Portrait

Souzanah Chahiba
/ Nature malgré elle

Elle effectue son stage de fin d’études – espaces végétalisés urbains – à la Ferme urbaine de Saint-Denis, où elle récolte fruits et légumes, anime des ateliers, gère des projets et court après les lapins.
Souzanah Chahiba à la Ferme urbaine de Saint-Denis
Souzanah Chahiba à la Ferme urbaine de Saint-Denis

Un peu de verdure au milieu du béton. Des légumes, quelques animaux, des tracteurs, à deux pas des tours d’habitation. C’est dans cet environnement – entre salades et HLM – que s’épanouit Souzanah Chahiba. L’étudiante de 22 ans a vécu à Saint-Denis jusqu’en primaire avant de suivre ses parents à Drancy. Autant dire qu’on était loin de la campagne. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles la future « ingénieure des espaces végétalisés urbains » – elle devrait être diplômée d’AgroCampus Ouest à Angers à la fin 2018 si tout va bien – a choisi de faire son stage de fin d’études à la Ferme urbaine de Saint-Denis. « Je suis très attachée au territoire dionysien. Mais quand on grandit à Saint-Denis, on ne voit que du béton. C’est la première fois que je dois m’occuper de brebis, de chèvres, de poules, j’apprends tous les jours ! »

Ce lieu exceptionnel, 3,7 hectares de terres maraîchères, en plein milieu de Saint-Denis, a longtemps été géré par la famille de René Kersanté. C’était même la dernière ferme de la petite couronne. Depuis le départ en retraite de René, les champs sont exploités par les Fermes de Gally et le collectif d’artistes-apiculteurs du Parti Poétique. Y pousse un petit peu de tout, des courges, des pâtissons, de la rhubarbe, des herbes aromatiques, des fraises…

Une pince pour tenir ses cheveux ondulés, une polaire pour se protéger du froid, Souzanah est parfaitement à son aise sur ces plates-bandes. Au plus grand étonnement de ses proches. « Depuis que j’ai commencé à la Ferme en mars dernier, mes copains de Saint-Denis m’appellent “la jardinière”. Ma petite sœur m’a surnommé “la hippie”. Normalement, je suis une vraie petite princesse : vernis toujours parfait, maquillage. Ça les étonne que je me sois lancée dans cette aventure. »

Une aventure qui nécessite d’être polyvalente, « aussi bien pour la partie production, c’est-à-dire récolter – en ce moment on est en plein dans les salades, blettes, navets, radis, fenouils, oseilles – que pour faire de la gestion de projets ou animer un des ateliers pédagogiques pour les enfants ». Celle qui a grandi à deux pas n’avait jamais poussé la porte de la ferme du temps de René Kersanté, le « monsieur des salades », comme on l’appelait dans sa famille. Et si c’était elle la plus étonnée par ce choix d’orientation ? « Si on m’avait dit à 15 ans que j’allais m’occuper de chèvres et de moutons, j’aurais halluciné ! Et pourtant je suis là… et j’adore ! »

Une des raisons principales de son engagement, c’est l’impact social de l’agriculture urbaine. La Ferme urbaine de Saint-Denis voit défiler en très grande majorité des riverains : « Ils viennent nous parler bio, produits locaux. Et puis ils voient la ferme depuis chez eux, forcément ça intrigue. Quand ils viennent acheter des légumes, ils nous disent “Regardez, la tour verte, c’est chez nous !” Évidemment, c’est positif pour le quartier. »

Une fois son diplôme d’ingénieure en poche, Souzanah Chahiba aimerait prendre le temps. « Le programme, c’est de tout lâcher, partir à l’aventure. Et puis faire de l’humanitaire : j’aimerais beaucoup monter un potager dans un pays en difficulté. » Le social jamais très loin. En attendant, elle boucle son mémoire de fin d’études, tout en apprenant les dernières bases de son futur boulot d’ingénieur. « Mais je peux me retrouver dans cinq minutes à quatre pattes dans la terre pour courir après un lapin ! »

Arnaud Aubry

Réactions

Bravo a mademoiselle chahiba .bonne continuation.

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