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Théâtre de la Belle Étoile
/ Les violences policières en procès

Par la forme théâtrale et une simulation de procès autour de l’affaire Théo, des associations de Saint-Denis ont alimenté le débat, dimanche 12 mars, sur un sujet éminemment d’actualité.
Dimanche 12 mars 2017, au théâtre de la Belle Etoile, des comédiesn reconstituent sur scène un épisode de violences policières.
Dimanche 12 mars 2017, au théâtre de la Belle Etoile, des comédiesn reconstituent sur scène un épisode de violences policières.

Un jeune homme — appelons-le Théo — s’arrête pour saluer des amis sur le chemin des courses. Des policiers débarquent. Contrôle. Palpation, assortie d’insultes. Un jeune proteste, une gifle claque. Théo s’interpose. Quatre policiers armés se liguent contre lui. « Tu fais ta grande gueule ? Je vais te calmer, tu vas voir… Baisse-lui son froc ! » Un violent coup de matraque déchire les chairs intimes. Les lumières de la scène s’éteignent sur un hurlement de douleur. « Et maintenant, la version de la police et des médias », annoncent les comédiens, moqueurs, avant de rejouer le dénouement sur le ton de la farce : le jeune homme qui estourbit trois policiers, son pantalon qui tombe tout seul…


Procès des violences policières from Le Journal de Saint-Denis on Vimeo.


Sur la scène du théâtre de la Belle Étoile se dresse ensuite une salle d’audience de tribunal, peuplée par des étudiants en droit de Paris 8. Cette simulation de procès est l’occasion d’aborder des questions juridiques : la définition pénale d’un viol, la proportionnalité de la légitime défense, le caractère aggravant du crime commis par une personne ayant autorité... Ces questions nourrissent le débat qui se poursuit avec la salle.

Une enseignante du lycée Suger dénonce les provocations et les interpellations massives qui ont suivi les incidents de la semaine dernière. Quelqu’un d’autre se demande pourquoi, tous les policiers n’étant ni violents ni racistes, les brebis galeuses ne sont pas dénoncées au sein de la police ? « On s’est démené pour qu’un policier prenne part à notre débat, mais aucun n’a accepté », déplorent Yanis Khames et Luca Poissonnet.

Avec le concours de Sciences Pop et de la Cie Jolie Môme, les deux jeunes gens ont organisé ce « procès des violences policières ». « Après le meurtre d’Adama, le viol de Théo, et après avoir attendu cinq ans la condamnation du policier qui a abattu Amine Bentounsi, on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose », dit Yanis. Leur association, Saint-Denis Ville au Cœur, se veut « un espace de réflexion, de discussion, et surtout d’action ».

Omar Slaouti, porte-parole de la Marche pour la Dignité et la Justice, invite à « interroger le rôle de la police », une police « qui tue de manière systématique une quinzaine de personnes non armées par an ». Et de lancer un appel à venir faire de la marche, le 19 mars, à Paris, « un grand moment de convergence ».


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