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Mesures gouvernementales
/ Mort annoncée d’une association

L’Asafi, association dionysienne qui œuvre auprès des habitants dans divers quartiers, va mettre la clé sous la porte d’ici un an. Comme d’autres. Faute d’argent – baisse des budgets politique de la ville – et faute de salariés – suppression des contrats aidés.
Habib Bensalem, président de l’Asafi  et Saïd Karamani son coordinateur
Habib Bensalem, président de l’Asafi et Saïd Karamani son coordinateur
 

Saïd Karamani, coordinateur de l’Asafi (Association Solidarité Amitié Français Immigrés) depuis sa création en 1995, ne voit pas l’avenir en rose. « Mettre la clé sous la porte », la question s’est posée au conseil d’administration fin septembre (1), conséquence des mesures prises par le gouvernement au cours de l’été : baisse des budgets politique de la ville et suppression des contrats aidés. Finalement, le président a fait le choix de poursuivre en pariant sur le renfort de bénévoles jusqu’à la fin 2018. 
 

« un choix politique bien singulier »

L’Asafi avec ses douze salariés – dont huit en contrats aidés, deux adultes relais et deux CDD – a du souci à se faire. Trois des contrats aidés ont d’ores et déjà quitté leurs postes et deux n’y seront plus à la sortie de cette édition du JSD. Ce sera au tour de la femme de ménage fin janvier 2018. « Pour préserver nos deux salariés en CDD, nous avons préféré envisager la fin de l’association en douceur. Si rien ne change, elle interviendra fin 2018, se lamente Saïd. C’est une véritable entreprise de destruction, un choix politique bien singulier. » L’Asafi propose entre autres de l’aide au devoir, de l’alphabétisation et des sorties familiales dans plusieurs quartiers. Les délibérations du conseil d’administration ont conduit à se concentrer sur Joliot-Curie, le site initial, à renoncer aux implantations plus récentes (Centre-ville, Romain-Rolland etCosmonautes) et réduire le champ d’activités. « On va supprimer le club couture de Joliot-Curie. Ce moment représentait une oasis dans la vie des femmes qui le fréquentaient. Notre façon de répondre à la détresse morale grandissante des habitants du quartier », renchérit Saïd. 

Comme d’autres associations (2), l’Asafi tente de résister aux coups portés. Elle a vu son budget passer de 215 000 € en 2017 à 130 000 € pour 2018. « On a le sentiment d’apporter un peu d’oxygène pour les habitants du quartier en proposant un espace de rencontreintergénérationnel. Qu’en sera-t-il, sans nous ? »
 
 
(1) La même question sera à l’ordre du jour du conseil d’administration de l’AFFM (Association des femmes de Franc-Moisin) ce 8 novembre.
(2) Associations dionysiennes touchées par la suppression des emplois aidés : Mots et Regards, Shakti 21, La Communauté de l’inavouable, Artefact, Tamèrentong, Accion Artistica, Synesthésie, ACBE, Franciade, Déclic, AMF, Asafi, La Voix des Roms, 
Couleur avenir, l’Avant-Courrier… 

Réactions

Mort et pourquoi pas "Renaissance" ? restons positifs et créatifs !! cessons ce conversatisme. Vous ne publiez pas le rapport de la DARES ? qui explique le pourquoi de la fin des contrats aidés cela éviterait de tomber dans les émotions, les sentiments ou le pathos. Puis, ils sont où nos jeunes ? ne pourrait-on pas les accompagner à créer leurs entreprises.Nous ne côtoyons que de jeunes femmes et hommes talentueux à Saint-Denis ! les associations c'est bien mais 370 associations (+-) c'est beaucoup, non !? Objectifs initiaux de ces contrats: Réduire le niveau du chômage des jeunes, en particulier celui des moins qualifiés, d'améliorer l'employabilité des bénéficiaires et de répondre à des BESOINS COLLECTIFS non satisfaits. Bilan de la DARES : - ça coûte cher à l'ensemble de la population - Cela n'aide pas à l'insertion professionnelle - Ce n'est pas une source de création d'emploi (1 emploi aidé sur 7 correspond à un poste réellement créé) Source: http://dares.travail-emploi.gouv.fr/dares-etudes-et-statistiques/etudes-et-syntheses/dares-analyses-dares-indicateurs-dares-resultats/article/les-contrats-aides-quels-objectifs-quel-bilan codaf-93
A Saint Denis il y a une multitude d'associations dont certaines ont de larges subventions.  Combien sont elles redontantes et proposent la meme activite ? Il seraient interessant de connaître sur Saint Denis le nombre d'associations qui comme l'ASAFI, font l'aide aux devoirs, l'alphabetisation, les sorties familiiales, etc... Sans les connaître toutes c'est certainement plus d'une vingtaine (ou meme plus), qui veulent toutes avoir leur subventions communales ou departementales ou autres et toutes avoir leur propre emplois aidés souvent helas precaires. Par exemple pour les associations de quartier, chacune a l'ambition d'augmenter son aura et sa presence sur d'autres quartiers sans tenir compte du tissu social. De meme souvent la difference n'est en fait que des considerations politiques , religieuses, communautaires, etc... C'est par exemle typiquement le cas pour les associations qui font de l'insertion sociale Chaque association veut avoir et surtout garder ses propres prerogatives sans reflechir si cela est economiquement viable dans un contexte municipal ou plus national sans reellement penser au cout supporte par les contribuables. Ce n'est pas raisonnable . Que les associations craignent pour leur perennité, cela est normal, mais il serait beaucoup plus constructif si elles avaient aussi une reflexion sur la maniere de leur gestion, les contextes de leur actions, et bien analyser l'environnement associatif pour etre plus efficace et competitive tout en gardant leur propre domaine ( fusion d'associations, cadre de leur activité, etc....)

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