En ville

Réhabilitation de l’îlot 8
/ Les locataires sont colère

Principaux concernés par le projet de réhabilitation du centre-ville, les locataires de l’îlot 8 accumulent les griefs contre la Ville et surtout contre PCH, leur bailleur, qu’ils accusent de faillir à leur devoir de concertation.
L'îlot 8, ensemble de 184 logements, au cœur du projet de requalification du centre-ville.
L'îlot 8, ensemble de 184 logements, au cœur du projet de requalification du centre-ville.

La colère gronde en centre-ville parmi les locataires de l’îlot 8, ensemble de 184 logements étagés au-dessus du centre commercial Basilique. Ils étaient une cinquantaine réunis le samedi 11 novembre pour interpeller leur bailleur, Plaine Commune Habitat, ainsi que la ville, dont ils critiquent le manque de concertation dans la perspective de la réhabilitation du centre-ville Basilique. Pour ce projet financé par l’État au titre du NPNRU, « on nous laisse croire qu’on est décisionnaire. Mais tout est déjà acté. On nous considère comme des marionnettes », se sont-ils insurgés en déroulant quantité de griefs, dont le manque d’entretien par le bailleur. Mais c’est son intervention courant octobre qui a mis le feu aux poudres.

Dans cet ensemble pourvu de nombreux espaces extérieurs plantés – ou prévus pour l’être – « certains locataires se sont retrouvés avec une terrasse dévastée », dénonce-t-on. Des arbres, arbustes, plantes grimpantes auraient été coupés, sans en informer au préalable les intéressés. L’abattage se serait poursuivi sur la dalle « au prétexte que ces plantations étaient dangereuses pour l’étanchéité », est-il noté dans le courrier de protestation qui a été adressé à PCH, à Plaine Commune et à la Ville, avec les signatures d’une dizaine d’architectes, dont celle de l’îlot 8 Renée Gailhoustet, qui s’était jointe à la réunion.

"Il pleut dans mon appartement"

Autre signataire de la missive, Patrice Tranchant était venu ce samedi offrir son expertise et son soutien au nom des « Jardins à Tous les étages », fondés en 1985 à la Maladrerie, un ensemble de logements à Aubervilliers également conçu par Mme Gailhoustet. Le but de l’association était d’y préserver les terrasses plantées que l’OPH voulait rendre au béton. Aujourd’hui, grâce à l’appui de la maire d’Aubervilliers, c’est à présent une cause entendue. À l’heure où l’on préconise de verdir les villes pour y limiter les îlots de chaleur lors des canicules, l’incompréhension est d’autant plus forte à l’égard de PCH. De plus, des infiltrations persistent sous les terrasses où la terre a été ôtée, signale-t-on dans l’assistance, pour qui la coupe est pleine. « Il pleut toujours dans mon appartement. Qui fait les travaux ? », fulmine Thérèse. « J’ai eu ma cuisine inondée pendant neuf mois », renchérit une autre.

Les jardins seront refaits

Michèle s’interroge sur la réfection des halls « décidée en 2011-2012. Il n’y en a que trois qui ont été refaits ». Changement des lavabos et des baignoires, nouvelles fenêtres, travaux d’isolation… « Des travaux de réhabilitation ont été annoncés, quand vont-ils démarrer ? », s’interroge Claudia. L’exaspération n’est pas moins forte à l’égard de la Ville avec le projet de rénovation urbaine qui avait motivé de septembre 2016 à juin 2017 une série de réunions de concertation. Jean-Marc en rappelle les mesures annoncées à grands traits pour l’îlot 8 : la « résidentialisation » de la dalle qui serait désormais accessible aux seuls locataires, la modification de la convention passée avec l’Anah (Agence nationale de l’habitat) pour réserver au moins une partie des logements à des occupants plus argentés. La mesure qui pose le plus question est la démolition de 17 logements pour ouvrir côté nord la place du Caquet. Modalités, échéances ? Personne n’en sait davantage.

L’architecte Renée Gailhoustet s’étonnera quant à elle de n’en avoir rien su du tout. Pour les locataires de l’îlot 8, une nouvelle réunion s’impose avec cette fois au moins la direction de PCH. Ils l’ont fixée au samedi 25 novembre à 10h30, à la Maison jaune (sur la dalle). Et le bailleur y sera bien représenté, assure Éric Gauthier, directeur des agences de PCH. En réponse au coup de colère des locataires contre la suppression des  végétaux de l’îlot 8, il rappelle que de telles « interventions avaient déjà été menées sur l’îlot 4, pour la reprise d’étanchéité de la dalle voilà environ deux ans. Nous étions ensuite intervenus au côté des locataires et de la Ville pour refaire les jardins privatifs. C’est une action que nous avons programmée pour l’îlot 8 en 2018 ».


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