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Archives Nationales
/ Les voix de la contestation

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A l’occasion des cinquante ans des événements de Mai 68, les Archives Nationales exposent jusqu'au 22 septembre les documents saisis en mai-juin de cette même année en s’appuyant sur le travail de collecte réalisé par des archivistes, professionnels du patrimoine, bibliothécaires, universitaires, agents des renseignements généraux et officiers de police judicaire.

Un appareil répressif bien huilé

Pris de court par les cortèges et les revendications émanant aussi bien de la classe ouvrière que du monde étudiant, le gouvernement multiplie les saisies. Des gestes mandatés par la Cour de sûreté de l’État, une juridiction d’exception créée en 1963 en remplacement de la Cour militaire de justice pour juger les généraux impliqués dans l’Organisation de l’Armée secrète (OAS). C’est un acteur central dans la répression du militantisme.

Durant le mois de juin, après une amnistie signée le 23 mai et un décret de dissolution des mouvements gauchistes du 12 juin, cette instance judiciaire accélère et augmente le geste de saisie, opération de création de pièces à conviction et de scellés. Les agents de la police judiciaire et des renseignements collectent avec zèle tracts et affiches. Aussi, lorsqu’ils investissent un lieu — un local syndical, un appartement privé, une faculté — ils y ramassent tout ce qu’ils trouvent, le transcrivent, le reproduisent et l’ordonnent en dossier nourrissant ainsi les instructions en cours. Dans la foulée, des commissions rogatoires ordonnées par le juge Paul Vigouroux conduisent à des perquisitions chez les activistes militants. Les Archives nationales conservent les dossiers de ces procédures et les scellés liés.

Archivage militant

Pendant tout le printemps, certains universitaires, prenant conscience du caractère historique des événements, réalisent des collectes documentaires quasi systématiques en relation avec les militants. Ces derniers constituent, malgré les risques, des archives des différentes organisations, notamment en conservant des collections de leurs principaux organes de presse.

Aux Archives nationales, plusieurs collections de tracts, journaux de grèves et périodiques militants coexistent, fruits de ces collectes immédiates.

Les voix de la contestation conservées aux Archives nationales par l’État, celui-là même qui fut contesté, fragilisé, mis en question, sont formidablement puissantes. La mise en question de la société française des années 1960 passe par la constitution de comités de réflexion, présents partout : dans les services d’un ministère, au sein d’une usine, dans la salle des professeurs d’un lycée agricole, dans un hôpital ou encore au cœur d’une classe de collégiens…

Maxime Longuet

Gratuit.

Horaires : 

Jusqu'au 3 août de 9h à 16h45 du lundi au samedi.

Du 20 août au 22 septembre de  9h à 16h45 du lundi au samedi. Fermée le 25 août. 

 
 

Réactions

je ne crois pas que la contestation soit terminée. en 2018 y-a-t-il une égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ? la société française n'a pas changé avec la même division du travail

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