À la une En ville

Lycées dionysiens
/ Parcoursup du combattant

Depuis le 18 juin, ils planchent sur les épreuves du bac, sans savoir pour certains s’ils auront une place en étude supérieure à la rentrée.

Les résultats arrivent au compte-gouttes sur Parcoursup. Certains établissements de Saint-Denis affichent une progression, depuis l’annonce en mai, des premières réponses d’affectation. C’est le cas du lycée Paul-Éluard. 70 % des terminales ont eu une proposition d’orientation. Pour le lycée Angela-Davis (anciennement lycée de la Plaine), au 14 juin, les chiffres indiquent un grand écart entre les élèves des filières technologiques et les élèves en filières professionnelles. Près de 75 % des classes ST2S ont obtenu des réponses positives. A contrario, plus des trois quarts des lycéens en bac pro sont en « attente » ou ont vu tous leurs vœux refusés.

De grandes disparités existent aussi entre les classes, selon les spécialités. Dans le lycée professionnel l’Enna, sur une classe de 21 élèves de terminale pro, 20 n’ont pas encore d’affectation… Tandis que pour une autre, 3 élèves ont vu leurs vœux recalés. Selon Laure Gallois, professeure au lycée Angela-Davis, ces chiffres dénotent la « violence » de Parcoursup : « Si, dans ma classe ST2S, un seul élève a eu une réponse négative, c’est parce que j’ai poussé la majorité d’entre eux à aller là où il y a moins de tension. »

Réalité cruelle

Omaima a 18 ans. L’année prochaine, cette élève de Paul-Éluard sera inscrite en BTS Qualité à l’ENCPB, un établissement parisien. La jeune femme est contente mais elle aurait voulu faire un DUT Mesures physiques, à l’IUT de Saint-Denis, pour devenir responsable qualité. « À l’IUT, on m’a dit que les élèves inscrits en STL étaient reçus à partir de 14 de moyenne générale, alors que les terminales S sont pris à partir de 9. Les filières pros sont traitées comme des filières poubelles », constate la lycéenne. Pour Jean-Pierre Aurières, professeur d’histoire-géographie à Paul-Éluard, le classement imposé par Parcoursup a « un effet de douche froide ». Il s’inquiète notamment pour ses lycéens inscrits dans des filières techniques, comme les terminales STG. « Je crains qu’ils ne trouvent pas leur place dans cette plateforme. »

Le professeur, qui publie le 30 août Les territoires vivants de la République (1), explique aussi que ce qui revient souvent chez ses élèves, « c’est de dire qu’en banlieue, on est moins bien traité qu’à Paris ». Est-ce le cas ? La réponse est non, pour le ministère de l’Enseignement supérieur. Plus d’un tiers des lycéens de banlieue auraient été reçus dans des établissements parisiens. Pourtant, selon les déclarations de Rémi Losno, directeur de l’UFR Chimie de l’université Paris-Diderot, parues la semaine dernière dans la presse, Parcoursup privilégie pour cette formation les élèves de Paris, dotés de moins bons dossiers, comparés à ceux des lycéens qui vivent en banlieue.

L’espoir, en attendant

Inscrit l’année dernière à Paul-Éluard, Landry, 18 ans, avait raté sur APB (Admission post-bac) le coche d’entrée aux études supérieures. Avec Parcoursup, il est en attente pour entrer en STAPS à Marseille. Le 11 juin, sur 1 044 candidats, il arrivait à la 755e place. « Ça va, j’ai progressé. L’espoir commence à venir », avance le jeune homme qui travaille dans l’animation, en attendant de pouvoir valider son projet professionnel. S’il dit regretter APB, c’est parce que cette ancienne plateforme permettait de bien classer les vœux. Il trouve que Parcoursup a un effet « discriminant ». Il ne comprend pas, par exemple, pourquoi les algorithmes locaux de chaque université ne sont pas dévoilés publiquement. En l’absence d’affectation à la rentrée, Landry explique qu’il n’hésitera pas à activer son plan B. « Porter plainte contre l’État, parce qu’il faut demander des comptes. »

Yslande Bossé

(1) Les territoires vivants de la République (éditions La Découverte) est coécrit avec des professeurs de banlieue venant de toute la France.

Réactions

De la part de "SUGER" : Le problème est que la journaliste du JSD crée – sciemment ? – la confusion en mélangeant accès aux universités désormais encadré par « Parcoursup » et recrutement dans les filières sélectives (IUT, BTS , classes prépas etc,…) qui sont sélectives depuis toujours, par définition. Et sur ces dernières, dont les critères sont bien connus, elle veut nous faire trouver scandaleux qu’un bachelier de section générale S soit préféré à un bachelier professionnel dans un DUT à fort contenu mathématique ! Le plus étonnant est que la journaliste s’étonne des refus (et des probables réorientations qui seront proposées dont bien sûr elle ne dit pas un mot) pour l’entrée dans des filières universitaires (mais on ne saura pas lesquelles…) de bacheliers professionnels ou technologiques. Un minimum d’honnêteté à ce sujet serait de rappeler que le taux d’échec des bacheliers technologique dans les filières universitaires dépassait les 70% et le taux d’échec des bacheliers professionnels y dépassait les 90 à 95% ! Leur réussite dans l’enseignement supérieur nécessite donc des orientations différentes, ce que rend possible Parcoursup. Au-delà de cet article, un constat commence à se dégager : Parcoursup prend en compte une réalité bien établie, le fait qu’il ne suffit pas d’avoir le bac pour réussir dans n’importe quelle filière de l’enseignement supérieur, et donc que la formation acquise en seconde, première et terminale est décisive pour la suite dans l’enseignement supérieur. L’autre constat est que Parcoursup va permettre d’éviter à des dizaines de milliers de bacheliers, notamment dans les séries technologiques et professionnelles, de se lancer dans des études sans issue où l’échec est quasiment certain et va leur permettre d’être orientés vers des formations où ces jeunes ont de réelles chances de réussir.
Il y a effectivement beaucoup de confusions dans cet article ... maintenant il suffit de lire les tweets ou retweets de Mme Yslande BOSSE pour savoir que nous n'avons pas à faire à une journaliste d'informations mais à faire à une journaliste de convictions ! C'est bien entendu très respectable mais est-ce en adéquation avec les Statuts de l'Association "Le JSD". ... je ne crois pas. Le JSD est sensé être un journal local d' INFORMATIONS.
Décidément l'objectivité semble être une valeur dépassée sur le JSD. Ce serait sans doute mieux si un-e spécialiste de l'éducation, orientation, s'occupait de ce genre d'articles. Ainsi, il saurait qu'éviter l'échec de 90 % des bacs pro en fac est une bonne initiative pour l'avenir des jeunes concernés. Peut-être ce journaliste aurait-il cherché les critères de différences entre les 2 classes pro de l'ENNA. 20 recalés pour quelles études ? 20 acceptés pour quelles études ? Et pour finir, très fort de dire "je préfère APB" tout en écrivant qu'il s'est retrouvé sans rien pour un an. En quoi était-ce mieux exactement ? En plus, sur l'exemple de STAPS qui est le symbole des filières en sur-tension... Et bravo à la professeur du lycée Angela Davis qui a su aider ses élèves dans leur orientation (malgré son discours anti) et va ainsi leur permettre d'acquérir une bonne formation en adéquation avec leurs compétences, la meilleure chance pour obtenir un diplôme et trouver un emploi !

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur