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/ Oh punaise !

À Saint-Denis, les punaises de lit rendent la vie impossible à de nombreux habitants qui se sentent désemparés face à cette infestation.
Ne surtout pas récupérer de mobilier dans la rue, ils sont parfois jetés car infestés
Ne surtout pas récupérer de mobilier dans la rue, ils sont parfois jetés car infestés

« Je dors avec du poison », s’exclame Sara (1). Cette habitante de la cité de la Courtille est dépassée. Depuis presque un an, elle lutte contre des punaises de lit, ces insectes minuscules, de forme ovale, très résistants, qui se faufilent dans les matelas, les meubles, les armoires et qui piquent. Le « poison », c’est un insecticide qu’elle s’est procuré à l’étranger, et qu’elle utilise comme traitement. « Je le mets partout dans mon appartement, même dans mon lit, parce que je ne sais plus quoi faire », explique la mère de famille qui dit avoir dépensé 600 euros dans l’achat de produits. Sara a rassemblé dans son salon quelques voisines, elles aussi en proie à une infestation de punaises. Myriam (1) habite au 6e étage du bâtiment 3. Le 26 avril, elle en découvre dans son logement et décide de recourir à une « méthode cauchemardesque. J’ai mis du sel partout, sur mon matelas, sur le sol, au niveau des plinthes, sur le rebord des fenêtres, puis j’ai jeté presque tous mes meubles ».

Afin d’alerter sur la situation de la Courtille, en particulier sur le cas des bâtiments 3 et 4, Sara écrit le 22 avril à Plaine Commune Habitat (PCH). À sa lettre, elle joint une pétition signée par une centaine de locataires de la cité. Début mai, le bailleur lui répond qu’il « n’est pas dans l’obligation de procéder au traitement » visant à l’élimination des nuisibles. Mais deux solutions sont proposées : la mise à disposition d’un vaporetto contre un chèque de caution de 600 euros ou l’intervention d’un prestataire qui traite directement le logement infesté. « Le traitement est réalisé en deux fois et il est à la charge du locataire (2) », explique Laetitia Mougne, responsable du service Qualité-Proximité de PCH. Pour Sara, il est impensable de faire appel à ce prestataire alors qu’elle paye déjà des charges dans son loyer. Quant au vaporetto, « je l'ai passé partout mais les punaises ne partent pas ».

« Un travail collectif »

Entre le bailleur et le locataire, à qui revient la note du traitement des parasites ? Interrogée sur ce dossier, Élisabeth Belin, adjointe à la santé, rappelle que la lutte contre ces insectes relève de la responsabilité conjointe des propriétaires et des locataires. « C’est un travail collectif. » Le rôle de la Ville est d’informer sur ce « fléau » en mettant en garde notamment contre le ramassage de mobiliers abandonnés dans la rue. « C’est comme ça que les punaises entrent dans les appartements. » La Ville interpelle aussi les bailleurs à qui, souligne-t-elle, revient la charge de l’intervention (hors produits insecticides).

Mais le locataire doit aussi veiller à bien respecter les consignes. Selon Stéphane Levoy, de PCH, certains d’entre eux ne suivent pas le bon protocole. À la Courtille, qui compte un peu plus de 400 locataires, plusieurs bons pour intervention dans les logements ont été déposés, a fait savoir un des gardiens des bâtiments 3, 4 et 5. Depuis son arrivée, il y a deux ans, il a toujours été confronté à ce problème de punaises mais, selon lui, les bâtiments ne sont pas infestés.

Une école désinfectée

À Saint-Denis, un autre cas d’infestation par les punaises de lit vient éclairer la récurrence de ce problème sensible. Le 12 juin, l’école maternelle l’Hermitage a été désinfectée mais les différents déchets contaminés par les parasites (poubelles, mobiliers) ont été laissés dans l’établissement pendant une semaine selon Aneta Raqam, une maman d’élève, qui trouve cela « lamentable ». Voilà pourquoi elle est allée se plaindre à la mairie, photos à l’appui.À la Ville, on explique que « Plaine Commune a en effet mis du temps à récupérer les déchets (3)mais les poubelles ont été stockées à un endroit isolé où seuls les enseignants ont accès ». Pas si isolé que cela, à en croire Aneta Raqam, pour qui des parents d’élèves, souvent mal informés, auraient très bien pu récupérer une partie du mobilier infesté et ainsi propager le fléau dans leur immeuble.

Yslande Bossé

(1) les prénoms ont été changés

(2) Pour un T3, la prestation chimique ou thermique est de 64 €. L’intervention se fait en deux fois.

(3) Les déchets ont été ramassés le 19 juin par Plaine Commune.

Pour en savoir plus: 

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