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Logement
/ Les offices HLM en cale sèche

Le gouvernement a finalement obtenu ce qu’il souhaitait : ponctionner d’1,5 milliards d’euros le logement social. La mesure qui sera définitivement adoptée ce jeudi 21 décembre pourrait avoir de graves conséquences.
Cette mesure qui va peser lourdement la trésorerie des bailleurs sociaux n'est pas sans incidence, notamment dans les quartiers populaires.
Cette mesure qui va peser lourdement la trésorerie des bailleurs sociaux n'est pas sans incidence, notamment dans les quartiers populaires.

Après un bras de fer de plus de trois mois, le gouvernement est parvenu le 13 décembre à diviser le mouvement HLM, pourtant vent debout depuis cet été pour le faire reculer sur son projet d’une baisse des APL, compensée par une réduction équivalente des loyers, pour les seuls locataires du parc social.

Après avoir fait front commun contre cette mesure, l’une des deux familles du logement social, en l’occurrence la branche privée, a finalement signé un protocole d’accord sur une coupe budgétaire de 1,5 milliards d’euros par an. A gros traits, le compromis trouvé prévoit une baisse des APL de l’ordre de 800 millions d’euros en 2018 et 2019, puis 1,5 milliard en 2020. Pour les deux années à venir, l’État compte ponctionner les 700 millions d’euros manquants en relevant la TVA de 5,5 % à 10 % pour la construction et la rénovation des logements sociaux.

Un coup d’arrêt pour les projets de PCH

Déjà entériné par les députés, cet accord, après nouvelle lecture au sénat, devrait être adopté de manière définitive le 21 décembre à l’Assemblée. Mais loin de faire l’unanimité, ce texte fait hurler les offices publics, l’autre pan du mouvement HLM. « Pour l’office, les conséquences sont dramatiques, s’insurge ainsi le maire Laurent Russier, également président de Plaine Commune Habitat. Dans ces conditions, l’autofinancement à hauteur de 8 millions d’euros serait nul dès 2018, et déficitaire dès 2020. » En somme, « ce projet de loi de finances porte un coup d’arrêt aux projets de construction, de réhabilitation et d’entretien du territoire ».

Loin d’être sans incidence, cette baisse de trésorerie « va entrainer une dégradation des conditions de vie des locataires, notamment dans les quartiers populaires, où un grand nombre de ménages touchent l’APL », alerte Jean-Baptiste Eyraud, porte parole du DAL. Si le mal est quasi fait, « les locataires n’ont pas encore saisi les effets dévastateurs de ces politiques de restriction qui cognent sur les plus pauvres et sur les dispositifs de solidarité mis en place pour les mal-logés », déplore Jean-Baptiste Eyraud, également membre du collectif « Vive l’APL ! ». Ce mouvement parvenu à mobiliser en peu de temps près de 80 organisations notamment associatives et syndicales, n’a pu contrer les attaques visant les aides au logement, à commencer par le coup de rabot général de 5 euros par mois appliqué depuis le 1er octobre. « Ce n’est qu’un début. On sait que le gouvernement n’a pas fini d’écluser le sujet. On reste donc mobilisé et on envisage d’élargir le champ d’intervention du collectif à différentes mesures prévues dans la future loi logement. »


Réactions

Autrefois, la CNL misait surtout sur l'aide à la pierre et beaucoup moins sur les APL,aides à la personne.Pourquoi ce point de vue a-t-il été abandonné ? merci

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