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/ Métis accorde oud et violoncelle

Le festival a programmé pour son ouverture le 9 mai une rencontre exceptionnelle entre la violoncelliste classique Ophélie Gaillard et la chanteuse et oudiste syrienne Waed Bouhassoun.
Waed Bouhassoun s'associera avec la violoncelliste Ophélie Gaillard lors du concert d'ouverture de Métis.
Waed Bouhassoun s'associera avec la violoncelliste Ophélie Gaillard lors du concert d'ouverture de Métis.

Quand les traditions orientales et la musique savante occidentale se répondent, une alchimie incandescente s’opère abattant les remparts entre deux univers pas si éloignés l’un de l’autre. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, les musiciens occidentaux se sont beaucoup spécialisés. Mais depuis quelques années maintenant, les échanges entre maîtres et solistes se multiplient. Un phénomène à l’image du concert d’ouverture du festival Métis qui aura lieu le 9 mai aux Archives nationales. Sur scène (1), la violoncelliste classique Ophélie Gaillard, connue des habitués du festival, s’associera à la chanteuse et oudiste syrienne Waed Bouhassoun. L’alliage de la voix alto de la cantatrice orientale et le timbre du violoncelle donnera naissance à des émotions vertigineuses. « La musique n’est plus cloisonnée. On ne cesse de démontrer ces dernières années que les barrières commencent à tomber, affirme Nathalie Rappaport, la directrice du festival. Nous voulons présenter au public le meilleur pour avoir les plus belles émotions. »

Le concert se déroulera en trois actes. Le premier présentera un extrait d’une suite de Bach à la teinte orientale interprétée par Ophélie Gaillard, le second sera dédié au répertoire de Waed. Les deux musiciennes joueront ensemble en dernière partie avec la percussionniste spécialiste de la musique arabo-andalouse Michèle Claude et le virtuose syrien joueur de flûte ney, Moslem Rahal. « Ça a été une intuition de nous mettre en relation, Waed et moi. Maintenant c’est à nous de faire fructifier cette étincelle, confie Ophélie Gaillard. Nous sentions dès les premières répétitions que c’était bien plus qu’une belle affiche. Là, en l’occurrence, nous avons matière à faire des choses musicalement intéressantes. »

Ce n’est pas la première fois que les deux instrumentistes empruntent des sentiers nouveaux et se retrouvent à la croisée des chemins. La violoncelliste baroque accompagnée de son ensemble Pulcinella a collaboré en 2009 avec feue la diva malienne Fantani Touré lors d’un concert exceptionnel donné à la Maison de la Légion d’honneur devant 900 élèves de Plaine Commune. C’est un déclic. Waed Bouhassoun, issue d’un village au sud de la Syrie et élevée dans une famille de mélomanes, a étudié au prestigieux Conservatoire de Damas la musicologie et y a appris le oud. C’est ensuite auprès du Catalan Jordi Savall et de musiciens de flamenco qu’elle a étayé ses connaissances. De ces collaborations, elle en extrait une certaine discipline et un profond respect. « Sur scène ce n’est plus seulement moi et ma musique, il y a d’autres détails qui comptent. Comment choisir un programme, un lieu, comment s’adapter à l’autre… Il existe des codes dans chaque musique qu’il faut honorer », livre Waed.

Au-delà de la miscibilité musicale insoupçonnée des répertoires, le concert promet de tendre vers une expérience savante et spirituelle doublée d’un humanisme à fleur de peau. Les histoires des musiciens se percuteront sur scène et feront jaillir une émotion palpable. Moslem a quitté la Syrie quand les islamistes ont détruit son atelier de confection de flûtes. Waed, musicienne soufie, a fait ses bagages elle aussi il y a des années. Dans le public, leur histoire pourrait faire écho à celles d’autres déracinés. « Waed et Ophélie sont deux figures riches musicalement et humainement », témoigne Nathalie Rappaport. Les festivaliers peuvent se fier à son flair. « C’est une amélioration mutuelle. Et quand ça marche, c’est un bonheur, un petit miracle », salue Ophélie Gaillard. Vous êtes prévenus !

Maxime Longuet

Réservations au Tel : 01 48 13 06 07 ou sur le site de Métis

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