Portrait

Aliette Le Souquet
/ Les retraités oui, la retraite non

Lyly, comme tout le monde la surnomme, est animatrice à la Maison des seniors où elle emploie son énergie et sa bonne humeur à divertir les personnes âgées.

« Les retraités, c’est ma vie, mon oxygène ! » Autant dire qu’Aliette Le Souquet est à sa place à la Maison des seniors où elle est animatrice. D’ailleurs, elle a quasiment toujours travaillé avec les personnes âgées. « Je suis entrée à la Ville le 2 février 1991 comme auxiliaire de vie. » À l’époque, un monsieur dont elle s’occupe n’arrive pas à retenir son prénom. « “Tu t’appelles comment ?”, n’arrêtait-il pas de me demander. “Tu fais ch… avec ton nom, je vais t’appeler Lyly !” » Avec deux i grecs « parce que c’est graphiquement plus joli ».

Lyly est née à Saint-François en Guadeloupe. « Je suis arrivée en France à 8 ans, à Bordeaux. » Toute petite, déjà, elle apprécie la compagnie des seniors. Gamine, elle préfère vivre chez sa grand-mère et son « pépé. J’étais la chouchoute ». À 18 ans, elle part vivre à Paris pour exercer « des petits boulots », dans les écoles, dans des maisons de retraite comme aide-soignante, garde-malade… Des activités foncièrement tournées vers l’autre, « dans l’humain ».

« Petit à petit, je suis “rentrée” dans l’animation… »

En 2006, cela fait déjà quinze ans que Lyly travaille comme auxiliaire de vie à Saint-Denis. Mettre au lit les personnes, les relever du fauteuil… La répétition de ces gestes professionnels lui vaut une hernie discale. « Je me suis retrouvée bloquée. » Opération et rééducation l’éloignent pendant dix mois de son travail. « Dieu merci, je m’en suis remise. J’ai mes limites, bien sûr, mais il faut que je bouge. Je suis hyperactive. » Une énergie qu’elle ne tarde pas à mettre à profit.

Comme il n’est plus question de soulever des charges, Lyly doit se reconvertir. « J’ai suivi des formations pour être agent d’accueil, agent administratif. Non, non, je ne me voyais pas… » Son cœur parle : « Laissez-moi avec mes retraités ! » Elle propose à sa responsable d’être « agent de convivialité ». Le concept : en complément de ses collègues, elle prodigue au domicile des personnes suivies des soins esthétiques pour lesquels elle a été formée, manucure, brushing, massage… « J’accompagnais aussi les gens chez le médecin, je leur faisais la lecture. Petit à petit, je suis “rentrée” dans l’animation… »

En février 2015, Lyly rejoint la Maison des seniors où elle peut exercer pleinement ses talents. Ainsi, elle instaure les bals du mardi après-midi dans les résidences Dionysia et Basilique. « J’arrive avec mon ordi et toutes sortes de musiques. Depuis, on a appris pas mal de chorégraphies, se réjouit cette passionnée de danse. Je fais partie d’un groupe de zumba. » Une activité qui sied à cette femme dynamique, qui confie avoir « toujours 35 ans dans [sa] tête »

« Dès que ma formation est terminée, j’ai du pain sur la planche ! »

En ce moment, Lyly est absorbée par son BPJEPS, le brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport pour « confirmer [sa] place en tant qu’animatrice ». Alors ses projets sont en stand-by : cafés amicaux à Franc-Moisin, après-midi conviviales aux Cosmonautes, ateliers beauté bien-être dans les quartiers… « Dès que ma formation est terminée, j’ai du pain sur la planche ! Mais je m’y mettrai avec plaisir. »

Néanmoins, dans le cadre de son brevet, elle a trouvé le temps de mettre sur pied à la mi-novembre un projet intergénérationnel de danse – décidément – en partenariat avec la Maison de quartier Semard. Des enfants de 6 à 10 ans et des retraités « jusqu’à 90 ans » se retrouvent sur des rythmes les plus divers. « Madison, salsa, cha-cha-cha, cumbia, country, paloma blanca… », énumère Lyly, qui promet un spectacle avec ses ouailles le 28 avril 2018.

Lyly dit très simplement « je suis une femme heureuse ». Un mari aimant, une fille de 33 ans, un garçon de 27.« Me manque plus que mon BPJEPS », plaisante-t-elle. Et la retraite, elle qui côtoie au quotidien des personnes rangées des voitures ? « Je n’y pense même pas ! Je suis tellement bien dans mon boulot. » Heureuse femme, en effet.


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