajoute-t-elle, « former les formateurs ». Comme l’édicte la loi du 4 août 2014, article 51, « tous les professionnels en contact avec les femmes victimes de violences doivent être formés ».

Une qualité au-delà des attentes

« L’autre objectif, précise encore Mme Ronai, c’est de produire de la connaissance. Il y a peu de chercheurs doctorants à travailler sur ce thème. » Cinq mémoires d’étudiantes parmi celles des précédentes promotions vont ainsi figurer dans le livre qu’Ernestine Ronai co-signe avec Édouard Durand sous le titre Violences conjugales : le droit d’être protégée. La publication chez Dunod en est prévue à la rentrée. Seule réserve, le coût de la formation est d’environ 2 300 euros. Six stagiaires bénéficient d’une prise en charge par le Département et quelques autres en ont obtenu le financement au titre de la formation professionnelle. Mais pour plus de la moitié d’entre elles, c’est un coût dont elles s’acquittent, visiblement sans sourciller tant la qualité du DU semble dépasser toutes les attentes. « Je suis abasourdie par ce que j’apprends ici », s’exclamera même l’une d’elles.

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